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Critique du film 12ème Festival du Film Asiatique de Deauville

12EME FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE DE DEAUVILLE

Année : 2010
Pays : Deauville, France
Note du rédacteur : 7 / 10

LA CRITIQUE

Du 10 mars au 14 mars 2010

Encore une année pour le moins inquiétante quant à l'avenir du Festival du Film Asiatique de Deauville...

Malgré le maintien d'un programme à peu près étoffé, non sans quelques découpes dans le nombre de films proposés, c'est au niveau de la ligne directrice que cela pèche de plus en plus au fil des ans. Car effectivement, d'année en année, Deauville Asia prend le parti d'osciller entre le film d'auteur difficilement accessible et le film d'action sans intérêt, avec son lot annuel de longs métrages épiques sans saveur.
Dommage que l'image véhiculée par cette programmation ne soit pas plus représentative du cinéma asiatique dans son ensemble, confirmant certaines idées reçues aux néophytes et privilégiant toujours les pays les plus prolifiques et populaires cinématographiquement, au détriment de ceux qui mériteraient davantage d'être découverts.

Si quelques rares belles surprises ont illuminé le festival, cette édition fut tout de même bien décevante dans l'ensemble...




Compétition officielle :


"AU REVOIR TAIPEI" de Arvin Chen (Taïwan)
avec : Lawrence Ko, Jack Yao, Joseph Chang, Frankie Gao, Amber Kuo
La plus grande librairie de Taipei a un client étrange - il n'achète jamais rien mais passe toutes ses nuits dans les rayonnages, feuilletant des manuels de français. La fiancée de ce dernier est partie vivre à paris et il rêve de la rejoindre. Lorsqu'un vieux gangster lui propose un marché - un billet d'avion pour paris en échange d'une « livraison spéciale » - la tristesse n'est plus de mise...

>> Critique : Kai passe le plus clair de son temps dans une librairie à apprendre le français pour rejoindre sa petite amie alors que le véritable amour se trouve juste sous ses yeux. Un beau jour, le jeune homme se retrouve chargé de livrer un paquet en échange d'un billet d'avion pour Paris. Mais alors qu'une bande d'agents immobiliers losers à l'affût du moindre coup tordu tente de marcher sur les plates bandes de leur employeur mafieux en interceptant le fameux colis en pleine livraison, l'expédition tourne gentiment au vinaigre...
Road trip comique à travers la capitale Taïwanaise et sa faune locale farfelue, "AU REVOIR TAIPEI" distille un humour savoureux au travers d'une galerie de personnages attachants, des petites frappes qui s'improvisent kidnappeurs, un duo de flics à la ramasse (le bouboule et le beau gosse looké à la Ken), un grand dadais qui sympathise avec ses ravisseurs gaffeurs...
Un intermède sympathique et sans prétentions qui permet de se délecter de la belle Taipei en nocturne. Des images que ne renierait pas notre cher ambassadeur de Taïwan en France, véritable show man et vrp du tourisme !


"CASTAWAY ON THE MOON" de Lee Hey-jun (Corée du Sud)
avec : Jung Rye-won, Jung Jae-young
Suite à une tentative de suicide ratée, M. Kim se retrouve sur l'île de Bam, au beau milieu de la rivière han. Il réalise que mettre fin à ses jours n'est pas si facile et décide de rester sur cette île déserte. Alors qu'il commence à s'adapter à sa nouvelle vie sauvage, il trouve un message dans une bouteille. Pour la première fois depuis très longtemps, il reprend espoir...

>> Critique : C'est un véritable hymne à l'espoir et au destin, que Lee Hey-jun propose au spectateur avec "CASTAWAY ON THE MOON", un film plein de poésie, à la fois drôle et touchant sans en faire trop. Un destin qui réunira deux êtres désireux d'échapper aux contraintes de la vie urbaine. D'un côté, il y a Mr Kim qui échoue sur une île inhabitée d'où il peut contempler la ville après une tentative de suicide ratée. L'homme parviendra à retrouver goût à la vie pendant son exil et sa nouvelle existence de Robinson, rythmée par les déchets rejetés au gré des flots, vestiges d'une civilisation aliénante, son obsession pour les nouilles aux haricots noirs et sa quête quotidienne de messages en bouteille jetés à son attention.
De l'autre, il y a une jeune femme sociopathe, qui n'est pas sortie de chez elle depuis trois ans considérant le monde extérieur comme une menace. Elle s'est inventée une existence virtuelle, organisant ses journées dans sa chambre selon différents rituels, entre son placard dortoir molletonné de bulle, ses boîtes de maïs et son goût pour les photos de la Lune.
Alors qu'elle commence à épier le naufragé avec son télescope, une nouvelle raison de vivre s'offre à elle...
Idées fantasques, délires hallucinatoires à la lisière de la folie et dialogues truculents, ce film d'une créativité et d'une sensibilité rares donne la réplique exotique à "AMELIE POULAIN", dans une nature accueillante où solitude et liberté s'entremêlent sur une jolie musique.


"JUDGE" de Liu Jie (Chine)
avec Ni Dahong, Qi Dao, Gao Qunshu, Song Yingchun, Zheng Zheng
1997, nord de la chine. Qiuwu est condamné à mort pour avoir volé deux voitures. Une coïncidence fortuite a voulu que le juge qui a suivi le dossier ait perdu sa fille dans un tragique accident de voiture perpétré par un voleur de voiture. Mais un changement récent dans les textes de loi peut permettre à Qiuwu d'éviter la sentence...

>> Critique : Dans "JUDGE", nous suivons en parallèle l'évolution de la justice en Chine et celle de l'état d'esprit d'un homme, au fil d'une affaire sur laquelle il doit statuer.
Car ce dernier est juge. Un juge exagérément intègre, qui semble avoir toujours suivi les procédures à la lettre, appliquant scrupuleusement et un peu bêtement les lois sans faire aucune faveur à qui que ce soit.
Mais depuis le décès de sa fille, tout bascule. Sa femme déprime, et son couple est au bord du divorce. Seul un chiot parvient à égayer un peu le quotidien silencieux et morne des deux époux.
Face à un deuil insurmontable ainsi qu'à un voleur de voitures qui risque la peine de mort, l'homme parviendra-t-il à devenir plus humain ? C'est selon toute vraisemblance le cas des lois du pays, qui bien qu'encore archaïques, évolueraient favorablement selon le réalisateur...
Les intentions sont louables, le film bénéficie d'un bon scénario... mais malheureusement en pratique, "JUDGE" reste tout de même un peu laborieux à suivre.


"MY DAUGHTER" de Charlotte Lim Lay Kuen (Malaisie)
avec Chee Cheong Hoe, Lee Eng Kew, Lai Fooi Mun, Chua Thien See, Lam Wen Haur
Faye, dix-huit ans, vit avec sa mère célibataire qui l'a élevée seule. Face à l'angoisse qu'éprouve sa mère suite à ses nombreuses relations sans lendemain avec des hommes, Faye ressent à son égard des sentiments contradictoires d'amour et de haine. Lorsqu'elle apprend que sa mère est enceinte, elle ne peut plus contrôler ses émotions...

>> Critique : Difficile d'adhérer à ce drame familial non dénué d'intérêt dans le fond, mais tellement soporifique sur la forme. "MY DAUGHTER" dresse le portrait de deux femmes, une mère et sa fille, qui au travers de leur quotidien morose, nous expose leur relation complexe.
Faye est plutôt possessive envers sa mère. Elle jalouse même ses amants de l'attention qu'elle leur porte, sans jamais vraiment l'exprimer clairement par des mots.
Un manque de communication qui se répercute à l'écran par des dialogues clairsemés, alors que l'ensemble des scènes se déroulent presque uniquement entre le salon de coiffure familial, les cours de conduite et les dégustations d'œufs de caille ou de durian récalcitrant...
Un chien, quelques chèvres et les aventures trépidantes d'une tortue retournée sur sa carapace seront sans doute les seuls moments un peu réconfortants au milieu des errances psychologiques d'une adolescente perturbée.


"PAJU" de Park Chan-ok (Corée du Sud)
avec : Kim Bo-kyung, Shim E-young, Lee Sun-kyun
Après trois années passées en inde, Eun-mo revient à Paju, sa ville natale. Elle découvre que l'immeuble dans lequel elle habite est sur le point d'être démoli, que les locataires devenus squatteurs se battent pour empêcher cette destruction et que son beau-frère veuf, également meneur du mouvement de protestation, a des révélations à faire concernant la mort tragique de sa sœur.


"SYMBOL" de Matsumoto Hitoshi (Japon)
avec Luis Acchinelli, Adriana Fricke, Matsumoto Hitoshi, David Quintero, Lillian Tapia, Carlos Torres
Un japonais se réveille un beau jour dans une pièce immaculée de blanc, sans fenêtres, ni portes. Lorsqu'il appuie sur une protubérance en forme de pénis fixée au mur, une brosse à dents rose apparaît comme sortie de nulle part et enclenche une série d'événements vraiment étranges...

>> Critique : Ce deuxième effort de Hitoshi Matsumoto, après le déjà très fort "BIG MAN JAPAN" se révèle une fois de plus une grosse baffe dans la gueule.
Toujours aussi iconoclaste et délirant, mais encore plus drôle et plus intelligent que le précèdent, "SYMBOL" est également beaucoup plus abordable pour le commun des mortels, pas habitué aux délires surréalistes du Pays du Soleil levant. Le rythme est beaucoup plus soutenu, et on rit tellement souvent que si on se laisse porter (même pour ceux qui n'y comprennent rien), on passe un moment hors du temps, une véritable expérience cinématographique...Lire la suite


"THE ETERNAL" de Rituparno Ghosh (Inde)
avec De Deepankar, Chatterjee Ananya, Sengupta Jisshu, Shankar Mamta
Aniket, cinquante-cinq ans, est l'un des réalisateurs les plus en vue du Bengale. Deepti, sa femme, est une ancienne actrice dont il est tombé amoureux et qui a tout sacrifié par amour. lorsqu'Aniket tombe sous le charme de la jeune comédienne de son dernier film, Deepti est furieuse. Afin de se venger, elle fait le serment de tout faire pour que leur fils unique devienne un grand cinéaste... et le rival de son père.


"THE KING OF JAIL BREAKERS" de Itao Itsuji (Japon)
avec All Kyojin, Itao Itsuji, Kunimura Jun, Ishizaka Koji, Shofukutei Matsunosuke, Bonchi Osamu
Japon, fin des années 20. Masayuki Suzuki est un prisonnier qui s'échappe systématiquement de la prison dans laquelle il est incarcéré pour être sciemment repris et mis à nouveau en prison. Un de ses geôliers est très intrigué par ces évasions-incarcérations répétées et décide de percer le mystère entourant cet homme...

>> Critique : C'était l'une des grosses surprises de cette édition, "THE KING OF JAIL BREAKERS", ou les aventures étranges d'un homme qui passe de prison en prison, avec un impressionnant nombre d'évasions à son actif. Un comportement qui éveille la curiosité de l'un de ses nombreux gardiens, bien décidé à suivre le parcours carcéral du détenu pour découvrir ses motivations profondes.
Avec un pitch aussi énigmatique, ce premier long métrage de l'acteur Itao Itsuji avait de quoi intriguer. Suzuki, le personnage mutique tatoué d'un mont Fuji, qui semble irrémédiablement attiré par les voies de chemin de fer, est interprété par le réalisateur lui-même, très à l'aise dans les films les plus décalés ("TOKYO GORE POLICE", "BIG MAN JAPAN", "CROMARTIE HIGH SCHOOL"...). A travers une série de flashbacks, nous découvrirons l'absurde vérité, avec un soupçon de « fantastique » et des relents de comédie musicale.
Un film drôle, touchant et improbable, qui ne se prend pas une seconde au sérieux.


"TRUE NOON" de Nosir Saidow (Tadjikistan)
avec Yuriy Nazarov, Nasriiddin Nuriddinov, Nasiba Sharipova, Shodi Sleh
Deux villages sont séparés par un petit ruisseau. Nilufar, une jeune fille du village situé en aval, va épouser un homme du village en amont. Mais un jour, des soldats arrivent et séparent arbitrairement les villages par des barbelés. La vie des habitants, autrefois si paisible, va sombrer peu à peu dans le chaos.




Action Asia


"BAD BLOOD" de: Denis S.Y. Law (Hong kong)
avec : Simon Yam, Bernice Liu, Andy On, Jiang Lu-Xia, Chris Lai Lok-Yi, Chan Wai-Man, Kenneth Low, Xiong Xin-Xin, Pinky Cheung, Cheung Siu-Fai
Lorsque le chef d'une triade de Hong Kong est arrêté pour faux-monnayage puis exécuté en Chine, les différents prétendants à sa succession se livrent une lutte acharnée...

>> Critique : Après l'arrestation et l'exécution d'Andy Lok, se pose la question de succession à la tête de l'organisation, engendrant dissensions et lutte de pouvoir sans merci au sein du groupe « Tung Luen Shun ».
Alors que les assassinats se succèdent, Audrey, la représentante des intérêts de la famille Lok se montre sous un jour insoupçonné, quand face à elle, la jeune protégée muette de l'un des membres de la triade compte bien venger la mort de son mentor...
Non sans rappeler un certain nombre de films d'action HK, ce film de Dennis Law met en scène Simon Yam et Berenice Liu (sans oublier Lam Suet et Hung Yan Yan), dans une histoire de triades classique moyennement efficace. Au programme, courses poursuites, gunfights et affrontements martiaux à gogo entre membres d'un même gang mafieux, le tout joliment chorégraphié par Nicky Li. Combats qui constituent d'ailleurs le seul vrai divertissement de ce "BAD BLOOD", hormis la dégustation de cacahuètes de Simon Yam ou encore le passage dans lequel il arbore un immonde manteau jaune !
On appréciera d'autant plus les scènes d'action qu'elles mettent en scène des femmes, vantant les qualités athlétiques de Jiang Lu Xia, véritable experte en arts martiaux dans la vie.
En deux mots : Girl Power !


"BODYGUARDS AND ASSASSINS" de Teddy Chan (Chine/Hong Kong)
avec : Donnie Yen, Leon Lai, Xueqi Wang, Li Yue-tang, Tony Leung Ka Fai, Nicholas Tse, Jun Hu, Yuchun Li, Eric Tsang, Simon Yam, Bingbing Fan
Avant que le docteur Sun Yat-sen ne soit considéré comme le père de la chine moderne en devenant l'instigateur de la révolution de 1911, il se rend à Hong Kong le 15 octobre 1905 pour assister à une réunion secrète et créer une armée prête à renverser la dynastie Qing. Avant son arrivée, des assassins d'élite sont dépêchés par la cour impériale Qing afin de tuer le docteur Sun...

>> Critique : Casting de dingue pour cette épopée historique retraçant l'épisode clé qui sonna le glas de l'impérialisme en Chine !
Après le meurtre d'un professeur prônant les valeurs de la démocratie, la venue imminente d'un intellectuel aux idées révolutionnaires suscite les pires craintes de la part de la dynastie Qing, qui ne tarde pas à fomenter un complot pour l'assassiner. Pendant ce temps, la révolte contre le pouvoir Mandchou s'amplifie au sein du peuple et la résistance s'organise...
Tout le film s'articule autour de cette visite périlleuse qui changea la face du pays. Ses dangers, ses enjeux et tous les préparatifs, à la fois du côté de la garde impériale que de celui du peuple, constituent la majeure partie de "BODYGUARDS AND ASSASSINS".
Une fois familiarisés avec les différents personnages et leur histoire personnelle (histoires de famille, romances, amitiés viriles... visant sans doute à rendre plus digeste la lourde intrigue politique), les quelques scènes d'action jusqu'à présent éparses, se multiplient à mesure que la pression monte.
Malgré quelques envolées dramatiques exagérées, une succession d'actes d'héroïsme emphatiques et quelques passages pseudo comiques assez nunuches, le film, bien qu'un peu longuet, se laisse volontiers regarder, ne serait-ce que pour sa brochette d'acteurs. On appréciera également sa portée historique et, bien sûr, ses scènes de combats rondement menées, dans une reconstitution convaincante de début de 20ème siècle.


"CLASH" de Le Thanh Son (Vietnam)
avec Hieu Hien, Thanh Van Ngo, Johnny Nguyen
Une jeune femme entraînée au combat constitue autour d'elle une équipe de mercenaires pour une mission dangereuse qui a pour but de la libérer de l'emprise d'un Parrain de la mafia vietnamienne qui a kidnappé depuis de nombreuses années sa petite fille.

>> Critique : Film d'action vietnamien, "CLASH" imite maladroitement ses pairs HK, comme le fait si bien remarquer l'un des personnages avec cette réplique à peine déguisée : « on se croirait dans un film hongkongais » ! Et effectivement, la plupart du temps, le long métrage verse dans le kitsch dans ce qu'il comporte d'effets de ralentis, de dialogues entre les personnages, de moments tragiques convenus ou encore de flashbacks surannés.
Le scénario est assez caricatural, tout comme la clique de mercenaires aux noms de code empruntés au registre animalier et le chef mafieux machiavélique tout de blanc vêtu qui manipule ses employé(e)s comme les pions de son échiquier et dont les apparitions seront systématiquement accompagnées de musique classique.
Heureusement, "CLASH" n'est pas dénué de charme, sans doute en grande partie grâce à ses origines si peu représentées dans le paysage cinématographique international, et offre de belles scènes de bastons. Des démonstrations convaincantes de combats martiaux desservies par le couple Johnny Nguyen/Thanh Van Ngo, très classe à l'écran bien que leur scène de Tango s'avère assez ridicule, que l'on avait déjà pu voir ensemble dans "THE REBEL". Encore une bonne occasion de voir une nana à l'œuvre, notamment contre un Français en slibard au cours d'un gunfight bien rythmé !


"TACTICAL UNIT – COMRADES IN ARMS" de Law Wing-cheong (Hong Kong)
avec Simon Yam, Maggie Siu, Lam Suet, Vincent Sze, Samuel PANG King-Chi
Wah et Maggie, deux sergents rivaux au sein d'une unité spéciale de la police de Hong Kong, se voient confier une dernière mission avant la dissolution de leur patrouille. Ils doivent arrêter une bande de voleurs qui s'est réfugiée dans les collines surplombant la ville...

>> Critique : Cinq ans après le premier épisode de "PTU" réalisé par Johnny To et les quatre volets de la série de téléfilms qui ont suivi, c'est Law Wing-cheong qui prend la suite, toujours sous la houlette de la Milkyway (et toujours avec les acteurs Simon Yam, Maggie Siu et Lam Suet) pour ce dernier opus - et second destiné au cinéma.
Après l'aventure nocturne du premier "PTU", celui-ci se déroule en plein jour, la plupart du temps dans une forêt montagneuse, alors que deux unités de police rivales s'unissent pour traquer un groupe de cambrioleurs. Esthétiquement beaucoup moins réussi que le film de Johnny To, "COMRADES IN ARMS" ne vole également pas bien haut niveau scénario. Si la guéguerre entre les deux patrouilles donne bien lieu à un ou deux passages comiques, la naïveté du propos (les liens qui se tissent entre les protagonistes, la solidarité qui prend le pas sur l'ambition et les antagonismes) est un peu agaçante. Heureusement, les frasques de Lam Suet ainsi que les courses poursuites à travers bois et labyrinthes de souterrains désaffectés parviennent à faire passer le temps, bien que dans l'ensemble cette suite soit un peu décevante.


"THE SWORD WITH NO NAME" de Kim Yong-gyun (Corée du Sud)
avec : Baek Jae-jin, Choi Jae-woong, Cho Seung-woo
Moon-myoung est un chasseur de primes au service de la dynastie Joseon. Lors d'une mission, il rencontre une très belle jeune femme noble, Ja-young, et tombe éperdument amoureux d'elle. Quelques années plus tard, elle est proclamée reine de Joseon. Languissant d'amour, Moon-myoung intègre sa garde personnelle afin de se rapprocher d'elle...

>> Critique : Dans la lignée des blockbusters coréens récents et sans saveur à connotation historique façon "THE DIVINE WEAPON", "SHADOWLESS SWORD" ou "THE RESTLESS", ce "SWORD WITH NO NAME" retrace une romance quasi Shakespearienne entre une femme destinée à gouverner et un simple pêcheur qui deviendra son garde du corps, à défaut de pouvoir vivre sa passion au grand jour.
Comme souvent dans ce genre de fresque pompeuse inspirée de faits réels, décors et costumes se veulent particulièrement soignés, soulignant les fastes de la cour de l'époque. Une reconstitution sans doute réussie de la dynastie Joseon, au détriment d'un scénario ultra soporifique sur fond de conflits politiques et d'aventures martiales surréalistes.
Mielleux et plein de bons sentiments, le film du réalisateur de "THE RED SHOES" se noie dans une succession d'actes de bravoure pénibles (entre sacrifices, sens du devoir, passés et destins tragiques), qui éclipse complètement l'éventuel intérêt culturel du film, plus orienté au final vers l'histoire peu passionnante d'un amour impossible que sur des faits historiques. Difficile de ne pas décrocher devant ce spectacle interminable qui manque franchement de profondeur...




Panorama


"ALL TO THE SEA" de Akane Yamada (Japon)
avec : Yûya Yagira, Yuriko Yoshitaka, Eriko Satô
Natsuki travaille dans une librairie. Elle se sent très seule après avoir vécu un passé douloureux où elle offrait son corps en quête d'amour. Koji est un jeune homme qui vit dans une famille instable et cherche la vérité dans les livres. Un jour, le hasard les réunit...



"CHENGDU, I LOVE YOU" de Cui Jian & Fruit Chan (Chine)
avec : Anya, Guo Tao, Huang Xuan
Deux histoires d'amour qui se déroulent dans la ville chinoise de Chengdu. Dans la première située en 2029, une danseuse de samba veut exaucer deux souhaits : retrouver le garçon qui l'a sauvée lorsqu'elle était enfant et mettre la main sur l'homme qui a fait souffrir son cousin. Dans la deuxième, située en 1976, le jeune patron d‘un salon de thé tombe amoureux d'une très belle serveuse.



"CITY OF LIFE AND DEATH" de Lu Chuan (Chine & Hong Kong)
avec Liu Ye, Gao Yuanyuan, Hideo Nakaizumi
Chine, décembre 1937. Le pays est en guerre avec le Japon. Les troupes japonaises arrivent aux portes de Nankin, la capitale du pays. Après des semaines de bombardement, la plupart des habitants et des représentants des gouvernements étrangers ont quitté la ville en ruine. Lu, un général charismatique de l'armée chinoise, est déterminé à repousser l'ennemi et à défendre coûte que coûte la capitale avec ses hommes...

>> Critique : A l'heure ou les Japonais assiégeaient Nankin, la capitale chinoise de l'époque, "CITY OF LIFE AND DEATH" apporte un regard bouleversant sur les exactions commises par l'envahisseur : exterminations massives, viols collectifs, détentions des prisonniers dans un camp de réfugiés... soit officiellement jusqu'à 300000 morts.
Dans les ruines de la ville, les montagnes de cadavres - massacrés à coups de baïonnettes, fusillés, enterrés ou brûlés vifs - jonchent le sol parmi les décombres, quand leur tête ne pend pas à des branches d'arbres... Toute l'horreur des évènements se lit dans les yeux des soldats et civils chinois, mais surtout dans ceux du soldat japonais Kadokawa, entraîné dans une guerre dont il ne cautionne pas la barbarie.
Si ce personnage apparait en quelque sorte comme le héros du film, c'est pour mieux souligner le parti pris du réalisateur, consistant à dépeindre les japonais comme de simples êtres humains victimes de l'engrenage de la guerre, dans un paysage de désolation tellement au-delà du réel qu'il leur en fait perdre la raison.
Sous ses allures de reportage de guerre (en particulier dans toute la première partie consacrée aux affrontements), ce troisième long métrage de Lu Chan est filmé en noir et blanc, peut-être pour mieux se distancier des atrocités montrées sans détour à l'écran et ainsi bannir toutes les couleurs de l'horreur. Ce qui n'empêchera de ressentir un certain malaise face à cette description très crue d'un épisode terrifiant de l'histoire chinoise.


"LOLA" de Brillante Mendoza (Philippines)
avec : Anita Linda, Rustica Carpio, Tanya Gomez
A manille, deux femmes âgées sont confrontées à un drame commun : Lola Sepa vient de perdre son petit-fils, tué d'un coup de couteau par un voleur ; Lola Puring, la grand-mère du jeune accusé, attend le procès. L'une a besoin d'argent pour offrir des funérailles décentes à son petit-fils, pendant que l'autre se bat pour faire sortir son propre petit-fils de prison...

>> Critique : "LOLA", (qui signifie « grand-mère ») dresse le portrait de deux mamies philippines au destin croisé, l'une a perdu son petit-fils, l'autre est la grand-mère du meurtrier. Comme à son habitude Brillante Mendoza délivre un film aux relents de documentaire avec des acteurs criants de vérité et un désir non dissimulé de dénoncer un contexte social particulièrement difficile pour la population des quartiers pauvres de Manille.
Dans cette société matriarcale, on découvre toute la bienveillance de ces femmes qui semblent si fragiles physiquement mais qui débordent pourtant d'un courage exceptionnel devant l'adversité. Ici, c'est Lola Sepa qui règle les affaires et organise les funérailles de son défunt petit-fils, et c'est Lola Puring qui tente le tout pour le tout afin de sauver le sien de la prison.
Les pérégrinations des deux grand-mères dans la ville de Manille, qu'il pleuve ou qu'il vente, sont une nouvelle occasion pour le réalisateur de montrer la misère, la délinquance, la crasse, la promiscuité... Une jungle urbaine en pleine saison des pluies, abritant le quotidien de familles qui se battent pour survivre.
Un film touchant, inspiré de faits réels, qui nous en apprend encore un peu plus sur les conditions de vie précaires des habitants du quartier de Malabon, tout cela dans le respect des anciens.


"NUITS D'IVRESSE PRINTANIERE" de Lou Ye (Chine)
avec : Qin Hao, Chen Sicheng, Tan Zhuo
Nankin de nos jours, au printemps. La femme de Wang Ping le soupçonne d'infidélité. Elle engage Luo Haitao pour l'espionner et découvre ainsi l'amour que son mari porte à un homme, Jiang Cheng. C'est avec lui que Luo Haitoa et Li Jing, sa petite amie, se jettent alors à corps perdus dans une folle équipée amoureuse...



"SAWASDEE BANGKOK" de Pen-ek Ratanaruang, Wisit Sasanatieng, Aditya Assarat, Kongdej Jaturanrasmee (Thaïlande)
avec Bongkot Kongmalai, Ananda Everingham, Louis Scott, Kalorin Supalak Nemayothin, Namo Thongkamnerd
Quatre réalisateurs thaïlandais portent un regard personnel sur Bangkok, la capitale de la Thaïlande. Quatre visions de cette ville lors d'une seule journée à travers les vies de ses habitants, grands et petits, jeunes et vieux, riches et pauvres, formant ensemble un kaléidoscope riche en couleurs à l'image de Bangkok.



"THIRST" de Park Chan-wook (Corée du Sud)
avec Song Kang-ho, Kim Ok-bin, Ha-kyun Shin, Oh Dal-su , Kim Hae-Sook, Mercedes Cabral
Sang-hyun est un jeune prêtre qui se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie...

>> Critique : Dernier long métrage en date du réalisateur du sublime "JSA" ainsi que de la trilogie de la vengeance qui a fait sa renommée en occident, "THIRST" se positionne comme une adaptation cinéma librement inspirée du roman d'Emile Zola, « Thérèse Raquin ».
Si le film prend en effet un certain nombre de libertés par rapport au livre, on y retrouve tout de même l'essentiel : le complot de deux amants qui, une fois débarrassés du mari gênant (qu'ils connaissent tous deux depuis l'enfance), seront hantés par sa mort au point de basculer dans la folie, sous les yeux de la mère du défunt, devenue paralysée et muette mais non moins avide de vengeance... Lire la suite




La Chine en marche


"MY LONG MARCH" de Zhai Junjie
avec Jia Wang, Qiu Zhong, Xingang Wang, Ying Wang
Un adolescent de 16 ans, s'engage dans la longue marche, un périple de plus d'un an mené par l'armée rouge chinoise pour échapper à l'armée nationale révolutionnaire durant la guerre civile chinoise.



"NIGHT ATTACK" de An Lan
avec Dandan He, Tianzuo Liu, Yongming Wang
Automne 1937. le Japon envoie ses forces armées en chine, espérant une victoire rapide. En octobre, la bataille de xincou éclate. Afin d'empêcher les renforts japonais d'atteindre la ville, le 769e régiment est envoyé sur la route n°8.



"AUGUST 1ST" de Song Yeming & Dong Yachun
avec Jin Lui, Leung Lui, Ray Wai, Yong Hou
En 1927, Chang Kai Chek, le commandant en chef de l'expédition du nord, et Wang Jingwei, le chef du parti nationaliste, trahissent la révolution et donc les communistes. Le 1er août 1927, la ville de Nanchang se soulève et donne le jour à la première armée révolutionnaire indépendante chinoise.





Hommage à Brillante MENDOZA

Né le 30 juillet 1960 à San Fernando aux Philippines, Brillante Ma. Mendoza étudie la publicité à l'université de Santo Tomas à Manille, puis entame une carrière de décorateur pour le cinéma, la télévision, le théâtre et la publicité. Son travail est particulièrement remarqué sur les films philippins tels que "FLIRTING WITH TEMPTATION" (1986), "PRIVATE SHOW" (1986), "OLONGAPO... THE GREAT AMERICAN DREAM" (1987). Brillante Ma. Mendoza devient ensuite l'une des figures marquantes de la publicité philippine et travaille comme décorateur sur de nombreux films publicitaires de grandes sociétés internationales telles que San Miguel Brewery, Asia Brewery, Mcdonald's, Procter & Gamble et Unilever. Il est naturellement amené à rencontrer des responsables politiques et certains grands noms de l'industrie philippine.
En 2005, Brillante Ma. Mendoza fonde la société de production indépendante Centerstage Productions et réalise "MASAHISTA", son premier long métrage. Le film traite de l'homosexualité, un sujet sensible aux Philippines, et remporte le Léopard d'or de la vidéo au Festival de Locarno, le prix du public au Festival de Turin et le prix Interfaith au Festival de Brisbane en 2006. Ses films suivants seront tous primés dans les festivals internationaux.
Son deuxième long métrage, "KALELDO", un portrait d'une famille philippine après une éruption volcanique, obtient en 2007 le prix Netpac au Festival de Jeonju en Corée du sud et la comédienne Cherry Pie Picache remporte le prix de la meilleure actrice au Festival de Durban. "MANORO", un film documentaire sur un enseignant d'une école primaire, remporte en 2006 le prix Cinemavenir au Festival de Turin et les prix du meilleur film et du meilleur réalisateur au Festival Cinémanille. "JOHN JOHN", une plongée émouvante dans les bidonvilles de Manille, est présenté à la quinzaine des réalisateurs en 2007. L'actrice principale Cherry Pie Picache remporte également le prix de la meilleure actrice au Festival de New Dehli. "TIRADOR", entièrement tourné caméra à l'épaule dans les rues de Manille, reçoit notamment le prix du jury au Festival de Marrakech 2007, le prix Caliagi au Festival de Berlin 2008 et le prix du meilleur film et du meilleur réalisateur au festival de Singapour 2008. "SERBIS", une coproduction entre les philippines et la France racontant la vie quotidienne des gérants d'un cinéma diffusant des films érotiques, marque en 2008 le grand retour du cinéma philippin en compétition au Festival de Cannes après plus de vingt ans d'absence.
Brillante Ma. Mendoza obtient l'année dernière avec "KINATAY", la descente aux enfers d'un jeune étudiant en criminologie, le prix de la mise en scène au Festival de Cannes. "LOLA", son dernier film à ce jour, est présenté l'année dernière en compétition au Festival de Venise.


"MASAHISTA" - 2005
avec Jaclyn Jose, Katherine Luna, Coco Martin, Alan Paule
Iliac travaille comme masseur dans un salon où les soins dispensés se terminent en acte sexuel avec les clients. Alors qu'il se prépare à faire le deuil de son père, il rencontre un écrivain.



"KALELDO" - 2006
avec Angel Aquino, Johnny Delgado, Juliana Palermo, Alan Paule, Cherry Pie Picache
Dix ans après l'éruption du mont Pinatubo, un homme veuf et amer tente d'élever seul ses trois filles avec une main de fer : Grace, Lourdes et Jesusa.



"MANORO" - 2006
avec Jonalyn Ablong, Edgar Ablong, Carol Ablong, Carlito Ablong
A la veille d'une élection présidentielle, Jonalyn, une fillette de treize ans, tente de convaincre son entourage d'aller voter.



"JOHN JOHN" - 2007
avec Eugene Domingo, Jiro Manio, Dan Manio, Cherry Pie Picache
Thelma élève des enfants abandonnés avant leur adoption. Lorsqu'elle apprend que John John, le dernier enfant qu'elle garde, va être adopté, chaque moment avec lui devient de plus en plus précieux.



"SLINGSHOT" - 2007
avec Jiro Manio, Kristofer King, Coco Martin, Nathan Lopez, Jaclyn Jose
En pleine semaine sainte commence la campagne pour les élections nationales. Dans cette ambiance particulière, un groupe hétéroclite de voleurs à la petite semaine qui sévit dans le quartier des affaires très fréquenté de Quiapo à Manille essaye de survivre tant bien que mal.

>> Critique : Plutôt singulier, le film du réalisateur philippin Brillante Mendoza nous plonge dans la réalité sordide d'un quartier de Manille, là où les plus démunis se livrent à toutes sortes de trafics pour pouvoir survivre. Les conditions de vie déplorables dans lesquelles évoluent les personnages font froid dans le dos (en particulier cette scène effrayante d'un bébé rampant à terre et mangeant ses propres déjections tant il est tiraillé par la faim...), tout autant que les manipulations politiques visant à s'octroyer les voies tant convoitées de ces laissés pour compte, à coup de distribution massive d'argent et de promesses d'un avenir meilleur...
Filmé à la manière d'un documentaire, "SLINGSHOT" (ou "TIRADOR") dresse le triste constat d'une société gangrenée par la pauvreté et corrompue par les partis politiques. Une production indépendante d'un réalisme tellement saisissant que l'on en oublie parfois sa nature fictionnelle, montrant une misère et une violence à l'état brut qui ne peuvent pas laisser indifférent...


"SERBIS" - 2008
avec Gina Pareño, Jacklyn Jose, Julio Diaz, Coco Martin
La famille Pineda a élu domicile dans un ancien cinéma qu'elle exploite et qui projette des vieux films érotiques. La matriarche, séparée de son mari, lui a intenté un procès pour bigamie. Après plusieurs années, la cour s'apprête à rendre son jugement.

>> Critique : Septième long métrage du réalisateur philippin (avec une fois de plus son acteur fétiche Coco Martin), "SERBIS" suit le quotidien d'une famille qui tient un cinéma érotique, faisant accessoirement office de bordel.
Au milieu de l'agitation qui règne dans l'immense bâtisse avec les constantes déambulations des différents protagonistes dans le dédale d'escaliers et de couloirs, plusieurs générations se côtoient sous l'autorité de la matriarche, symbole fort de la société philippine.
Nous découvrons peu à peu les liens qui unissent cette grande fratrie vivant dans une certaine insalubrité, au beau milieu des ébats de ses habitués, souvent mineurs.
Les corps dénudés sont exhibés sans détour, avec une certaine sensualité malgré la sensation de puanteur, les conditions d'hygiène limitées et la moiteur ambiante. Les scènes de sexe, filmées avec un certain réalisme, sont plutôt crues et mettent mal à l'aise surtout en présence d'un gamin haut comme trois pommes qui déambule à vélo entre les clients désœuvrés, à proximité de la salle de projection où ont lieu les passes dans l'indifférence générale.
Dehors la circulation anarchique donne une bonne idée de l'atmosphère qui plane dans cette ville où la pauvreté semble interdire tout espoir à la population...


"KINATAY" - 2009
avec Coco Martin, Julio Diaz, Mercedes Cabral
Un étudiant en criminologie est recruté pour travailler au service d'un gang local. Ce dernier lui propose alors de s'engager dans une "mission spéciale", particulièrement bien rémunérée...

>> Critique : Dans la veine de ses précédents longs métrages, "KINATAY" est filmé caméra à l'épaule, avec ce même côté documentaire qui confère au cinéma de Brillante Mendoza un réalisme si saisissant.
Une fois de plus, c'est son acteur fétiche Coco Martin qui tient le rôle principal, celui d'un étudiant en criminologie entraîné dans un crime mafieux par besoin d'argent. Et c'est sur les émotions de ce jeune homme que "KINATAY" (qui signifie littéralement « massacre » en philippin) va se concentrer, en suivant les aventures nocturnes d'un gang qui virent au cauchemar pour Peping, fraichement marié et papa d'un bébé de sept mois... Lire la suite


"LOLA" - 2009
avec : Anita Linda, Rustica Carpio, Tanya Gomez
A manille, deux femmes âgées sont confrontées à un drame commun : Lola Sepa vient de perdre son petit-fils, tué d'un coup de couteau par un voleur ; Lola Puring, la grand-mère du jeune accusé, attend le procès. L'une a besoin d'argent pour offrir des funérailles décentes à son petit-fils, pendant que l'autre se bat pour faire sortir son propre petit-fils de prison...

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Hommage à Lou YE

Né le 15 mars 1965 à Shanghai, Lou Ye sort diplômé de l'école des beaux-arts de Shanghai, section animation, en 1983. Deux ans plus tard, il intègre le département réalisation de l'académie du film de Pékin. Il y réalise plusieurs courts métrages et obtient son diplôme en 1989. En 1994, il signe son premier long métrage, "WEEKEND LOVER", un portrait d'une jeunesse sans repères à Shanghai, lui causant ses premiers problèmes avec la censure chinoise. Interdit en Chine pendant deux ans, le film remporte le prix Fassbinder du meilleur réalisateur au Festival de Mannheim-Heidelberg en 1996.
En 2000, le public occidental découvre Lou Ye avec son deuxième long métrage, "SUZHOU RIVER", qu'il a écrit, co-produit et réalisé. Ce film noir qui raconte une histoire d'amour teintée d'onirisme est entièrement tourné en caméra subjective. Bien que très remarqué à l'étranger, le film est interdit en Chine et le cinéaste n'a plus le droit de tourner pendant deux ans car le film avait été présenté au Festival de Rotterdam sans avoir reçu au préalable l'aval des autorités chinoises.
Lou Ye s'attelle ensuite à l'ambitieux "PURPLE BUTTERFLY", une fresque consacrée au conflit sino-japonais des années 30, avec Zhang Ziyi dans le rôle principal et qui emprunte à nouveau de nombreux éléments au film noir. Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes en 2003. Trois ans plus tard, l'auteur revient au Festival de Cannes avec "UNE JEUNESSE CHINOISE", dans lequel il aborde cette fois les événements de la place Tian An Men, à travers la relation amoureuse de deux étudiants. Il brise ainsi un tabou, ce qui lui vaut une interdiction de tourner en Chine pendant cinq ans.
Son dernier film, "NUITS D'IVRESSE PRINTANIERE", tourné clandestinement à Nankin et arborant la nationalité hongkongaise et française afin d'éviter les foudres de la censure, remporte le prix du scénario au dernier Festival de Cannes.


"SUZHOU RIVER" - 2000
avec Jia Hongshen, Zhou Xun
Un riche homme d'affaires demande à un jeune coursier de conduire sa fille chez sa tante chaque fois qu'il le lui demande. Cette dernière pense que le jeune homme prépare son enlèvement...



"PURPLE BUTTERFLY" - 2003
avec Zhang Ziyi, Liu Ye, Li Bingbing
Mandchourie, 1928. Un jeune japonais s'éprend d'une jeune chinoise. Son retour au japon afin de faire son service militaire met un terme à leur bonheur et les contraint à la séparation.



"UNE JEUNESSE CHINOISE" – 2006
avec Bai Xueyun, Cui Lin, Duan Long
Quatre réalisateurs thaïlandais portent un regard personnel sur Bangkok, la capitale de la Thaïlande. Quatre visions de cette ville lors d'une seule journée à travers les vies de ses habitants, grands et petits, jeunes et vieux, riches et pauvres, formant ensemble un kaléidoscope riche en couleurs à l'image de Bangkok.



"NUITS D'IVRESSE PRINTANIERE" - 2009
avec : Qin Hao, Chen Sicheng, Tan Zhuo
Nankin de nos jours, au printemps. La femme de Wang Ping le soupçonne d'infidélité. Elle engage Luo Haitao pour l'espionner et découvre ainsi l'amour que son mari porte à un homme, Jiang Cheng. C'est avec lui que Luo Haitoa et Li Jing, sa petite amie, se jettent alors à corps perdus dans une folle équipée amoureuse...





Regard sur le travail de Lu CHUAN

Né le 8 février 1971 dans la province de Xinjiang en chine, Lu Chuan étudie à l'académie du film de Pékin et débute une carrière de scénariste pour des séries télévisées. En 2001, il écrit et réalise son premier long métrage, "THE MISSING GUN", dans lequel il dirige Jiang Wen. Le film est présenté au Festival de Venise l'année suivante. Son deuxième film, "KEKEXILI, LA PATROUILLE SAUVAGE", remporte le grand prix du jury du Festival de Tokyo. En 2005, Lu Chuan commence à travailler sur son troisième long métrage, "CITY OF LIFE AND DEATH", qu'il tourne en 2008 et qui remporte en septembre dernier le grand prix du Festival de San Sebastian en Espagne.


"THE MISSING GUN" - 2002
avec Jiang Wen, Fan Nina Huang, Liang Shi
Un policier découvre que son revolver a disparu. Les armes à feu étant rares en Chine rurale, il doit retrouver son arme aussi vite que possible...



"KEKEXILI, LA PATROUILLE SAUVAGE" - 2004
avec Zhang Lei, Duo Buji, Qi Liang
Un journaliste accompagne une patrouille de volontaires tibétains qui suivent à la trace un groupe de braconniers. La piste les mène sur un plateau isolé aux contreforts de l'Himalaya où vit une espèce rare d'antilope menacée par ces chasseurs.



"CITY OF LIFE AND DEATH" - 2009
avec Liu Ye, Gao Yuanyuan, Hideo Nakaizumi
Chine, décembre 1937. Le pays est en guerre avec le Japon. Les troupes japonaises arrivent aux portes de Nankin, la capitale du pays. Après des semaines de bombardement, la plupart des habitants et des représentants des gouvernements étrangers ont quitté la ville en ruine. Lu, un général charismatique de l'armée chinoise, est déterminé à repousser l'ennemi et à défendre coûte que coûte la capitale avec ses hommes...

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Palmarès 2010 :

LOTUS DU MEILLEUR FILM | BEST FILM
"JUDGE" de Liu Jie (Chine)

LOTUS DU JURY | JURY PRIZE
"AU REVOIR TAIPEI" de Arvin Chen (Taïwan)
"PAJU" de Park Chan-ok (Corée du Sud)

LOTUS AIR FRANCE | CRITICS' PRIZE
"MY DAUGHTER" de Charlotte Lim Lay Kuen (Malaisie)

LOTUS ACTION ASIA | BEST ACTION ASIA FILM
"THE SWORD WITH NO NAME" de Kim Yong-gyun (Corée du Sud)

Remerciements à Public Système Cinéma, ainsi qu'à tout le personnel du festival pour son accueil.
Note de : 7 sur 10
Publiée le
12ème Festival du Film Asiatique de Deauville
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Sharita Termeer - 07/08/2014 à 09:46
# 3

Properly just considered i'd say howdy. Terrific web site Ian.

Sharita Termeer - 07/08/2014 à 07:05
# 2

Properly just considered i'd say howdy. Terrific web site Ian.

Sharita Termeer - 01/08/2014 à 14:46
# 1

Properly just considered i'd say howdy. Terrific web site Ian.

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