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Critique du film Guinea Pig 3 - He Never Dies

GUINEA PIG 3 - HE NEVER DIES

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Titre original : Za Ginipiggu 3 - Senritsu! Shinanai Otoko
Réalisé par Masayuki Kuzumi
Année : 1986
Pays : Japan
Durée : 40 min
Note du rédacteur : 6 / 10

L'HISTOIRE

Un homme tente de se suicider, mais à sa grande stupeur il s'aperçoit qu'il ne peut pas mourir et n'éprouve aucune souffrance.

LA CRITIQUE

Le vrai faux snuff a ses limites. Il est d'ailleurs révélateur qu'après un premier numéro très cru, le deuxième volet de la série Guinea Pig ("FLOWERS OF FLESH AND BLOOD") qui marque surtout en raison du réalisme saisissant de ses effets gore ait inauguré la recherche d'une certaine esthétique du morbide (poursuivit par Hideshi Hino dans son autre Guinea Pig : "MERMAID IN THE MANHOLE"), notamment en s'achevant par une séquence fortement onirique, délaissant le réel pour le fantasme : tout (ou presque) avait été dit sur le sujet et il était nécessaire de renouveler la série sous peine de la voir s'enliser en répétant ad nauseam les mêmes figures. C'est ce que s'attache à faire (dans une voie certes totalement différente) "HE NEVER DIES" en prenant à contre-pied la logique initiale de la série, donnant dans le gore (on est toujours dans un Guinea Pig !) à la sauce humoristique et absurde. Un genre quelque peu délaissé par les réalisateurs nippons – alors qu'en occident, l'humour est bien plus souvent lié à l'hémoglobine, depuis certains films « respectables » comme "EVIL DEAD" ou "BRAINDEAD", en passant par les productions de la Troma jusqu'aux films amateurs à la "ROTTEN SHAOLIN ZOMBIES" – ici abordé dans un esprit proche des mangas « ero-guro » (érotique-grotesque) d'artistes comme Suehiro Maruo ou Shintaro Kago.

Hideshi est un employé de bureau comme le Japon en compte des millions, écrasé par son travail où il n'arrive pas à s'épanouir, rejeté et persécuté par ses collègues et qu'il ne quitte que pour retrouver son petit appartement de célibataire. Sans aucune prise sur sa vie misérable il y passe le temps en regardant des vidéos ou en mimant sa vie de bureau par des jeux crétins. Puis il en a marre et décide d'en finir et de mettre fin à ses jours. Tout prétexte aux délires gore qui vont suivre, l'introduction de "HE NEVER DIES" pointe néanmoins du doigt l'inhumanité de la vie d'entreprise japonaise, en particulier du point de vue de ceux qui en sont les laissés pour compte, les loosers. Mais soit, "HE NEVER DIES" n'est pas en premier lieu une étude sociologique.
Il s'agit avant tout d'un bon n'importe quoi, d'un exutoire où l'automutilation fait figure d'anxiolytique et décrispe les zygomatiques de ceux que le mauvais goût n'effraie pas. On ri donc – jaune, il va sans dire – devant les facéties autodestructrices de Hideshi et la bonne humeur naïve qui masque son désespoir. On s'interroge aussi face à l'absurdité de ce qui nous est montré comme à celle de notre réaction à ce curieux stimulus : mais comment diable un film aussi crétin que "HE NEVER DIES" fait-il pour mettre ainsi le spectateur face à lui même et à ses pulsions ? Dérangeant de rire devant des images aussi crades ? Certes, mais foutrement agréable aussi. Et, plus que tout le reste, c'est cette décontraction, cette désinvolture, qui réjoui à la vision de "HE NEVER DIES". Alors certes ce film va bien moins loin dans le trash que son prédécesseur, mais il garde à l'esprit d'ou il vient, comme dans cette mémorable scène dans laquelle Hideshi, après s'être fait hara-kiri, lapide son invité avec ses intestins, détournant au passage une scène issue de "DEVIL'S EXPERIMENT".

Le film souffre néanmoins de quelques évidentes maladresses, en particulier le fait de faire présenter le film par un pseudo scientifique américain façon « Les histoires extraordinaires de Pierre Bellemare » qui rend le film kitch au possible et le renvoie trente années en arrière dans l'histoire de la science-fiction. Sinon, financements rachitiques obligent, le film est tourné en caméra DV donnant au final une image crade et crue (style porno amateur), mais on peut être indulgent sur ce point de détail devant la qualité des effets spéciaux qui, une fois encore, font forte impression. On est toutefois obligé de reconnaître que le tout est filmé avec les pieds et que le réalisateur accumule les effets foireux. Quand aux acteurs,... et ben...

Mais ce n'est pas ce que l'on attend en premier de ce genre de films et force de constater que si "HE NEVER DIES" n'est en aucun cas d'un film extraordinaire, il se révèle assez singulier et bizarre pour mériter qu'on lui accorde un peu d'attention.
Note de : 6 sur 10
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Guinea Pig 3 - He Never Dies
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Jonas, Kevin - 24/05/2012 à 11:14
# 1

Formidavel

Sa note: 6/10
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