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Critique du film Demons 2

DEMONS 2

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Titre original : Demoni 2
Réalisé par Lamberto bava
Année : 1987
Pays : Italy
Durée : 97 min
Note du rédacteur : 10 / 10

L'HISTOIRE

A présent que nous savons, depuis le premier opus, que les démons existent bel et bien, il est temps de les inviter dans notre immeuble, à l'occasion de notre anniversaire ou du marche de Noël.

De toute façon, si on ne les laisse pas entrer, ils passent par notre téléviseur et s'attaquent à nos enfants, même pas encore nés. Même à la fille du Producteur.

Mais ce qui est vachement bien, c'est qu'il suffit d'appeler sa mère pour les faire fuir; et puis de toute façon ils meurent tout seul, en règle générale 1h30 après le début du film.

Le second Demons du tandem Argento/Bava est pourtant un chef d'oeuvre du genre. Explications.

LA CRITIQUE

On a beaucoup dit que le second "DEMONS" était un navet.

Le navet étant un aliment, reprenons la règle la plus sacrée de l'art culinaire: même un mauvais cuisinier ne peut pas faire un mauvais plat tant que les ingrédients sont bons.

Si David Edwin Knight ("WHO SHOT PAPATANKO?", film engagé et politique) est de la partie, c'est bon signe. Nancy Brilli a un Deodato ( réalisateur de "CANNIBAL HOLOCAUST") sur son CV. Et pour ceux qui questionnent la prestation de Coralina Cataldi Cassoni, ils n'ont pu qu'apprécier son talent dix ans plus tard dans le magnifique "FANTOME DE L'OPERA" d'Argento. Bobby Rhodes est énorme, et voir l'adorable pitchounette Asia Argento avant la puberté et la drogue, nous fait soupirer sur l'ange qu'elle aurait pu être (oui elle est belle quand-même, mais bon dans "LAND OF THE DEAD" elle a l'air sacrément amochée par la came). Même le petit garcon inconnu joue bien et juste. En fait, le seul véritable crime d'interprétation est Lamberto Bava lui-même, qui franchement aurait mieux fait de s'abstenir, d'autant qu'on se demande encore ce qu'il fout la et pourquoi l'héroïne elle veut pas qu'il vienne a sa boum.

Donc, pas d'erreur de casting, et c'est pas au-dessus qu'on va trouver une faute de goût: Dario Argento est le producteur et pour ainsi dire le Maître d'Oeuvre des deux films. Lamberto Bava souffre de la même malédiction que tout les fils de génies, mais sa carrière a la TV ritale nous laisse percevoir le réalisateur qu'il aurait pu être s'il avait été fils de pizzaiolo comme tout le monde.

Donc, les ingrédients sont bons. Cherchons le problème.

Je crois que c'est au niveau de Bava que se situe l'enjeu de la controverse:

Certes le premier "DEMONS" l'a rendu célèbre; mais son plus grand succès reste une fresque télévisuelle que M6 nous repasse chaque Noël: "LA CAVERNE DE LA ROSE D'OR", grand sommet du kitsch rital, a mi-chemin entre l'heroic fantasy et Chapi-Chapo, avec Kim Rossi Stuart (jeune acteur nul pour qui votre serviteur a une éternelle tendresse, vu qu'il doit une romance avec une ragazza a une prétendue ressemblance tendance Alain-Deloin-plus-Robert-que-Redford), Alessandra Martines (la go de Lelouch) et même, dans le rôle de la sorcière, une improbable Brigitte Nielsen sur le retour!!!!!!

Donc, tout ça pour dire que Bava est un réalisateur Kitsch, voire Kitschissime. Et je crois que c'est un choix délibéré d'Argento que de lui confier la réalisation de ces deux films, et je soupçonne notre Maitre Dario d'avoir demande a Bava d'en faire des tonnes sur "DEMONS 2".

Pourquoi? Parce qu'un Bava en roue libre supervise par Argento, ça donne un film baroque et surréaliste.

Demande-t-on a Bunuel de justifier un cheval mort sur un piano a queue, ou a Dali une horloge qui coule comme de la cire? Aurait-on idée de dire qu'Appolinaire ne fait aucun sens, ou qu'Ulysse de Joyce est illisible car sans ponctuation? Eh bien, jugez "DEMONS 2" de Bava sur ces même critères.

Car au-delà des contresens, voire incohérences, enfin carrément des inconnus dans le scénario (à quoi ça sert l'accident de voiture? Pourquoi l'autre il reste dehors a les attendre? Comment elle fait Asia pour faire fuir les demons rien qu'en appelant sa mère? Et pourquoi les démons finissent par leur foutre la paix? Et surtout, surtout, comment la demonne-star devient-elle aveugle?????), typiques du surréalisme, ce film d'horreur magistral répond a un seul mot-clef: l'intensité.

Le spectateur a tout intérêt a avoir pris sa respiration durant la mise en place (ah, les jeunes bourgeois pré-berlusconiens qui twistent sur "PANIC" des Smiths, quelques minutes avant d'être possédés....On dirait du Sclavi dans l'art du clin d'oeil plein d'à-propos). Car à partir du moment où l'héroïne souffle les bougies de son gâteau de boum d'anniversaire.......C'est gore non-stop et sans (aucun) tabou pendant une heure chrono.

Et là, tout y passe, avec fulgurance: la télé c'est le diable (Le scénariste de "RING" a-t-il plagié Argento et Bava????), la terreur de la possession tendance "EVIL DEAD", le huit-clos étouffant car dans un immeuble cloîtré, on ne sait plus qui est sur le point de "tourner", qui est possédé ou non (réminiscence encore "EVIL DEAD", mais peut-être encore plus "THE THING" du Maître Carpenter), afterbeat des enchaînements de plan-séquences pour que le spectateur ne se sente jamais tranquille, tabous malmenés (enfant possédé), exploration des angoisses (la plus belle scène du film, Asia enfermée dans une voiture, d'innombrables démons colles aux vitres, l'alpaguant et la fixant), bref un très grand film d'horreur, sans entracte, sans baisse de rythme, juste un crescendo gore ininterrompu, et que du lourd.

Au point que l'on se demande si la gaucherie apparente n'est pas l'issue qu'Argento propose aux spectateurs les plus effarouches pour prendre le recul qu'ils ne peuvent pas trouver dans la narration.

Je risque de me faire des ennemis, mais en fait c'est çà: je crois que ceux qui se montrent condescendant envers ce bijou de l'horreur surréaliste sont ceux qui n'ont pas le bide ou le cran de s'en imprégner, et je crois qu'Argento a fait preuve de miséricorde en leur laissant suffisamment de raisons de démontrer l'absurdité apparente du film, afin de les dédouaner de leur couardise, ou de leur faiblesse de caractère tout simplement.

Plus encore que "DEMONS", "DEMONS 2" est un genre à lui tout seul, le film d'horreur surréaliste kitsch. Terminons encore sur une hérésie: dans 30 ans (=50 ans après sa sortie), on se souviendra d'Argento en tant que Producteur de "DEMONS 2", au moins autant que réalisateur de "SUSPIRIA".
Note de : 10 sur 10
Publiée le
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DEIMOSDEIMOS - 30/08/2012 à 12:41
# 2

Un film que j'ai en ma possession mais que je n'ose plus regarder depuis que je l'ai vue en 1989 --'

The TrooperThe Trooper - 15/11/2007 à 18:05
# 1

un film que j'aime beaucoup egalement !

Sa note: 8/10
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