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Interview avec Herschell Gordon Lewis - Février 2004

Herschell Gordon Lewis - Février 2004

Oh My Gore : "Bonjour. Tout d'abord, laisse moi te dire que c'est un grand honneur pour moi d'avoir la chance de t'interviewer. Pourrais-tu te présenter aux lecteurs d'Oh My Gore ! qui ne te connaissent pas encore ?"

J'ai inventé le genre "Splatter" avec "BLOOD FEAST" dans les années 60. La plupart des informations sur ma carrière se trouvent sur mon site -- www.herschellgordonlewis.com.

Oh My Gore : "Avant de citer ton parcours cinématographique, pourrais-tu nous en dire un peu plus sur toi ? Pourquoi, quand et comment ta carrière s'est-elle orientée vers le cinéma ?"

J'avais la moitié des actions d'un studio de films publicitaires. Nous avions un équipement pour les films 35mm, et faire des films était la suite logique (j'ai aussi été professeur d'Anglais et de Sciences Humaines dans une université) ... j'ai écris et je continue d'écrire pour la publicité.

Oh My Gore : "Quels sont les films et/ou les réalisateurs qui t'ont influencés ?"

Il est impossible de répondre à cette question. Les influences sont trop subliminales pour être identifiées. Je n'ai jamais consciemment essayé de faire un film "dérivé" d'un film que j'avais déjà vu.

Oh My Gore : "Tu as réalisé un grand nombre de films dont les plus connus sont "BLOOD FEAST", "2000 MANIAQUES", "COLOR ME BLOOD RED", "THE GORE GORE GIRLS", tous tournés entre 1963 et 1972. Ce style était assez avant-gardiste pour l'époque... Quelle a été la réaction de ton entourage ?"

Beaucoup ne pouvaient simplement pas comprendre que qui que ce soit puisse délibérément regarder ces films. C'était des années avant que ce genre ne devienne à la mode. J'étais ce mec farfelu qui faisait des films tout aussi farfelus et qui avait un jeu de tennis passable.

Oh My Gore : "Et le public ? Répondait-il présent ?"

Jusque dans les années 80 j'étais un hors la loi dans l'industrie du film. Oui, des fans de gore me demandaient occasionnellement des autographes ou m'invitaient à des festivals d'Horreur / Science Fiction qui étaient rares à l'époque... mais la reconnaissance du grand public fût longue à venir.

Oh My Gore : "A-t-il été facile de trouver des producteurs et des distributeurs pour ces films ?"

Une fois que "BLOOD FEAST" avait ouvert le chemin, les distributeurs – toujours indépendants - étaient désireux d'avoir le film. Quand les majors ont commencé à dupliquer mon type de films, avec des noms de stars et des budgets pour les effets spéciaux, le marché s'est tari.

Oh My Gore : "Aujourd'hui, tu es devenu un réalisateur "culte" et tu en as influencé un bon nombre... Que cela t'inspire-t-il ?"

Que suis-je sensé en penser ? C'est certainement gratifiant d'avoir une reconnaissance de quelque sorte que ce soit. Il est indéniable que j'ai déclenché une révolution, un passage, un revirement soudain dans l'histoire du film. Mais je n'ai pas l'impression qu'un monument me soit dédié.

Oh My Gore : "Aurais-tu imaginé un jour atteindre ce statut lorsque tu as sorti "BLOOD FEAST" en 1963 ?"

Non, je ne m'y attendais pas. Je suis heureux d'avoir cette attention maintenant.


Oh My Gore : "Comment perçois-tu le fait que l'on te surnomme "l'inventeur du cinéma Gore" ?"

J'aime ca! Quand on m'appelle "Le Parrain du Gore", je m'en délecte.

Oh My Gore : "Justement, en tant que pionnier du cinéma Gore, n'est-il pas frustrant que le grand public ait pour références des réalisateurs plus médiatisés que toi, comme par exemple Peter Jackson... ?"

Ca ne m'ennuit pas plus que si les gens disaient que Shakespeare était meilleur écrivain que moi. Peter Jackson a le droit aux éloges qu'il a méritées.

Oh My Gore : "Pourquoi as-tu arrêté ta carrière en 1972, seulement 10 ans après l'avoir démarrée ?"

Comme je l'ai dit, les majors commençaient à faire le même type de films que moi, avec des effets spéciaux que mon buget ne pouvaient pas me permettre.

Oh My Gore : "Quelles ont été tes activités entre 1972 et 2003 ?"

J'étais toujours impliqué dans la publicité et le marketing. J'avais une agence qui fût rachetée plus tard par une plus grande. J'ai écrit 27 livres sur le marketing (avec un contrat en main pour le 28ème), j'ai écrit des colonnes sur la publicité et le marketing dans plusieurs magazines, et j'ai écrit des courriers, des e mails, et plusieurs genres de publicités pour divers clients.

Oh My Gore : "Aujourd'hui (ou plutôt en 2003), tu nous reviens avec un "BLOODFEAST 2", soit 40 ans après la sortie du premier. Etre derrière une caméra te manquait ?"

Bien sûr. Il n'y a pas de joie plus grande que celle de faire un film.

Oh My Gore : "As-tu toujours eu envie de réaliser ce deuxième opus ou existe-t-il d'autres raisons qui t'ont poussées à le faire ?"

Je voulais le faire et je suis disponible pour faire des films. Il est possible que des discussions que j'ai actuellement me mènent à en faire un autre.

Oh My Gore : "Lorsque l'on regarde "BLOOD FEAST 2", on a plus l'impression d'assister à un remake, non ?"

Je ne suis pas d'accord. Je n'ai pas écrit le script pour "BLOOD FEAST 2" mais j'y ai inclus de l'humour noir. La chose unique est que le spectateur rit, soudainement sursaute, puis rit encore.

Oh My Gore : "A ton avis, aura-t-il autant de succès que le premier ?"

Non.

Oh My Gore : "En parlant de remake, Tim Sullivan va sortir cette année "2001 MANIACS", le remake de "2000 MANIAQUES" avec Robert Englund. Quel effet cela te fait de voir l'un des tes films ainsi remaké ?"

D'un point de vue purement personnel, "2000 MANIAQUES" est le film que j'aurais préféré soutenir seul. D'un point de vue business, j'applaudis Tim Sullivan. J'ai cru comprendre que son film était bien fait.

Oh My Gore : "Est-ce que Tim Sullivan t'avait parlé du projet ? As-tu été impliqué d'une façon ou d'une autre dans celui-ci ?"

Je n'ai pas été impliqué de quelque manière que ce soit exception faite d'un intérêt paternel. Ils utilisent le thème musical original, que j'ai écrit, et c'est très gratifiant bien que quelqu'un d'autre l'interprète, avec des paroles changées.

Oh My Gore : "As-tu déjà vu le film et si oui, quelles sont tes impressions ?"

Je ne l'ai pas vu.

Oh My Gore : "Aurais-tu aimé réaliser ce remake ?"

Oui.

Oh My Gore : "Quelles sont les différences majeures entre faire un film en 1963 et faire un film en 2003 ?"

Faire des films maintenant, pour un producteur et réalisateur à petit budget, est infiniement plus facile. La vitesse du film est plus grande, la caméra a une lentille prismatique qui permet au réalisateur de regarder et passer l'action en revue sur un écran de télévision, et les effets qui m'auraient émerveillé sont disponible dans les magasins de farces et attrappes. En plus, l'acceptation du grand public existe, ce qui n'était pas du tout le cas en 1963.

Oh My Gore : "Ta carrière est-elle repartie pour 10 ans ? "

Ma carrière n'a pas besoin de recommencer. Je suis bien vu en tant que directeur en marketing... Je vis bien... Je parcours le monde... et je vais bien, que ce soit physiquement ou moralement.

Oh My Gore : "Si quelque chose était à refaire dans ta carrière, ce serait quoi ?"

Je me serais probablement dirigé vers la Californie et j'aurais pris un agent. J'aurais aimé faire un film avec un buget qui m'aurait laissé libre d'adapter des idées qui ont été étouffées par manque de financement adéquate.

Oh My Gore : "En tant qu'initiateur du mouvement, que penses-tu de l'évolution du cinéma Gore ?"

Ca serait arrivé tôt ou tard. Je suppose que grâce à moi c'est arrivé plus tôt.

Oh My Gore : "En tant que citoyen américain, quelle est ton opinion à propos du cinéma made in USA ?"

Je vois deux développement génants. D'abord, le cinéma américain est obsédé par les effets spéciaux. Geoges Lucas est à la fois l'ange et le démon, parce que les effets spéciaux surpassent l'histoire dans trop de films. L'autre développement génant est l'utilisation des films pour affirmer un point de vue personnel au lieu d'être un divertissement.

Oh My Gore : "Puisque Oh My Gore ! est un site français, j'aimerais savoir si tu aimes le cinéma de chez nous ? "

Habituellement oui. Les films français ont une subtilité avec laquelle les films américains, avec leur approche au marteau pillon, ne peuvent pas rivaliser.

Oh My Gore : "D'une manière générale, quels sont tes films d'horreur favoris ? Et ceux qui t'ont le plus effrayés ?"

Je n'ai pas vu de film contemporain que je qualifierais d' "effrayant". C'est parce que tout le monde peut anticiper ce qui va se passer ensuite. A une époque, mon film préféré était un film anglais, "THE WICKER MAN"... mais je l'ai re-regardé l'année dernière et il m'a ennuyé. Quand j'étais très jeune, j'ai été effrayé par la version originale de "DRACULA" dans lequel Bela Lugosi jouait le rôle du vampire.

Oh My Gore : "Avec quel acteur aurais-tu aimé ou aimerais-tu tourner ?"

Burt Lancaster était pour moi l'acteur achevé. Dans la nouvelle génération j'admire Charlize Theron comme tout le monde.

Oh My Gore : "Quel film aurais-tu aimé ou aimerais-tu réaliser ?"

J'aurais aimé réaliser "2001, L'ODYSSE DE L'ESPACE".

Oh My Gore : "Que penses-tu Oh My Gore ! ?"

Je n'ai pas assez de d'informations pour en tirer une opinion intelligente mais je suis impressionné par la profondeur de votre savoir et vos recherches.

Oh My Gore : "Merci pour cette interview, je te laisse le mot de la fin."

Juste : merci de vous rappeler qui je suis.
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