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Interview avec Catriona MacCol - Février 2008

Catriona MacCol - Février 2008

A l'occasion du Festival International WEEKEND DE LA PEUR de 2007, j'ai convié l'actrice Catriona MacColl à participer à un débat sur le cinéma de genre en compagnie de nos invités et du public. Difficile d'oublier ses passages de cette lady du genre dans les classiques de Lucio Fulci, la belle ayant officiée avec le bourreau pour plusieurs films traumatisants comme "L'AU-DELA", "FRAYEURS" ou encore "LA MAISON PRES DU CIMETIERE". Près de 25 ans après ses tournages, Catriona en aparté a livré aux organisateurs quelques anecdotes de tournage et autres confidences...
A propos de l'"AU-DELA"

Catriona MacColl : C'était un tournage très rude. Nous venions d'enchaîner deux semaines intensives en extérieur. On commençait tout juste les scènes en sous sol, nous restions des heures dans l'eau. Il y'avait énormément de stress sur le plateau et tout le monde était fatigué. Pour redonner le moral à la troupe, avec l'acteur Giovanni De Nava (interprète de Joe le plombier), à la cantine, nous faisions les idiots pour redonner le sourire aux autres, on buvait notre cognac et on partait courir à travers la pièce. Je me rappelle aussi que la cantine était situé en sous sol et les fenêtres donnaient sur une rue avoisinante, toujours avec Giovanni on essayait d'effrayer les rares passants en imitant des cris de monstres (rires).


A propos de "FRAYEURS"

Catriona MacColl : C'était sans nul doute le plus beau des tournages, j'ai des quantités de souvenirs. J'ai eu la chance de travailler avec des personnalités comme Giovanni Lombardo Radice ("CANNIBAL FEROX", "LA MAISON AU FOND DU PARC", "LA MALEDICTION") mais vous savez avec les années qui passent il est souvent difficile de tout se remémorer exactement. Je ne peux oublier "FRAYEURS", c'était sur ce film que Lucio Fulci m'avait auditionné. J'avais lu le scénario sans pour autant me soucier des séquences qui sont aujourd'hui terrifiantes. Je n'avais par ailleurs pas vraiment aimé ce qu'il s'en dégageait. Mais bon, je l'ai fait. A l'époque, je travaillais entre Londres et Paris, c'est mon agent qui m'a mis en relation avec ce grand cinéaste qu'était Lucio Fulci. Nous avons tourné pratiquement tout le film dans des décors naturels, tout était authentique. Y compris le cimetière dans lequel je suis enterrée vivante dans le film. Sur ce tournage, il y'avait aussi une séquence assez pénible, une pluie d'asticots, c'est d'ailleurs cet anecdote que je raconte souvent. Les plans éloignés ont été tournés avec du riz, mais pour les plans rapprochés, c'étaient de vrais asticots. Les autres acteurs ont plutôt bien supporté la scène, mais lorsqu'est venu mon tour, j'étais terrorisé. Je pleurais. La secrétaire de plateau m'a offert du Cognac pour me calmer. Je n'étais pas à l'aise mais ainsi j'ai appris à connaître Lucio Fulci de la sorte, il prenait un malin plaisir à laisser la caméra tourner pendant que je me débattais. J'ai découvert là un aspect de sa personnalité que je ne connaissais pas et qui m'a beaucoup dérangée. C'était un homme extrêmement tourmenté, mais très intelligent. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé pour qu'il se mette tout à coup à tourner des films d'horreur, alors qu'avant il avait fait des comédies. Il s'est sans doute avéré qu'il avait un certain talent pour ce genre de films.


A propos du cinéaste Lucio Fulci

Catriona MacColl : C'était un cinéaste remarquable, un bourreau prêt à réaliser 4 films sur une même année, c'était un fou aliéné, un perfectionniste, il nous emmenait à chaque fois plus loin et nous, fascinés, nous le suivons car nous savions au plus profond de nous que c'était bien plus que des images horrifiantes qu'il filmait. Les films de Lucio sont à voir comme des poésies contemporaines. C'est tout du moins ce que j'en conclus avec le temps. Chaque histoire comme "L'AU-DELA", "LA MAISON PRES DU CIMETIERRE" ou encore "FRAYEURS" doivent se lire comme des poésies macabres.


A propos de Pascal Laugier

Catriona MacColl : Pascal est un vrai fan de genre, il connait ses classiques. Nous avons parlé des heures de films et de romans fantastiques, je me rappelle qu'il avait une sacré réparti, ça me plaisait de l'écouter. C'est un grand fan du cinéma de Lucio Fulci. Il voulait que je participe à "SAINT ANGE" en tant que clin d'œil et hommage à Lucio. Il était prêt à tout pour que j'accepte. C'était une période pendant laquelle je ne souhaitais plus renouer avec le cinéma de genre. Vous savez on est très vite catalogué actrice de genre, et j'ai connu par la suite quelques galères. Pascal est une personne très impliquée. Il nous a fait partir en Roumanie avec Virginie Le Doyen, Lou Doillon, et la merveilleuse Dorina Lazar. C'était une expérience agréable. Pascal réalise son second long métrage actuellement, j'espère qu'il aura tout autant de réussite.


A propos de son détachement au cinéma de genre

Catriona MacColl : Après "FRAYEURS" et "LA MAISON PRES DU CIMETIERRE", Lucio avait un autre scénario dans lequel il souhaitait une nouvelle fois me faire tenir le premier rôle. J'avais soif de nouveautés. J'ai préféré interrompre notre collaboration tout du moins sur ce genre de cinéma. Je voulais m'essayer sur autre chose. Mais comme je vous le disais, il fût très difficile pour moi de trouver de vraies opportunités. J'étais cataloguée. Pendant longtemps, je me suis senti frustré d'avoir participé à certains de ses films. J'avais envie de jouer la bonne mère de famille et non plus la jeune femme qui côtoyait des zombies (rires).


A propos du Festival WEEKEND DE LA PEUR

Catriona MacColl : C'est la possibilité comme le souligne les organisateurs de rencontrer des personnalités et de voir des films inédits. Quand je suis arrivé et que vous m'avez présenté, j'étais ravi de voir que plusieurs générations de fans étaient présentes. Certains ne savaient même pas qui était Lucio Fulci et d'autres portés des teeshirts à l'effigie de certains de ses films. C'est aussi l'occasion de rencontrer d'autres invités comme Diana Barrows ("VENDREDI 13 UN NOUVEAU DEFI", "LES CAUCHEMARS DE FREDDY") avec qui j'ai certains contacts en commun ou encore l'illustrateur Laurent Melki. C'est un artiste incroyable. Je suis impressionné par son talent. C'est une rencontre très forte, je suis resté étonné devant la future couverture d'un numéro spécial de Mad Movies (numéro 200). Il semblait très ému de me rencontrer.


Un possible comeback ?

Catriona MacColl : Je ne sais pas. A vrai dire, si j'ai la possibilité de travailler sur une histoire intéressante alors oui, je refranchirais le pas mais bien évidemment, je suis avant tout une actrice d'un certain âge, aujourd'hui, je ne peux plus m'engager comme à mes débuts sur des personnages sans étoffe. C'est avant tout une séduction qui doit s'opérer entre le réalisateur et moi avant que je donne ma parole.
Mais je reconnais que j'ai toujours eu énormément de sollicitation pendant toutes ces années. D'un autre côté je suis toujours aussi touché de voir que certains fans de Fulci se souviennent de mes participations et qu'ils me demandent si j'ai des nouveaux projets. Je me dis alors pourquoi pas revenir prochainement oui, mais avec de beaux rôles bien évidemment. Le cinéma de genre est un cinéma qui m'a beaucoup apporté finalement.


Un cinéaste que vous appréciez ?

Catriona MacColl : Quentin Tarantino, ce n'est pas la première fois que je le cite (rires).
Sur "KILL BILL" il rend hommage à Lucio justement et la scène du cercueil.


A propos de "TERROR PROJECT 6" ?

Catriona MacColl : J'ai lu le script de Corps Vivants en juin dernier. Les créateurs m'ont paru très motivé à me soumettre cet essai. C'est un format court, un peu comme la série "SABLE NOIR" pour laquelle j'ai travaillé sous contrat avec une vraie production. Ici, le projet me plait par le fait qu'il est construit et unit par une meme force de jeunes talents qui veulent progresser. Je sais qu'il y'aura des avants premières en 2008, il se pourrait que je participe à une date.


Le dernier film d'horreur et/ou Fantastique vu?

Catriona MacColl : Ce n'était pas un film d'horreur mais plutôt fantastique, il s'agit de "LA SECTE SANS NOM" de Jaume Balaguero. C'est un cinéaste très doué. J'ai vu aussi récemment "LE VILLAGE" de Michael Night Shyamalan.


Votre premier frisson devant un film de genre ?

Catriona MacColl : "LA MAISON DU DIABLE" de Robert Wise.


Merci pour cette entrevue Catriona.

Catriona MacColl : Merci à vous pour l'invitation.


Propos recueillis par Cendrillon is dead
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Richie - 07/08/2008 à 10:36
# 3

Bonjour,

je suis un grand fan de Fulci.J'ai pu aprécier le charme de ses perrsonnages incarnés par d'excellents acteurs dont nous n'avons plus de nouvelles ou qui ne sont pas connus en France.Je pense par exemple à la très belle Emiliy Robins(le plus beau et cruel des zombies), alias Antonella Interlenghi.Très bonne prestation dans le film "Frayeurs".Serait -il possible d'avoir quelques infos sur elle, notemment sur son actualité?Cette femme est décidement très mystérieuse...
Merci d'avance et à bientôt.
Richie

ArgentoCorpseArgentoCorpse - 29/04/2008 à 20:49
# 2

Moi aussi Killjoy, mais l'erreur de sa vie fut d'accepter de jouer dans un épisode de plus belle la vie!!
Je ne m'en remettrai jamais!

KilljoyKilljoy - 28/03/2008 à 22:10
# 1

c'est ELLE la plus belle, la plus classe, la plus mythique des actrices... je lui voue un culte sans limites...

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