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Critique du film Watchmen

WATCHMEN

Titre original : Watchmen
Réalisé par Zack Snyder
Année : 2009
Pays : USA
Durée : 162 min
Note du rédacteur : 8 / 10

L'HISTOIRE

Watchmen se déroule à New York,en 1985. Alors qu'une guerre nucléaire menace d'éclater, les Watchmen - un groupe de super-héros justiciers mis hors la loi quelques années plus tôt - reviennent sous les feux de l'actualité par les pages des faits divers. Edward Blake, alias le Comédien, a été assassiné. Rorschach, un de ses anciens partenaires agissant désormais dans la clandestinité, est persuadé qu'il s'agit d'un complot. Il contacte tous les anciens membres des Watchmen...

LA CRITIQUE

Compte tenu de l'attente suscitée, compte tenu de la réputation d'Alan Moore et de son roman graphique à l'origine du film, compte tenu de la prétendue impossibilité d'adaptation d'icelui, compte tenu de la personnalité du réalisateur Zack Snyder, et enfin compte tenu de bandes-annonces 'tuantes', comment ne pas être déçu de ces "WATCHMEN" ?

Réponse simple : réussir à ignorer tout ce contexte, tous ces éléments qui tendaient à nous faire espérer le plus grand film de l'année peut-être, le meilleur film de super-héros sûrement.
Ni l'un ni l'autre au final, mais un putain de film qui a su se préserver une part de subversion bienvenue à l'heure où le public se voit servir des comédies cyno-sentimentales débilitantes. "WATCHMEN" est certes long, mais prend le temps, et c'est assez rare pour être souligné, de dépeindre des personnages pour le moins atypiques, et une époque troublée où Nixon a gagné la guerre au Vietnam et où le monde risque de basculer dans la guerre froide nucléaire. Par petites touches, avec un sens du détail qui ne paie pas de mine, Snyder installe un climat et un discours noirs, politiquement incorrects, subversifs - donc -, et terriblement pessimistes. La faute (grâce à) une narration à la première personne, le film se déroulant, après le meurtre du Comédien, comme le journal intime de Rorshasch, le personnage de loin le plus sombre de la bande, mais également le seul qui a encore une éthique, un sens des valeurs humaines (son trauma a de quoi écœurer n'importe qui de l'homme).

Derrière Rorchasch, incarné avec une conviction extrême par Jackie Earle Haley, les autres super-héros y vont de leur petite faiblesse, l'une d'un manque d'amour, un autre de sentiments, un autre d'érection, etc. Comme on l'a dit ailleurs, Superman est dépressif et Batman bande mou. Quoi qu'il en soit, le casting de presque inconnus s'en sort merveilleusement bien, chacun dans son rôle.
Reste cependant une énigme à laquelle on répond assez rapidement : le peu de temps de jeu accordé à Ozymandias, comme si le scénario voulait préserver coûte que coûte son twist, mais provoquant l'inverse, malheureusement. Cela sera le seul 'hic' d'une histoire essentiellement visuelle - entendez par là que la trame n'est pas ou peu considérée par Snyder, jusqu'à ce que celle-ci le rattrape par intermittences.

Alors oui, forcément, rythmiquement parlant, on peut râler devant ce déséquilibre entre climax et séquences dialoguées. De fil en aiguille, on pourrait en venir à se fâcher tout rouge face à l'accumulation de ralentis devenus la marque de fabrique du réalisateur de "300". Et pourtant, tout cela participe d'une idée de mise en scène tournant judicieusement autour de la notion de temps, plus précisément de la circularité (le symbole de l'horloge revenant régulièrement), qui commence par un passage de témoin entre les anciens et les nouveaux Watchmen, et qui se clôture par la réouverture du journal de Rorchasch. L'idée même avancée par certains qu'il pourrait y avoir une suite est balayée d'emblée par ce motif. Si le Hibou prononce ces mots 'rien ne finit jamais', c'est bien pour évoquer un éternel recommencement, pour dresser un dernier constat amer sur la nature humaine intrinsèquement guerrière. Dans cette optique de la torsion temporelle, Snyder joue logiquement avec les arrêts sur images, les ralentis, les flashbacks, et, avec un sens de la compilation tout tarantinien, quoique parfois légèrement forcé, un choix de chansons qui transforme chaque séquence 'musicale' en un morceau de bravoure, que ce soit le générique sur du Bob Dylan, l'enterrement du Comédien au 'Sound of silence' de Simon & Garfunkel, les ébats torrides sur l'Hallelujah de Leonard Cohen (réarrangement qui transpire l'érotisme à plein nez), ou enfin l'arrivée en hélico sur fond d'Hendrix (All along the watchtower).
C'est plus qu'il n'en faut pour libérer nos sensations, pour un film à la fois abstrait et éminemment concret.

"WATCHMEN" se regarde comme une mosaïque, un puzzle d'images, d'idées, de couleurs, de teintes, de tonalités, jouant aussi bien la carte de l'humour pas finaud que celle du gore outrancier et gratuit. Loin de la perfection tant souhaitée par les gardiens du temple d'Alan Moore, souffrant parfois d'immaturité (Snyder est encore jeune), le film n'en demeure pas moins une claque, un vrombissement d'idées qui recouvre le murmure de menus défauts.

Who watches the Watchmen ? I do, sir !
Note de : 8 sur 10
Publiée le
Watchmen
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CannibalorCannibalor - 14/05/2010 à 07:41
# 1

Trop fort!! Mais pour ceux qui s'attendent à voir un film de super - héros à la Spider - Man, c'est raté...

Sa note: 8/10
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