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Critique du film Tomie

TOMIE

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Titre original : Tomie
Réalisé par Ataru Oikawa
Ecrit par Ataru Oikawa
Année : 1999
Pays : Japan
Durée : 95 min
Note du rédacteur : 3 / 10

L'HISTOIRE

L'inspecteur de police Harada enquête sur une certaine Tomie Kawakami qui aurait été ces dernières années la victime de plusieurs meurtres et que de ce fait il soupçonne de ne pas être tout à fait humaine. Il va chercher de l'aide auprès d'une psychanalyste qui soigne une ancienne amie de Tomie ayant été témoin d'un de ces meurtres mais qui depuis a perdu la mémoire.

LA CRITIQUE

"TOMIE" est à l'origine un manga de Junji Ito (en français chez Tonkam), auteur phare du manga d'horreur dont l'œuvre majeure reste le fameux "SPIRALE", lui aussi adapté au cinéma par Higuchinsky dans le très étrange "UZUMAKI". En pleine vague post-"RING" (sortit un an auparavant), "TOMIE" surfe un peu sur la mode du moment, le film d'horreur psychanalo-pseudo-intelligent, et ma foi a du relativement bien surfer puisque se sont par la suite enchaînées pas moins de cinq séquelles (ou six en comptant l'épisode TV) (décompte fin 2005, si ça se trouve c'est pas fini) toutes indépendantes les unes des autres et avec des castings différents.

Tomie pourrait sans problème représenter l'archétype du monstre increvable : en effet, non contente d'être immortelle et de ne pas vieillir, osez seulement la tuer qu'elle ressuscite aussitôt et commettez l'erreur de vouloir la découper en morceaux que chaque partie de son corps générera une nouvelle Tomie (Jason peut aller se rhabiller !). Le monstre se propage donc à la manière d'un virus, séduisant les hommes et les poussant à la folie jusqu'à ce qu'ils craquent et la tue, devenant par là vecteur de l'expansion de leur cauchemar.

Dans l'ensemble, même s'il ne reprend pas particulièrement les recettes de "RING" et consorts, "TOMIE" reste un « film d'horreur asiatique » dans tout ce qu'il y a de plus classique, même s'il est plus brute et crade que certains. Le rythme y est donc très lent et on y montre peu : "TOMIE" ne fonctionne pas sur l'explicite, malgré quelques passages brutaux mais furtifs (ce qui en fait le film le plus « sanglant » de la série, ce qui n'est finalement pas grand chose) et préférera jouer sur l'ambiance et l'ambiguïté. Ce n'est pas forcément un problème, ça marche très bien avec d'autres. Mais en toute honnêteté, dans "TOMIE" ça passe pas des masses. La faute sans aucun doute à un récit trop linéaire et sans grande originalité ni grande surprise, qu'on se contente de suivre en tentant tant bien que mal de garder les yeux ouverts. Aussi au fait que le personnage de Tomie (dont le manga et certaines des suites démontrent pourtant le potentiel) n'est pas assez développé et reste fortement sous-exploité. Sans oublier que dans ce genre de films d'horreur, la tension se doit de s'installer progressivement, de monter en puissance tout le long du film jusqu'à l'apothéose finale et que justement dans "TOMIE" la tension reste tout le long au point mort et la fameuse apothéose tombe à l'eau. Il faut quand même dire que la fin est assez convenue, voir même un peu naze.

Ce scénario peu inspiré (pourtant, avec tous les mangas, il y avait de quoi pomper) et parfois fumeux (par exemple, le meurtre de la première fille est injustifié) n'est malheureusement pas sauvé par la mise en scène, qui se cherche entre académisme plat et quelques effets et jeux de manches sans grande virtuosité. On regrettera aussi que le film fasse trop peu de cas (voir pas du tout) du baroque tarabiscoté et des corps distordus qui composaient pourtant un des intérêts majeurs des manga (très bien utilisé dans "UZUMAKI", autre adaptation de Ito), ce qui aurait pourtant relevé cette sauce un peu fadasse. Finalement, seule la bande son, assez efficace dans son genre, épice un peu l'ambiance et compense dans une certaine mesure la mollesse de la mise en scène.

Au casting, on a le plaisir de retrouver Tomoroh Taguchi (l'inoubliable post-humain chromé de "TETSUO") dans un de ces rares rôles principaux. Le reste du casting (mise à part Yoriko Dougushi, très bien dans le rôle de la psy) est moins brillant, et parfois les jeunes actrices ont vraiment l'air de crétines finies. Et pis le rire qu'ils font prendre à Tomie est, il faut le dire, atrocement horripilant en plus d'être forcé et ridicule.

Finalement, à la vue de ce film on se demande bien ce qui a pu pousser les producteurs à creuser le filon et à faire des suites. Bon, c'est vrai que considérés "REPLAY" et "FORBIDDEN FRUIT", on peut légitimement se dire que tout ça n'a pas été vain, mais il n'en manque pas moins que "TOMIE" premier du nom laisse le spectateur fortement sceptique.
Note de : 3 sur 10
Publiée le
Tomie
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