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Critique du film Solitaire

SOLITAIRE

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Titre original : Rogue
Réalisé par Greg McLean
Ecrit par Greg McLean
Année : 2007
Pays : Australia / USA
Durée : 99 min
Note du rédacteur : 8 / 10

L'HISTOIRE

Australie. Le reporter cynique américain Pete McKell rejoint un groupe disparate de touristes pour une splendide croisière sur les eaux sauvages du Kadaku National Park. Mais à la suite d'un étrange accident, leur embarcation fait naufrage. Alors que le groupe attend en vain d'être secouru, un crocodile géant mangeur d'hommes apparaît à la surface de l'eau...

LA CRITIQUE

Pour bien comprendre comment mieux apprécier "SOLITAIRE", il faut revenir loin dans le passé. J'ai vu "WOLF CREEK" au cinéma : 3 pelés et un tondu dans la salle, qui se posent des questions devant ce survival pas comme les autres, prenant et flippant. Le film reste dans un coin de ma mémoire, jusqu'au jour où je décide de le revoir sur petit écran : et là aller-retour joue droite, joue gauche ! Importance d'une deuxième vision qui, déshabillée des a priori et attentes déçues, dévoile la teneur d'un métrage essentiel de l'histoire du genre. Bref, le nom de Greg McLean est noté dans la catégorie réalisateur à suivre "à la culotte", et lorsque surgit l'annonce de son nouveau projet, je salive. "ROGUE", puisque c'est son premier titre France, nagera dans les eaux troubles d'un crocodile géant qui mange du touriste comme d'autres des chips : goulument. Mais plus la sortie se rapproche, plus les embûches (sortie repoussée, retitrage anonyme) parsèment le parcours d'un film destiné à être, finalement, comme "WOLF CREEK", sacrifié pour une sortie technique. Le grand multiplexe à côté de chez moi le diffuse pendant une semaine avant de le remplacer par...Rien que pour vos cheveux. Heureusement, alors en vacances, je retrouve l'affiche de Solitaire au fronton d'un petit cinéma qu'on pourrait qualifier de quartier. C'est l'heure pour moi d'assister au petit déj' du bestiau.

Là encore, personne dans une salle qui sent bon le vécu, dont les murs semblent imprimés par la multitude de séries B qu'ils ont dû voir. Et "SOLITAIRE" fait office d'invité de marque dans ce musée chloroformé. McLean évolue dans le genre avec une aisance désarmante, tant le film de monstre, qui plus est aquatique, a connu peu de succès pour beaucoup de navetons. Comment ne pas tomber dans la facilité en prenant appui sur "LES DENTS DE LA MER" ? comment ne pas tomber dans le ridicule qui règne dans la plupart des croco-attacks ? McLean répond par la simplicité, et surtout en maintenant le style qui a fait ses preuves sur "WOLF CREEK".

A y regarder de près, ses 2 films sont quasi-identiques : un groupe (que ce soit 3 personnes dans le 1er, ou une bonne 10aine dans le 2nd) se trouve aux prises avec quelque chose qui veut les tuer, dans un décor tout aussi hostile au milieu de nulle part. Règle des 3 unités de la tragédie grecque, soumise au personnage principal, le Rogue, présenté, comme le Crocodile Dundee de "WOLF CREEK", comme une entité mystique, immémoriale et invincible : un dieu des enfers déchaîné prêt à défendre l'idée de territorialité chère à McLean. La nature reprend ses droits sur l'Homme et entend lui faire payer ses agissements contre elle.

Sur la forme, le réal s'inspire de Spielberg pour ne dévoiler son monstre que parcimonieusement, mais pour le reste, va encore plus loin dans la mise en scène des attaques. Spielberg joue avec le score de John Williams et d'une caméra virtuose pour introduire la mort au sein de son histoire ; McLean, lui, préfère la tension insensible mais prégnante, le montage, le hors-champ, et la surprise déjouant toute attente convenue (à peu de choses près) : les victimes commencent par disparaître littéralement du champ, à l'insu de tous même et surtout du spectateur. Et quand le monstre se fait visible, c'est avec une économie de gore rare pour ce type de production.

Car McLean, s'il ne délaisse pas pour autant sa "tête d'affiche", préfère se concentrer sur ses personnages "humains" : le plan de cet homme déversant les cendres de sa défunte épouse suffit à créer une émotion véritable et durable. Il n'y a pas de méchants ni de gentils, écueil classique du film de monstre ; juste un brassage d'émotions qui mettent à mal ou consolident les relations humaines. Malgré tout, et il faut bien reconnaître quelques défauts à "SOLITAIRE", ce traitement impartial a tendance à s'effriter vers la fin, un final moyennement convaincant, dans la mesure où les SFX sont grossiers sur certains plans, et où le happy-end pointe son nez alors que l'on aurait aimé la même radicalité que dans "WOLF CREEK".

Dommage donc que ce ne soit pas la Nature et sa créature préhistorique qui sortent vainqueurs de cette lutte ancestrale. Mais voilà, McLean a préféré prendre position pour une humanité à laquelle il doit espérer avoir donner une sacrée frousse. Intention louable, qui, de chef-d'œuvre, fait passer Solitaire au rang de film juste meilleur que les 3/4 de la production actuelle. En tous cas, meilleur film de croco. Et c'est déjà pas mal.
Note de : 8 sur 10
Publiée le
Solitaire
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lirandellirandel - 14/11/2009 à 16:38
# 1

je trouve cette critique juste est impartiale,tout est dit.La fin cependant m'à terriblement déçu ; encore un héros américain qui sauve tout le monde ce n'est plus rasant à la fin mais carrrément ridicule de patriotisme virant au prosélytisme infantile navrant....
néanmoins pas de français dans ce petit groupe pour jouer un role de traitre ou de lache...c'est aps si mal lol !

Sa note: 6/10
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