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Critique du film Seasoning House, The

SEASONING HOUSE, THE

Titre original : The Seasoning House
Réalisé par Paul Hyett
Année : 2012
Pays : UK
Durée : 89 min
Note du rédacteur : 4 / 10

L'HISTOIRE

Séquestrée dans un bordel servant de repaire à des criminels de guerre, une jeune sourde muette prépare son évasion.

LA CRITIQUE

Vendu comme un film féministe lors de sa présentation au PIFFF, on s'attendait plus ou moins à un "rape and revenge" à l'issue jouissive, qui rendrait justice à d'infortunées victimes. Dans "THE SEASONING HOUSE", il est en effet question de "rape", et même de "rapes", perpétrés sur des jeunes filles faîtes prisonnières par une bande de militaires ultra brutaux en temps de guerre.

Toute la première partie du film semble aller dans la direction d'une dénonciation d'exactions (certainement fondées sur des faits réels ou tout du moins tout à fait crédibles), dans le contexte du conflit sanglant en ex-Yougoslavie. Les décors et les conditions de survie des filles, arrachées à leur famille et retenues captives dans une maison de passe particulièrement sordide, sont à la limite du soutenable pour le spectateur, d'autant qu'on imagine aisément que de tels agissements puissent avoir réellement eu lieu.
On assiste, aussi impuissants que l'héroïne sourde-muette, à l'horreur vécue par ces femmes avilies et déshumanisées, soumises quotidiennement à l'extrême violence de clients peu enclins au romantisme... Dans ce climat excessivement lourd, les rituels de préparations répétitifs accomplis par celle que l'on appelle Angel finissent par sérieusement traîner en longueur, mais qu'importe après tout, pourvu que le jeu en vaille la chandelle.

Seulement voilà, si les thèmes abordés auraient pu susciter l'intérêt, les viols à répétition semblent n'être qu'un prétexte éhonté pour nous servir un vulgaire survival... Ainsi, toute la suite du film laisse la désagréable impression d'exploiter un sujet délicat à des fins peu louables, avec pour seule ambition de provoquer des sensations fortes chez le spectateur sans réellement dénoncer quoique ce soit. On ne saisit pas le message que veut faire passer ce premier long métrage de Paul Hyett (dont le domaine de prédilection était jusqu'à présent les effets spéciaux), ni même s'il en véhicule réellement un...
La violence y est la plupart du temps gratuite et dans son ensemble, "THE SEASONING HOUSE" manque cruellement d'intensité émotionnelle, à l'image du personnage interprété par Rosie Day, qui n'a d'empathie qu'envers une nouvelle prisonnière simplement parce qu'elle comprend la langue des signes, comme si toutes les autres ne méritaient pas sa compassion. D'ailleurs ce ne sera ni la révolte devant le traitement ignobles des malheureuses recrues, ni la volonté de les sauver de leur condition qui poussera l'héroïne à agir contre leurs bourreaux, mais bel et bien une motivation toute personnelle, à savoir la vengeance envers les assassins de sa famille.

Finalement, les victimes sont reléguées au second plan, réduites à l'état de toile de fond (et abandonnées à leur triste sort...) pour tenter vainement de donner du crédit à un récit qui ne mène pas à grand-chose. En outre, comment ne pas s'interroger sur les intentions du réalisateur devant les quelques touches pseudo-humoristiques et les rebondissements qui finissent par sombrer dans le ridicule jusqu'au twist final ?
Pathétique...
Note de : 4 sur 10
Publiée le
Seasoning House, The
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