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Critique du film Mirages

MIRAGES

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Titre original : Mirages
Réalisé par Talal Selhami
Année : 2009
Pays : Maroc
Durée : 105 min
Note du rédacteur : 7 / 10

L'HISTOIRE

Cinq personnes aux profils très différents se retrouvent en compétition pour décrocher un emploi prestigieux à la Matsuika, une multinationale installée au Maroc. Après un entretien avec le PDG, les candidats se voient proposer une ultime épreuve pour déterminer le gagnant, dans un lieu tenu secret. Ils acceptent et embarquent à bord d'un minibus dépourvu de vitres.

LA CRITIQUE

Avant toute chose, il s'agit d'un premier film. En disant cela, il ne s'agit pas de susciter l'indulgence.
Mais pour ceux qui voudraient y chercher des défauts, ils trouveront forcément toutes les erreurs que l'on veut trouver dans un premier film. Néanmoins, le montage est bon, le jeu d'acteur est crédible, et l'histoire tient la route. Malgré tout, "MIRAGES" mérite que l'on s'attarde sur son sort, non pour son aspect technique, mais pour l'histoire qu'il nous narre, métaphore de la société marocaine tiraillée entre modernité et tradition.

Pour apprécier et comprendre le film, il faut se placer dans le contexte de la société méditerranéenne où la famille, le groupe, le village passent avant l'individu. Le réalisateur place donc les personnages devant des choix contradictoires : individualisme ou valeurs collectives, archaïsme ou nouvelles libertés, modernité ou tradition, ultra-libéralisme ou société traditionnelle, choix qui finissent par mettre en opposition l'individu et son humanité.

Par exemple, le film commence par un licenciement : le héros est contraint de dénoncer un membre de sa famille, qui est licencié. Plus tard, l'unique candidate gifle un homme (scène banale dans le cinéma occidental, mais quel symbole dans la société marocaine !!!)
Enfin, la dernière scène, pleine de symbole, où le héros ne se sauverait pas lui-même s'il en avait l'occasion. Le film est presque un huis clos, et aurait pu être monté dans un théâtre : le réalisateur fait le choix pertinent de placer l'action dans le désert, à l'écart de la civilisation, laissant les personnages livrés à eux-mêmes, confrontés à eux-mêmes. Il en ressort une atmosphère pesante, où "l'enfer, c'est les autres", "l'enfer, c'est nous-mêmes", et où le sentiment de culpabilité des personnages sous-tend leurs actions, leurs réactions. Confrontés à leurs démons, à leurs traumatismes, les 5 personnages s'allient, se déchirent, se détruisent.

L'aspect fantastique du film (mirages ou réalité, réalité des mirages ou mirage de la réalité) est assez troublant pour le spectateur. Néanmoins, si vous souhaitez voir un film d'action, passez votre chemin : il s'agit avant tout d'un film d'ambiance, purement psychologique. Et, si le spectateur ne rentre pas dedans, le film peut vite se révéler pénible.

Bref, un film fantastique intelligent qui mérite d'être vu, non comme un premier film, mais bien comme une fable moderne des milles et une nuit.
Note de : 7 sur 10
Publiée le
Mirages
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