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Critique du film Maison Du Diable, La

MAISON DU DIABLE, LA

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Titre original : The Haunting
Réalisé par Robert Wise
Année : 1963
Pays : USA
Durée : 112 min
Note du rédacteur : 8 / 10

L'HISTOIRE

Pour mener à bien ses expériences de parapsychologie, le professeur Markway réunit un groupe de personnes ayant vécu des expériences paranormales à Hill House, une vieille demeure réputée hantée. Il s'entoure de deux jeunes femmes que tout oppose et du futur héritier du château, un homme rationnel et moqueur. Rapidement, ils vont devenir les témoins de phénomènes étranges et inquiétants. Eleanor, qui semble la plus sensible aux lieux, refuse d'abandonner l'expérience comme le lui conseille Markway, et prétend que la maison la retient...

LA CRITIQUE

Pas besoin de jouer les nostalgiques pour vouloir replonger avec délice dans le sublime noir & blanc de "LA MAISON DU DIABLE"... Depuis sa sortie en 1963, le film de Robert Wise (adapté du roman de Shirley Jackson, The Hauting of Hill House) est devenu une référence incontournable des classiques de l'angoisse, et plus particulièrement de maison hantée. Mais surtout, il semble ne pas avoir subi les assauts du temps, tout comme "AMITYVILLE", "POLTERGEIST", "L'ENFANT DU DIABLE", ou "SHINING". Le secret d'une aussi belle longévité, Robert Wise l'a puisé chez le Maître de l'angoisse des années 60 : à la manière d'Hitchcock, Robert Wise mêle fantastique, épouvante et psychologie, et adopte une mise en scène intelligente mais surtout sensorielle.

C'est d'ailleurs après une fuite en voiture qui n'est pas sans rappeler "PSYCHOSE", qu'Eleanor, découvre le mystérieux château : sous ses yeux ébahis se dresse une grande et majestueuse bâtisse de pierre, aux murs percés de hautes fenêtres et d'arcades, et que des plongées et contre-plongées rendent encore plus vertigineux. Ses premiers pas à l'intérieur sont ceux d'une petite fille en terrain inconnu. Pas d'âme qui vive, si ce n'est la présence glaçante de la maîtresse de maison, acariâtre et autoritaire, qui apparaît et disparaît dans les pièces tel un fantôme. Errant dans les dédales de couloirs, parcourant les salles obscures et les escaliers interminables, Eleanor finit par rencontrer les uns après les autres ses futurs compagnons.

Mais c'est avant tout avec la maison que l'on fait connaissance. On découvre un environnement baroque, lugubre et confus, et de vastes pièces (sans angle droit, comme le précise Markway) qui croulent sous le poids des accessoires. Un décor angoissant, que Robert Wise filme avec une grande minutie. Wise était monteur sur les films de Orson Welles, c'est peut-être ainsi qu'il se forgea un sens aigu du cadrage et de la composition. Tout son travail contribue à perturber notre perception : le noir et blanc très contrasté exploite brillamment les jeux d'ombre, les angles insolites rendent la géométrie des lieux toujours plus curieuse. Les miroirs omniprésents apportent une profondeur illusoire à ces pièces biscornues, et la caméra, souvent mobile, fait subitement entrer des statues dans le champ, comme s'il s'agissait de personnages. Robert Wise démontre ici l'étendue de son talent de metteur en scène et parvient rapidement à rendre cet espace incroyablement vivant et menaçant. On pensera encore une fois à "PSYCHOSE". Mais si on le lui demandait, Eleanor aurait sans doute préféré passer ses nuits dans l'hôtel de Norman Bates tant les soirées au château se révéleront angoissantes.

S'appuyant tantôt sur des mélodies percutantes à la Bernard Hermann (signées ici Humphrey Searle) tantôt sur une bande-son bruitiste, Robert Wise réveille les sens et l'imaginaire du spectateur : grincements, grognements, ricanements stridents, craquements d'une porte en bois qui se déforme comme du cuir, hurlements d'enfants, bruits de pas sourds que la caméra suit en balayant les murs... Le hors-champ joue ici un rôle essentiel. Et Robert Wise exploite largement les sensations corporelles et les réactions horrifiées de ses personnages.

Et il peut compter sur le talent de ses deux actrices, qui portent le film sur leurs épaules.
Tout particulièrement Julie Harris, remarquable en jeune femme naïve et névrosée, troublée par cette maison, l'expérience du professeur Markway, et par l'amitié trouble que lui porte Theo. Gracieuse et sexy, probablement homosexuelle, Theo est une femme médium qui lit dans ses pensées comme dans un livre ouvert. Claire Bloom s'y révèle fascinante et entretient l'ambiguïté de son personnage tout au long du film. En s'attardant ainsi sur les relations entre les personnages, le scénario mêle habilement psychologie et fantastique, et permet de multiplier les pistes de lecture. Hitchcock n'aurait pas fait mieux.

"LA MAISON DU DIABLE" fera l'objet de deux remakes imparfaits ("LA MAISON DES DAMNES" réalisé en 1973 par John Hough, et "HANTISE" de Jan de Bont), grand classique du cinéma d'épouvante, le film de Robert Wise a tous les éléments pour vous horrifier la nuit tombée.
Note de : 8 sur 10
Publiée le
Maison Du Diable, La
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la pite gothique du 79.com - 05/03/2008 à 11:23
# 2

moi sa plé c génial

Sa note: 10/10
ManiakManiak - 30/01/2008 à 15:47
# 1

Immense classique, qui n'a pas vieilli et demeure toujours aussi terrifiant, à chaque visionnage!
Robert Wise est un maître!

Sa note: 10/10
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