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Critique du film Fils de l'Homme, Les

FILS DE L'HOMME, LES

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Titre original : Children Of Men
Réalisé par Alfonso Cuaron
Année : 2005
Pays : USA, UK, Japan
Durée : 110 min
Note du rédacteur : 10 / 10

L'HISTOIRE

Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte - un fait qui ne s'est pas produit depuis une vingtaine d'années - et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection...

LA CRITIQUE

Ne perdons pas de temps, disons-le de suite, "LES FILS DE L'HOMME" est un chef-d'œuvre, le genre de film qui vous tient à la gorge, qui vous trotte dans la tête pendant un bon moment.
Alfonso Cuaron, à qui l'on doit le meilleur film de la saga Harry Potter (le prisonnier d'Azkaban) et qui a démontré ainsi sa capacité à tenir un projet colossal sans tomber dans la facilité, trousse un film d'anticipation visuellement inédit, qui puise son inspiration dans la déliquescence du monde actuel. Adapté d'un bouquin qui narre la lente mais inéluctable disparition de l'Humanité après qu'elle soit frappée d'infécondité, le film suit également le traitement infligé aux émigrés d'Angleterre (et par voie de conséquence, du monde) qui rappelle tristement une situation qui ne nous est pas étrangère (sans jeu de mots...).

La dimension politique à la fois éminemment actuelle et poussée à l'extrême pour transformer l'histoire en fable (à la Huxley ou Orwell) s'avère extrêmement réaliste par la grâce d'une mise en scène avec pour presque unique langage le plan-séquence caméra à l'épaule. Tout y est plus vrai, plus naturel, et l'on se croirait dans un film de société "à la française". Ou quand Pialat rencontre la science-fiction. D'entrée, Cuaron livre le spectateur en pâture à une vision terrible du monde dans lequel nous viv(r)ons, dans cette scène extraordinaire où le personnage principal sort d'une enseigne où une bombe explose dans les secondes qui suivent, une femme en sortant le bras à la main...cut. Titre. Le ton est donné.

En soi, "LES FILS DE L'HOMME" est anti-spectaculaire au possible : Clive Owen n'aura jamais une arme dans la main (dans un film se déroulant sur fond de guerre, l'idée fait son chemin), par exemple. Et puis, l'on assiste à une course-poursuite entre des assaillants à pied essayant de rejoindre une voiture en panne, poussée à la force des bras. On est loin de l'univers de Michael Bay. Et pourtant, cette séquence, comme tant d'autres sur le même mode, est d'une intensité rare, mue par une réalisation, encore une fois, hyper-réaliste. Pas de morceaux de bravoure au sens le plus commun du terme : c'est le film, le morceau de bravoure.

Et ce réalisme serait amoindri si les acteurs n'étaient pas aussi impliqués, pas aussi subtilement caractérisés, et en cela, Clive Owen prouve s'il était encore nécessaire que, bon dieu, il possède un charisme qui n'a rien à envier à Clooney, Pitt et consorts, bien au contraire. Il donne à son personnage une humanité désabusée, une espèce d'ironie qui cède sa place petit à petit à une vocation insoupçonnée de sauveur de l'Homme.

Et ce titre, alors : "LES FILS DE L'HOMME" ? dans un film où un enfant unique naît, de surcroît une fille ! Cuaron nous parle de nous tous, des hommes, fils d'une entité dont le réalisateur brouille l'identité (dieu païen ? dieux catholique ? dieu indien ?) pour mieux faire ressentir notre appartenance à une identité ancestrale, oubliée, massacrée sur l'autel de la guerre. Immigrés, clandestins, tous, nécessairement, descendent du même sang, souillé par des idéologies qui ont fini par mettre en péril la planète. Le véritable morceau de bravoure du film, dès lors, se trouve être cette séquence où soldats, rebelles, tous arrêtent le combat en découvrant la présence de l'enfant, tous mesurant les possibles conséquences de l'événement, certains se signant...jusqu'à ce qu'une roquette viennent définitivement mettre fin à cet idéal : l'enfant est né, mais dans quel monde...

Au bout du compte, on ne sait s'il faut croire à cet optimisme un peu abrupt qui clôt le film, ou se laisser envahir par la noirceur du propos de Cuaron. A moins que celui-ci ne souhaite dresser un portrait sans concession de l'Homme de demain pour mieux le faire réfléchir sur sa condition d'aujourd'hui. Un monde sans les rires des enfants est un monde mort, nous dit-il. A nous d'en assurer la survie.
Note de : 10 sur 10
Publiée le
Fils de l'Homme, Les
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CannibalorCannibalor - 28/02/2010 à 14:49
# 2

Excellent film! Fidèle au livre! Acteur impecc', plan séqence magnifique! Et une histoire intense et éblouissante d'humanité!Nickel!

Sa note: 9/10
vincethecrockvincethecrock - 16/02/2010 à 11:00
# 1

Excellente critique ! Comme quoi on peut ne pas être d'accord pour Transformers et tomber d'accord sur la perle infaillible de Cuaron ;-)

Sa note: 10/10
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