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Critique du film Derrière Les Murs

DERRIERE LES MURS

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Titre original : Derrière Les Murs
Réalisé par Pascal Sid, Julien Lacombe
Année : 2011
Pays : France
Durée : 86 min
Note du rédacteur : 8 / 10

L'HISTOIRE

Auvergne, 1922. Suzanne, jeune romancière, décide de s'isoler à la campagne pour écrire son nouveau livre. Mais peu à peu des visions et des cauchemars font leur apparition tandis que de mystérieuses disparitions de petites filles sèment le trouble dans le village...

LA CRITIQUE

"DERRIERE LES MURS" est non seulement le premier long-métrage du duo Pascal Sid/Julien Lacombe, mais aussi, plus globalement, le premier film français tourné en 3D !
Et quand on pense 3D, on s'imagine déjà un décor SF surréaliste ou une surenchère d'action spectaculaire, mais autant vous avertir tout de suite, ce n'est pas du tout le cas ici !
Ayant bénéficié de la même technologie que pour "AVATAR", il est assez surprenant de se retrouver en présence d'un tel procédé dans une production aussi sobre que celle-ci. C'est certainement grâce à ce contraste inhabituel que ça fonctionne aussi bien, et pour une fois, le relief – avec ces incroyables profondeurs de champs – prend ici tout son sens !
Pendant le visionnage, on a la sensation d'être à la fois spectateur mais aussi de faire partie intégrante des habitants de ce village français, tour à tour caché au milieu des champs de blé à regarder les bâtisses en contrebas ou assis dans les pièces de la vieille demeure à observer Suzanne, la romancière torturée...
Cette impression est renforcée par le gros travail effectué sur les décors et les accessoires, qui permettent de s'immerger complètement dans l'époque à laquelle l'histoire se déroule.

Mais l'esthétique irréprochable ne serait pas grand-chose sans un scénario solide et la présence d'acteurs persuasifs. Et c'est l'ex-mannequin Laetitia Casta qui campe le personnage principal, une femme froide et mystérieuse de la ville qui va susciter bien des commérages dès son arrivée. La comédienne, dont les talents d'actrice ne sont plus à confirmer, se montre convaincante tout du long, portant littéralement le film sur ses épaules.
On pourra sans doute lui reprocher quelques excès dans son interprétation de la folie, mais ce serait chipoter, en particulier devant un rôle aussi complexe qui la place constamment au premier plan.

Tourmentée par la mort de sa fille, elle se prend d'affection pour une orpheline du même âge, élevée sans ménagement par sa tante. Au moment où la petite Valentine disparait, tous les regards se tournent vers la parisienne énigmatique, élégante célibataire, qui enchaîne les cigares et les verres d'absinthe pour stimuler son imagination.
Sa relation particulière à l'écriture devient d'autant plus intéressante à la découverte d'un espace souterrain propice aux pires cauchemars mais aussi à la meilleure inspiration, avec par moments un petit côté "SHINING".
Le maire incarné par Jacques Bonnaffé est lui aussi très ambigu. Sous son apparente bonhomie, ses intentions et son air lubriques, lorsqu'il est en présence de Suzanne, ainsi que ses accès de violence en font un personnage assez déroutant...

Quand on analyse le film à froid, la trame apparait finalement comme hyper convenue, mais le cadre rural et rétro des années 20, ainsi que les choix relatifs à réalisation et à la narration, ne donnent pas spécialement d'impression de déjà vu.
Lorsque les réalisateurs citent Poe ou Maupassant, c'est sûrement ce qui résume le mieux l'atmosphère de "DERRIERE LES MURS", un mélange de drame et de suspens qui flirte délicatement avec le fantastique.
Dommage qu'après une telle montée de tension, tout le mystère qui entoure l'intrigue soit un peu gâché par une fin qui semble avoir été expédiée. Pendant les derniers instants, toute la portée dramatique du film s'écroule pour laisser place à un dénouement décevant et plein d'invraisemblances à propos de la disparition des fillettes. L'explication manque cruellement de la finesse caractérisant le reste du film, qui, s'il aurait mérité d'être un poil plus long, reste cependant l'une des meilleures trouvailles de cette année !
Note de : 8 sur 10
Publiée le
Derrière Les Murs
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Evil's World - 15/12/2011 à 16:46
# 2

Premier film français en 3D, Derrière les murs est un film trés surprenant que ce soit sur le fond ou la forme qui m'a littéralement mis sur le cul. S'inspirant de Lovecraft, de Maupassant sans toutefois plagier, Julien Lacombe et Pascal Sid signe un premier film prometteur totalement original mais surtout excellent. Pour le premier film, Pascal Sid et Julien Lacombe ont prit des risques énormes et inattendus dans le paysage cinématographique français ou on aime bien reposer sur des acquis et non tenter de nouvelles choses(j'aime quand même le cinéma français) alors voir des réalisateurs essayer de faire bouger les choses ça ne peut que me réjouir. Ici au lieu de foncer droit dans le gore comme le font souvent les réalisateurs qui font des films d'horreurs, Lacombe et Sid ont fait un film fantastique pas du tout sanglant qui mise sur une certaine atmosphère et c'est réussi, on perd peu à peu la raison comme l'héroïne principale(Casta magistrale). On suit donc le parcours d'une romancière qui suite à la mort de son enfant se retire en Auvergne pour y faire son deuil mais dés son arrivée des choses inexplicables arrivent, même si je reconnais que le rebondissement final est prévu tout en autant exagéré reste le magnifique portrait d'une femme qui n'arrive pas à faire son deuil et qui préfère basculer dans la folie, c'est là ou Sid et Lacombe sont des génies à aucun moment ils ne tombent dans le pathos et préfère miser sur la performance de leur actrice principale, qui ne tombe jamais dans l’excès ou le ridicule. On notera qu'outre un magnifique portrait de femme, le traitement des autres personnages est aussi excellent notamment le portrait du maire un peu bizarre incarné par Jacques Bonnaffé tout simplement excellent. La reconstitution des années 20 est assez bien faite notamment les costumes trés bien faits et une photographie splendides, des jeux de lumières excellents. Mais l'un des plus gros points fort du film c'est le score tragique de David Reyes, qui m'a fait penser au score de Seppuku Paradigm pour Martyrs(le meilleur film d'horreur français et mon film d'horreur préféré), un score tragique mais beau dont quelques thèmes m'ont fait verser de chaudes larmes. Un film visuellement trés abouti tout comme la réalisation excellente et son scénario. A noter également que le casting est trés bon hormis Thierry Neuvic pas du tout crédible.
Derrière les Murs est une surprise pour moi, j'ai totalement adoré ce film que je reverrais bientôt avec plaisir. Laetitia Casta y trouve son meilleur rôle et j’espère qu'elle continuera à faire d'autres films parce qu'elle à un grand jeu tout comme Julien Lacombe et Pascal Sid qui sont de purs génies. Un chef d'oeuvre pour ma part et le meilleur film fantastique français que j'ai vu.

Sa note: 10/10
BRUNO MATEIBRUNO MATEI - 26/11/2011 à 09:04
# 1

Tout ça pour ça !

Epoque vétuste de l'entre-deux-guerres soigneusement retranscrite sous une superbe photographie aux teintes voluptueuses, comédiens sobres dont une Laetita Caesta surprenante de naturel blême, suspense diffus, mystère entretenu avec parcimonie pour au bout du compte se retrouver face à une intrigue futile. Bourré de bonnes intentions dans sa tentative de renouer avec l'habile suggestion afin de susciter l'angoisse et l'incertitude, Derrière les Murs est un joli raté finalement rébarbatif, longuet et sans intérêt. Quand au niveau de l'angoisse présagée, elle se révèle franchement inexistante. C'est fort dommage car les motivations ombrageuses de notre protagoniste ne manquait pas non plus d'attrait dans ses états d'âme torturés. Juste avant sa rémission cathartique engagée dans une chute risible conçue sur de la vacuité.

Néanmoins, pour les plus patients d'entre vous, le film peut se suivre avec un intérêt constant malgré son début laborieux et un rythme lent parfois décourageant. Mais attention à la révélation finale qui en calmera plus d'un !

Encore un essai franchouillard entretenu sur du vide.

Sa note: 4/10
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