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Critique du film Deliver Us From Evil

DELIVER US FROM EVIL

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Titre original : Fri Os Fra Det Onde
Réalisé par Ole Bornedal
Ecrit par Ole Bornedal
Année : 2009
Pays : Danemark
Durée : 100 min
Note du rédacteur : 7 / 10

L'HISTOIRE

Au départ un accident: Lars, ivre renverse une passante et fait endosser le crime à un immigrant. Johannes, le frère de Lars, prend parti pour le faux coupable : il va devenir la cible de la colère xénophobe de tout un village.

LA CRITIQUE

Ce qui vient à l'esprit lorsque l'on lit le synopsis de "DELIVER US FROM EVIL", c'est tout d'abord: « Tiens on dirait l'histoire des "CHIENS DE PAILLE" de Sam Peckinpah ».
Puis quand on assiste à la projection, on se dit « Mais alors c'est bien un remake des "CHIENS DE PAILLE" de Sam Peckinpah ».
Mais ceci à plusieurs exceptions prêt.
Là où le joyau de Peckinpah nous montrait comment un citoyen modèle, pacifiste et intelligent devait répondre à la violence par la violence devant la bêtise humaine, celui de Bornedal s'emploie à nous monter à quel point l'âme humaine est noire et que la stupidité n'est pas l'apanage des culs terreux.
Malgré les dires de son auteur, les similitudes sont nombreuses entre les deux films. Pour sa défense, cette histoire ressemble aussi à un banal fait divers.

C'est d'ailleurs la carte du réalisme que joue Ole Bornedal, à travers la peinture de ce village du Danemark profond, où vivent des gens simples seulement préoccupés par leur survie, en presque totale autarcie.
Le maire du village, qui possède la plus grosse entreprise de la région, semble régner en seigneur féodal, puisqu'il détient le sort des habitants entre ses mains. Malheureusement, la pauvre victime de l'accident n'est autre que sa femme, et les évènements vont s'enchainer inexorablement vers une montée de la violence façon chasse aux sorcières. Les villageois s'en prennent d'autant plus aisément au faux coupable désigné que celui-ci est un étranger bosniaque, ce qui leur permet d'exprimer leurs sentiments xénophobes refoulés.

Le portrait des villageois est particulièrement réussi et cauchemardesque. La séquence de la fête de village est particulièrement glauque et oppressante malgré la bonne humeur et les chansons à boire. On reconnaît d'ailleurs avec étonnement une chanson danoise popularisée chez nous par le grand Patrick Sebastien. Bornedal l'aurait fait exprès qu'il n'aurait pu choisir mieux.
On sent bien que le réalisateur a bien plus à dire sur cette faune que sur son héros transparent, qui apparait (volontairement ou non) assez inapte à prendre des décisions, même lorsqu'il combat la foule pour défendre les siens.
La famille entière n'apparaît pas vraiment sous un jour très sympathique, ce qui diminue considérablement l'empathie que l'on pourrait avoir à leur égard. Que leurs actions leur soient dictées par la fierté (pour Lars), la vengeance (pour la foule) ou par la couardise (pour sa femme), le résultat est le même : ils se trompent. Cette folie détruira le village et personne ne sera épargné.

Vous l'aurez compris, on est ici en plein nihilisme et ce métrage s'avère être l'un des plus sombres de son auteur. Il abandonne l'apparat léché de ses thrillers d'antan pour une photo et des prises de vues plus brutes. Souvenez-vous, "LE VEILLEUR DE NUIT" de 1994 et son moins bon remake américain "LE VEILLEUR DE NUIT", c'était lui).

Malgré tous ces bons points, certains choix plombent pourtant l'affaire, et pas qu'un peu.
Tout d'abord, à quoi bon employer une narratrice, qui n'apparaît qu'au début et à la fin, et n'est pas vraiment utile, si ce n'est pour nous faire sortir du drame ?
Pourquoi l'un des personnages clé de l'histoire, retourne-t-il sa veste sans raison, perdant par la même occasion toute crédibilité et toute logique ?
La scène du viol également semble avoir été ajoutée à des fins purement dramatiques et est bien trop gratuite et vite expédiée pour être efficace.
Sans ces scories, le film frôlait la perfection, mais en l'état, il nous laisse un goût amer dans la bouche : celui d'avoir vu un presque grand film.
Note de : 7 sur 10
Publiée le
Deliver Us From Evil
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