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Critique du film Braindead

BRAINDEAD

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Titre original : Braindead
Réalisé par Peter Jackson
Année : 1993
Pays : New Zealand
Durée : 104 min
Note du rédacteur : 10 / 10

L'HISTOIRE

Un jeune homme coupe un peu tard le cordon ombilical.

LA CRITIQUE

In limine, il faut préciser ce que désigne le titre de ce film: "braindead" ne désigne pas les morts-vivants peuplant celui-ci (d'ailleurs, leurs cerveaux ne sont pas morts: les deux mères reconnaissent leurs enfants respectifs, le curé pense enfin à baiser un coup, le gamin passe son temps à faire des farces macabres). Celui qui est "braindead", c'est le héros du film, Lionel.

Lionel qui n'arrive pas à sortir des jupons de sa mère même morte et morte-vivante, certes, mais Lionel qui ne sait pas quoi faire non plus avec un groupe de zombies qu'il emménage chez lui et dont il ne parle à personne, pas même sa nouvelle (première?) petite amie. Il ne fait comme si ne rien n'était, les nourrit, promène au parc le bébé immonde qu'ils enfantent dans un landau comme n'importe quel schtroumf, et pour les calmer, les shoote au soporifique. D'ailleurs, cette came qu'il leur donne est une projection: c'est lui-même qu'il endort. Il les perfuse comme il s'endort lui-même, comme si tout allait toujours bien, refusant la réalité et l'urgence de la situation.

Comme dans tout chef d'oeuvre gore, le gore n'est dans ce bijou qu'une toile de fond. Même l'humour que Peter Jackson sème à cor et à cri n'est là que pour faciliter la coagulation (ouarf) du sujet qu'il traite. "BRAINDEAD" est l'un des plus grands films d'horreur des vingt dernières années, et sans le moindre doute, le plus grand film du sous-genre gore. Et Peter Jackson y justifie sans mal son entrée subséquente dans la cours des grands.

La source du mal n'est pas ultra significative dans ce film. Un singe-rat du Sumatra est ramené dans un zoo de Nouvelle-Zélande (non sans mal), il va finir par mordre la mère étouffante du héros (alors qu'elle l'espionne pendant son premier rendez-vous galant), et ça va la transformer en une forme de zombie, et vous savez bien combien cette saloperie se propage vite....

Ce qui est beaucoup plus significatif, c'est la réaction du héros Lionel face à ce léger petit problème. Lionel est vraiment "braindead".

Pensez: il trouve sa mère un matin, avec le bras infecté qui ressemble à du steak hache. Elle se fait les pommettes: la peau tombe de sa joue à vif. Diantre: les dirigeants de la WLWL (sorte de rotary club nazillon-puritain à la sauce néo-zélandaise) viennent pour déjeuner. Qu'importe: Lionel recolle la joue de sa mère avec de la super-glue, l'arrange comme il peut et prépare le repas. Rien n'est trop beau pour éviter l'embarras et sauver les apparences. Même (surtout) dissimuler la zombification imminente de sa propre mère.

Puis quand elle meure, surtout endormir mam-zombie....pour que l'enterrement se déroule sans scandale.

Puis pour ce qui est des inévitables victimes de ses morsures tout au long de la mise en place de l'intrigue (car intrigue il y a, effectivement, et bizarrement je puis vous assurer que cette chronique ne contient aucun spoiler), et bien Lionel les cachera tout comme sa mère, et les hébergera et les endormira, de fait protégeant toujours et encore sa mère.

C'est bien évidemment cette partie du film, l'hébergement des zombies, qui contient le plus d'humour dans un film qui en a beaucoup: la bouffe et les zombies, le sexe et les zombies, la reproduction et les zombies, l'obstétrique et les zombies, zombillons et pédopsychiatrie.....Zombie, christianisme et kung fu.

Jusqu'au sommet du film, ou alors, la plus grosse erreur d'un Lionel déjà très maladroit par nature, adjoint cependant à sa prise de conscience inattendue et guidée (je ne vous en dis pas plus), amène le dénouement sans doute le plus gore de l'histoire des films que-c'est-deja-très-gore-quand-même.

Le paroxysme et l'apothéose du film (oui je sais c'est un pléonasme, mais c'est pour dire combien c'est énorme), contient la métaphore la plus forte de l'histoire du cinéma oedipien, et la coupure finale du cordon ombilical est....sanglante.

A noter que le film se conclue avec l'une des meilleures chansons de l'histoire de la B.O..

Un chef d'oeuvre qui remportera le grand prix a Avoriaz (festival qui a mon goût a meilleur goût dans ses choix que celui de Cannes), et qui sera un tremplin pour la carrière de Peter Jackson, et le propulsera vous savez où.
Note de : 10 sur 10
Publiée le
Braindead
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