Frontière(s)


Titre original : Frontiere(s)
Réalisé par Xavier Gens
Ecrit par Xavier Gens
Avec Karina Testa, Estelle Le Fébure, Samuel Le Bihan, Maud Forget, David Saracino, Aurélien Wiik, Yannick Dahan…
Année : 2007
Pays : France
Durée : 108 min
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Réalisé par Xavier Gens
Ecrit par Xavier Gens
Avec Karina Testa, Estelle Le Fébure, Samuel Le Bihan, Maud Forget, David Saracino, Aurélien Wiik, Yannick Dahan…
Année : 2007
Pays : France
Durée : 108 min
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.: L'HISTOIRE
Alors que l'extrême droite est sur le point d'arriver au pouvoir, de jeunes banlieusards commettent un braquage. Poursuivis par des flics hargneux, les membres de la bande dépassent la "frontière" de leur propre violence. Ils s'enfuient en voiture et débarquent dans une auberge perdue en pleine forêt, à la limite de la "frontière" luxembourgeoise.Les tenanciers de cet étrange établissement, accueillants dans un premier temps, vont peu à peu montrer leurs vrais visages : celui de la folie et de la mort ! Crochets de boucher purificateurs, porcs agressifs, coups de flingue mal placés, armes blanches aiguisées à l'extrême, cannibalisme déjanté, néo-nazi sur le retour : les potes vont devoir affronter la douleur absolue et dépasser la "frontière" de l'horreur la plus extrême. Tout ça dans un seul et unique but : survivre. Ou mourir vite !
.: LA CRITIQUE
Véritable hommage et relecture du "MASSACRE A LA TRONCONNEUSE" de Tobe Hooper, le film de Xavier Gens débarque ENFIN dans nos salles en ce début d'année 2008. "FRONTIERE(S)" est un film d'horreur unique, d'une beauté rare dans le paysage des productions de genre, avec une imagerie vraiment à tomber par terre, et surtout, des cadres d'une puissance esthétique incroyable. Xavier Gens nous immerge dans le voyage en enfer de ces jeunes protagonistes fuyant une France indigeste dès le début, avec une mise en scène parfaite et une ambiance tendue virant dans le glauque quitte à nous mettre mal à l'aise.Rarement la tension dans un film de genre de la vague 2000 n'aura été aussi palpable.
Tout commence sur un contexte politique brûlant, à savoir l'entre-deux tours des élections présidentielles. Le FN monte en puissance et le ton est donné : Xavier Gens ne va pas y aller avec le dos de la cuillère. Puis, alors que l'on se demande si le fantôme du navrant "SHEITAN" de Kim Chapiron ne défile pas devant nos yeux, le réalisateur prend le spectateur à contre-pied. L'arrivée à l'auberge, lieu où le film bascule, va remettre clairement les pendules à l'heure...
En rendant hommage au film culte de Tobe Hooper et à la déferlante de survivals qui ont fleuri dans les années 70, Xavier Gens prend le taureau par les cornes et envoie tout ce qu'il a dans le ventre. On sent vraiment que le jeune cinéaste est un amoureux du film de genre, et que l'hommage est beaucoup plus subtil que la simple représentation d'un patchwork de scènes-choc recrachées les unes derrière les autres comme beaucoup de films l'ont fait auparavant. Un hommage qui s'éprend même d'une charge politique (Gens suivant la démarche d'un certain Romero) contre une France extrémiste d'où cette mention du comité de censure qui bouffe littéralement l'affiche du film.
« Ce film accumule des scènes de boucheries particulièrement réalistes et éprouvantes » message ordonné par le comité de censure.Certains penseront à un coup marketing ? Mais, non. En première instance le film obtenu une interdiction aux moins de 18 ans, le comité de censure ordonna alors à la production d'inscrire sur chaque affiche ce message d'avertissement pour ainsi classifier le film de Xavier Gens comme interdit aux moins de 16 ans. En clair, cette vision d'une France clichesque et extrémiste dérange au plus haut point.
Ce qui revient à mettre en cause la liberté d'expression dans notre cher et beau pays.
Physique, c'est le terme qui convient le mieux pour décrire cette descente en abîme. Xavier Gens fait preuve d'une étonnante maîtrise, d'une grande maturité dans ses choix, ce qui laisse à penser que l'on tient un futur grand réalisateur de film de genre. Très rapidement le personnage de la jeune fuyarde enceinte va devenir le vrai sujet du film, et plus particulièrement ses relations avec la plus jeune des filles de la sordide famille, tout l'enjeu du film étant au final de révéler que la nature et l'humanité sont toujours sous-jacentes et victorieuses. La mission étant pour ces deux femmes de sauver leurs vies pour sauver la vie de leurs descendances. L'une va survivre par tous les moyens, faire preuve d'une sauvagerie totale qu'elle ira puiser au plus profond de ses entrailles, mue par l'instinct primaire de la femme qui porte un enfant. L'autre, jeune femme a qui on a tout pris et qui est mère d'enfants dégénérés, choisira de défendre la fille-mère et de rester auprès de ses enfants. Le choix de ne faire des enfants que des apparitions fantomatiques est clairement assumé par le réalisateur, qui a préféré couper au montage des scènes trop didactiques qui ne le satisfaisaient pas. La représentation de cette horreur enfantine et la pression ainsi engendrée n'en sont que décuplées.
Film humaniste avant tout pour qui acceptera de prendre de la hauteur une fois passé le choc, "FRONTIERE(S)" nous dépeint un monde finissant, gangrené, délabré, mais qui porte toujours en son sein la pureté de l'enfantement, la promesse d'un avenir différent. À ce titre les deux personnages féminins (interprétés par Karina Testa et Maud Forget (qui avait déjà travaillé avec le cinéaste sur le segment "FOTOGRAFIK" pour "SABLE NOIR")) sont remarquablement imaginés, et incarnés, et font ressortir un message formidable, celui de l'idéalisme. Un idéalisme renforcé par le personnage du père nazi, interprété par Jean-Pierre Jorris, qui est surjoué, puissant, caricaturé à l'extrême et assumés dans ce sens, pari osé et réussi car cette surenchère ne fait que mettre en lumière le grotesque social ambiant, les monstres que l'humanité a pu engendrer et contre lesquels nous devons lutter pour offrir à des enfants la possibilité d'un ailleurs...
Ambiance glauquissime, montage cut, imagerie suintante, musique diabolique, personnages, bons ou méchants, le tout accompagné de démembrements en tout genre... "FRONTIERE(S)" offre au final 1h48 de folie sanguinaire et cinéphilique. Certainement pas du goût de tous, mais imparable pour les autres. Un Xavier Gens convaincant, qui n'a plus qu'à mûrir encore un peu pour éblouir totalement. Un démarrage extrêmement prometteur, digne de le faire figurer aux côtés d'Alexandre Aja et du tandem Bustillo/Maury dans le rôle de réalisateur couillu et talentueux du moment, cousin lointain d'un certain Kounen. Une vague horrifique et captivante se déverse actuellement dans le paysage des productions françaises, ce serait un préjudice de la boudée surtout quand le spectacle est garantit le tout porté par un talentueux et jeune réalisateur passionné et surtout sincère dans sa démarche de satisfaire et d'imposer son empreinte dans le cinéma de genre tout court.Note de cendrillon is dead : 8 sur 10
Site Web Officiel : http://www.frontieres-lefilm.com
# 2
woody - 24/04/2008 à 19:50
Comme d'habitude dans les films d'horreurs français, la nullité de la mise en scène et des acteurs tente d'être comblée par des scènes vraiment immondes...
Sa note: 5/10[1]
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