par SUSPIRIA » 06 Octobre 2010, 21:02
POUR UNE POIGNEE DE HEROS.
Maintes fois annoncé et fantasmé à grand renfort de teasers et bande annonces prometteuses concoctés pour une horde de fans surexcités de voir à nouveau réunis sur grand écran des gros flingues pétaradants tenus par des héros musclés intrépides, Sylvester Stallone nous avait promis un hommage sincère et respectueux envers toutes ces séries B d'action basiques mais oh combien ludiques et jouissives.
De véritables plaisirs coupables tournés sans prétention aucune (ou si peu) qui ont pullulé dans les rayons des vidéos-clubs des années 80. Pour citer les exemples les plus éloquents et amusants, les amateurs n'ont pas oublié Tango et Cash, Haute Sécurité, Cobra, Le Dernier Samaritain, Rémo, sans arme et dangereux, Oeil pour oeil, Full contact, Bloodsport, Piège en Haute Mer ou Commando.
Le résultat est-il à la hauteur de nos espérances ? En partie, on peut dire que oui tant cette nouvelle production remise au goût du jour tout en reprenant les ingrédients puérils des séries B survitaminées d'antan compose avec assez de rythme soutenu des séquences d'action explosives et jubilatoires disposées à intervalle régulier. Avec un mauvais goût assumé pour les scènes gores violentes et cartoonesques, malgré cette fâcheuse manie indolente à se laisser entrainer par des CGI ternes et aseptisés. Et cela malgré un début poussif, voir insignifiant qui aurait pû annoncer le pire à venir.
En effet la scène d'introduction mollement mise en scène débute sur un trafalgar peu inspiré dans ses actions tempérées qui ne laissent jamais place à l'émotion, son caractère spectaculaire tombant ici à plat.
La suite s'annonce toute aussi morose et bancale avec la présentation de certains de nos personnages pour les retrouvailles familiales de l'équipe de choc réunie pour la bonne cause, malgré quelques clins d'oeil humoristiques bienvenus qui font mouche (Bruce Willis et Arnold Scwarzeneger se moquant d'eux même avec décontraction de leur personnalité dans la vraie vie !).
C'est cette narration présentée de manière terne qui impose de façon maladroite les enjeux de nos mercenaires prêts à partir au combat et annihiler l'ennemi.
Ce scénario balisé et archi rebattu (une guerre est déclarée entre les bons et les méchants avec en guise d'apât une jeune fille rebelle courageuse dont Stallone s'éprendra de manière affectueuse) n'est pas plus mauvais que nos productions eighties citées auparavant mais la sympathie de nos personnages héroïques casse cou et les séquences d'action qui interviendront après les 30 premières minutes ravivent notre contentement et notre soulagement d'assister à un spectacle généreux et ludique, même s'il ne laissera pas un souvenir impérissable dans la mémoire du spectateur qui avait déjà posé son cerveau au vestiaire avant d'entrer dans la salle.
C'est ce défilé de stars complices qui fait vraiment plaisir à voir et retrouver dans The Expendables. Que ce soit Mickey Rourke, Dolph Lundgren (qui a bien vieilli !), Steve Austin, Bruce Willis, Arnold Schwarzeneger, Jet Lee, Eric Roberts, Jason Stathan, et bien sur Sylvester Stallone réunis sans doute une dernière fois dans un unique actionner pour notre plus grand bonheur.
Il est d'ailleurs dommageable que Steven Seagal et Jean Claude Vandamme manquant à l'appel aient refusé une telle opportunité !
C'est en priorité Sylvester Stallone dans le rôle du leader chevronné qui impose avec décontraction son habituelle bonhomie et sa sympathique bouille de briscard à la trogne quelque peu abattue du haut de ses 64 printemps. Il reste tout de même dans une belle forme physique dans ses talents d'acrobates, de cogneur acharné et de coureur fugace. Il semble également rajeunit avec son nouveau look de quarantenaire aidé par la régression de ces quelques kilos en trop qu'on avait pû constater dans le génial John Rambo.
C'est Jason Statham, nouveau jeune prodige du cinéma d'action qui prête son alliance au côté de l'élite de ce commando atypique parti en guerre contre une armée de soldats présomptueux, commandités par un tyran pernicieux.
Il se révèle ici parfaitement à sa place dans sa prestance juvénile, son maniement habile du couteau, son charme viril de beau gosse sans peur prêt à offrir sa vie aux plus démunis.
Jet Lee assure aussi son quota de combats d'arts martiaux chorégraphiés avec adresse et beauté sensuelle dans les coups assénés envers l'ennemi désarçonné.
Quand à Eric Roberts dans le rôle perfide d'un haut trafiquant de drogue, il compose avec tradition un personnage dédaigneux, orgueilleux, détestable dans son snobisme hautain et son égocentrisme lâche et méprisant.
The Expendables n'est pas le film d'action ultime fantasmé par une armée de fidèles amateurs de castagnes brutes et explosions mirobolantes mais il reste un bon divertissement agréable et sympathique malgré une première demi-heure peu inspirée qui peine à démarrer.
La décontraction harmonieuse de nos célèbres stars (vétustes ou contemporaines) du cinéma bourrin, la loufoquerie de certains dialogues, la naïveté volontairement acquise de certaines scènes orthodoxes amusées, les quelques séquences d'action jouissives (malgré une scène de poursuite automobile illisible, pour ne pas dire épileptique) et son final apocalyptique achèvent de rendre une copie respectable de ses ainés, plutôt honnête malgré un certain manque d'ambition et d'émotion partagée.
C'est en tous cas beaucoup plus aimable et radieux que l'inégal Machete de Robert Rodriguez qui tentait lui aussi à sa manière de rendre hommage au cinéma d'exploitation bisseux des années 70 et 80, dans la cible de l'action débridée.