Dead man's shoes

-> Action, Guerre, comédie, aventure, western, drame, animation, mangas, dessins animés et le reste inclassable...

Messagepar SUSPIRIA » 27 Mars 2010, 22:57

DEAD MAN'S SHOES de Shane Meadows. 2004. 1H30. Grande Bretagne. Avec Paddy Considine, Gary Strecth, Tony Kebbel, Jo Hartley, Seamus O'Neill.

Le sujet: Richard revient à Midlands, son village natal, à la fin de son service militaire. Il n'a plus qu'une chose à l'esprit : prendre une revanche sur un acte impardonnable.

ATTENTION !!! SPOILER A LA TOUTE DERNIERE PHRASE !!!

Mon avis: 6è réalisation de l'anglais Shane Meadows, "Dead Man's Shoes" est un magnifique drame psychologique et un vigilante movie campagnard d'une belle originalité dans sa réalisation inspirée et déroutante comme si le metteur en scène souhaitait réinventer à sa manière particulière, inhabituelle le thème de la vengeance mainte fois adaptée au cinéma.
C'est l'histoire implacable d'un châtiment aveugle d'un homme déchiré et anéanti par la douleur de la perte d'un être cher: son frère Anthony, attardé mental et souffre douleur à portée de main d'une bande de petites crapules drogués et dealers de came dans une région retirée de l'Angleterre au village de Midlands. Dès le départ nous ferons la connaissance avec ces malfrats de bas étage soigneusement dessinés, tous impeccablement interprétés et criant de vérité dans leur visages familiers d'authentiques gueules de fripouilles à la petite semaine. D'entrée de jeu, Richard (magnifiquement campé par un inquiétant et dérangé Paddy Considine), le frère meurtri revenu de son service militaire posera ses conditions en témoignant dès le début à l'un des membres de la bande qu'il les tuera un à un sans aucune guise d'hésitation. Et il faut voir de quelle manière Richard se comporte en tant qu'être humain et montrer à ces monstres (terme qu'il emploiera vers la fin pour les juger) qu'il sera prêt à tout pour les exterminer. Jusqu'à se déguiser maladroitement d'un masque à gaz sur la tête et vêtu d'une combinaison grise de travail à cause d'une acuité de colère, cette montée envahissante en puissance de la haine, contaminée par une semi folie alimentée par son esprit de vengeance et de justice expéditive individuelle. Son unique but n'est plus qu'alors de faire subir aux tortionnaires la sanction punitive et méritoire.
S'ensuit alors une succession de scènes déconcertantes, entre humour noir gras, rire nerveux et violence consummée comme cette scène hallucinée ou la bande décervellée se retrouve malencontreusement droguée grâce au café que Richard, emmitouflé en fantome masqué aura réussi à trafiquer durant un simple moment d'inadvertance des soulards. Une scène psychédélique malade, désincarnée, fragile et dérangeante, planante et malsaine, d'une incroyable force émotionnelle dans sa folie retranscrite autant visuelle que sensitive, véritable cauchemar réel où l'on décolle de terre pour assister devant ces personnages de marionnettes à une danse transie sous acide quand subviendra un futur déchainement de violence rigoureux surtout quand les victimes s'apercevront à peine qu'elles sont entrain de vivre leur tout dernier instant. Jusqu'à ce qu'une balle mortelle intervienne directement dans la tête de l'un des condamnés. Une scène glaçante qui laisse sans voix !
Durant la première heure "Dead Man's Shoes" est rempli de séquences imprévues dans la forme, dans la banalité et le quotidien de ces dealers journaliers, entre ces flashs-back qui ramènent au spectateur la découverte des supplices d'Anthony et la mission vengeresse de Richard sous un aspect baroque et insolite à cause d'une réalisation adroite constament surprenante et originale, qui, mine de rien finira par nous mener vers une direction déjà tracée ! une cérémonie funèbre à l'impasse fatale tristement tragique !
Dans cette mise en scène si personnelle il y a des instants de situations volontairement maladroits comme si nous nous étions retrouvés entre un film de ken loach pour son hyper réalisme social et ses personnages plus vrais que nature et le cinéma de joel et ethan cohen pour une mise en scène détachée, décalée, entre réalité absurde, inconvenance, humour incontrôlée, causticité et cynisme innatendu.
La dernière demi-heure optera un ton plus grave et opaque, véritable chemin de croix et de rédemption. Un profond chant mortuaire sous un air religieux dans sa quête désespérée de la demande du pardon que ce soit du côté des victimes ou du bourreau, où les monstres ne feront plus qu'un, où la mort sera le seul échappatoire à toute cette triste et pathétique besogne.
Parsemé de superbes morceaux musicaux nonchalants, "Dead Man's Shoes" est une oeuvre puissante qui laisse des traces et un bouleversant réquisitoire contre la vengeance et la rancune qui rend d'autant plus percutant son thème éternel par l'astuce scénaristique que ATTENTION SPOILER !!!!!!!!!!!! le meurtre n'était ici qu'un suicide.

Récompenses:
2004 : Golden Hitchcock au Festival du film britannique de Dinard
2005 : Prix de la meilleure réalisation au Directors Guild of Great Britain
2005 : Empire Award du meilleur acteur dans un film britannique
2005 : Evening Standard British Film Awards du meilleur acteur
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Messagepar ottorivers » 28 Mars 2010, 12:08

C'est bizarre qu'il n'y ait pas de topic de ce film vu que Myrtle l'avait critiqué ici:
http://www.ohmygore.com/critique-dead-m ... s-595.html

Perso je ne l'avais pas aimé plus que ça, je préfere le récent THE HORSEMAN, qui avec un sujet similaire est bien moins chiant et plus violent, et qui réserve quelques surprises.
Il sort en DVD en France apparemment tu devrais apprécier Suspi. ;)
http://www.ohmygore.com/critique-horseman-the-616.html
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Messagepar SUSPIRIA » 28 Mars 2010, 16:08

M'intéresse grandement ce Horseman ! :)
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Messagepar san » 09 Mai 2010, 21:50

Vu il y a quelques mois...Et, ça n'a pas percuté plus que celà! !

Re-vu, il y a quelques jours, et là, indescriptible! !!J'étais dedans, voir le héros barbu avec sa veste militaire, en train de sautiller sur place face à un des boss.... :wacko:

De plus, la fin demande une 2 nde vision....Du grand Art! !!
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Messagepar SUSPIRIA » 10 Mai 2010, 08:20

Ca m'arrive aussi en intermittance de ne pas accrocher à la 1ère vision et ensuite l'apprécier rééllement.
Question d'humeur, fatigue, stress ou de caractère sans doute.
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Messagepar Killjoy » 15 Octobre 2011, 13:57

Synopsis :
Richard revient à son village natal dans les Midlands à la fin de son service militaire. Il n'a plus qu'une chose à l'esprit : tirer vengeance. Il veut rendre la monnaie de sa pièce aux brutes locales qui ont maltraité son frère. Au début, il s'essaye avec une tactique de guérilla, dans le but d'effrayer ces hommes et de les mettre mal à l'aise. Mais quand Richard souhaite intensifier son opération, les uns après les autres, ces hommes prennent peur de ce nouvel homme terrifiant qu'est devenu Richard1.
Ce que j’en pense :
Il est des films dont on ne sort pas indemne, de part leur côté atypique, leurs travers hautement perturbants et leur habileté à traiter des sujets graves, le tout amplifié par une mise en images parfaitement adaptée…
« Dead man’s shoes » fait partie de cette race de films là !
Tout est savamment orchestré, parfaitement conçu pour provoquer LE choc chez le spectateur, MAIS avec une finesse et un sang froid parfaitement maitrisés…
Filmé avec une maestria hors du commun (notamment des plans aériens de toute beauté) ce métrage laisse filer crescendo l’adrénaline, via une histoire de vengeance se déroulant sur un petit laps de temps (le film est scindé en quelques jours qui se suivent).
Richard, le glaçant personnage principal fait preuve d’une froideur de détermination hors normes !
Il ira jusqu’à l’accomplissement de sa tâche et ce, quoiqu’il advienne !
Plans millimétrés, calculant tout de A à Z, Richard peut enfin accomplir les desseins qu’il envisageait afin de rendre justice « à sa manière » et obtenir dédommagement de ses souffrances antérieures…
Tous les moyens sont bons !
Aussi bien la peur (souffrance psychologique, sentiment de paranoïa) que la douleur physique (par le biais de psychotropes), rien n’est laissé au hasard pour faire mesurer aux agresseurs le poids de la vindication !
Abrupt et sans aucun remords, le « rouleau compresseur » va orienter inexorablement son plan machiavélique jusqu’à une issue pour le moins jusqu’au-boutiste, qui rappelle même « Se7en » de David Fincher, tourné pratiquement une décennie auparavant !
Laissant le spectateur en plein collapse, littéralement abasourdi, « Dead man’s shoes » est une énorme claque, loin des codifications actuelles du cinéma contemporain !
Ceci étant, il ne doit être montré qu’à des cinéphiles aguerris et avec d’infinies précautions, car son sujet très grave (je ne dévoilerais rien, pas de spoilers dans cette critique !) peut rebuter nombre de gens, même si la finesse et l’intelligence inhérentes à la réalisation de Meadows atténue quelque peu le degré de violence…
Certaines séquences, notamment, sont particulièrement difficiles à regarder…
Pour les autres, un film à côté duquel on ne peut passer…
LE renouveau d’un certain cinéma d’outre Manche, monumentalement mis en scène et doté d’un jeu d’acteurs stupéfiant !
INOUBLIABLE
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