Le Tueur de Boston

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Messagepar BRUNO MATEI » 19 Mai 2012, 06:27

LE TUEUR DE BOSTON
Titre d'origine: The Strangler
Réalisateur: Burt Topper
Année: 1964
Origine: U.S.A
Durée: 1h29
Distribution: Victor Buono, David McLean, Diane Sayer, Baynes Barron, Davey Davison.

FILMOGRAPHIE: Burt Topper est un producteur, scénariste, acteur et réalisateur américain, né le 31 Juillet 1928 à New-York, décédé le 3 Avril 2007 à Los Angeles.
1958: War Hero. 1958: Hell Squad. 1959: Tank Commandos. 1959: Diary of a High School Bride. 1963: War is Hell. 1964: Le Tueur de Boston. 1969: The Devil's 8. 1971: The Hard Ride. 1976: The Day the Lord Got Busted.

Un étrangleur sévit dans la région en s'en prenant à de jeunes infirmières. Solitaire et timoré, ce criminel à double personnalité a décidé de punir toutes les femmes qui auront décidé de le contrarier. Alors que la police piétine, l'homme semble épris d'affection pour une jeune foraine.

Inspiré de l'affaire de l'étrangleur de Boston, Albert Henry DeSalvo (3 Septembre 1931 - 25 Novembre 1973), le réalisateur Burt Topper ose entreprendre un long-métrage inspiré de ces exactions, quelques mois seulement après sa véritable arrestation !
Tourné en noir et blanc avec un budget modeste, le Tueur de Boston est une rareté oubliée à découvrir pour l'amateur de thriller psychologique rugueux. Réalisé sans génie particulier mais bénéficiant d'une bonne interprétation et d'un intérêt constant dans le cheminement narratif, cette série B trouve son efficience dans la caractérisation de son personnage névrosé. Léo Kroll est un homme solitaire, inhibé par son physique particulièrement obèse et tributaire d'une mère castratrice. En effet, depuis son enfance, cette mégère lui aura inculqué que les femmes sont toutes des traînées et que seul, un coeur maternel vaut toutes les richesses du monde. Profondément perturbé par cette doctrine défaitiste et dévalorisé par sa personnalité aseptisée, Leo Kroll extériorise sa haine par la strangulation en s'en prenant à de jeunes innocentes infirmières. De ses méfaits crapuleux résulte une manière morbide et vindicative de pouvoir accéder à l'orgasme sexuel sous le coup d'une pulsion refoulée.

En ce qui concerne les meurtres sobrement réalisés, ils peuvent prêter à sourire dans la manière concise dont notre étrangleur s'emploie pour étouffer furtivement ses victimes. Mais la prestance de l'excellent Victor Buono (le Couloir de la mort, Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? ou encore la série TV: l'homme de l'Atlantide) vaut le détour dans sa physionomie bedonnante alourdie d'un petit regard indocile. Suintant la sueur des pores de son visage quand ses mains s'accaparent brusquement du cou de la victime, sa posture large et ténébreuse renforce une présence opaque de ce psyché galvaudé. Par ailleurs, en guise de trophée et pour se réconforter d'une vie morne et esseulée, Léo Kroll collectionne chez lui les petites poupées de plastique qu'il dénude ou démembre par utopie fantasmatique.
En dehors de l'attention psychologique mise en exergue sur notre tueur pathétique, le Tueur de Boston réussit également à insuffler une certaine notion de suspense quand celui-ci se voit épris d'affection pour une jeune foraine. Tandis que son épilogue fatalement tragique nous inspire également un semblant d'empathie pour le sort dérisoire réservé à cette victime schizophrène.

Dominé par la prestance de l'inquiétant Victor Buono et efficacement mené dans sa dramaturgie croissante, le Tueur de Boston est un petit thriller à découvrir pour l'amateur de curiosité. La dimension psychologique alloué au personnage marginal, son fétichisme déviant pour les figurines de Barbie et l'ambiance futilement obscure émanante de ses dérives meurtrières préfigurent d'une certaine manière un certain Maniac de William Lustig !
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Messagepar Lan » 06 Septembre 2012, 09:11

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Ecrit par Bill S. Ballinger
Avec Victor Buono, David McLean, Diane Sayer

Année : 1964
Pays : USA
Durée : 89 min

L'HISTOIRE
Peu gâté par la nature et victime d'une mère possessive, Léo Kroll (Victor Buono), pour se défouler, étrangle des jeunes femmes. Un jour, il tombe amoureux, mais celle avec qui il croyait pouvoir être heureux le repousse. Léo va donc essayer de l'étrangler...

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.: LA CRITIQUE
A ne pas confondre avec "L'ETRANGLEUR DE BOSTON" de Richard Fleischer, sorti en 1968, "LE TUEUR DE BOSTON" retraçait, quatre ans plus tôt, les forfaits d'un serial killer étrangleur de femmes. Vraisemblablement inspiré lui aussi par le parcours criminel d'Albert De Salvo, le film de Burt Topper dépeint les pulsions d'un homme incapable de tenir tête à sa mère, avec laquelle il entretient des rapports quasi-incestueux.

Tourné en noir et blanc avec un modeste budget, "LE TUEUR DE BOSTON" est porté par l'excellent Victor Buono, qui incarne avec brio le personnage de Léo Kroll, un homme au physique quelque peu ingrat qui rencontre d'évidentes difficultés avec la gent féminine. Avec son regard perçant et son visage constamment suintant, ce dernier inspire la plus grande aversion, mais parfois aussi une certaine empathie, notamment devant l'emprise qu'exerce sur lui sa mère acariâtre, ou encore devant l'effarante naïveté dont il fait preuve avec la jeune femme qu'il convoite.

L'intérêt du "LE TUEUR DE BOSTON" réside moins dans l'enquête de police – peu palpitante – que dans la psychologie du tueur, par ailleurs étayée – nous dit-on au début du film – par les conseils de psychiatres ainsi que par divers dossiers de police.
Bien que ses méfaits restent relativement édulcorés (ni effusions de sang, ni torture ou abus sexuel...), ses expressions orgasmiques lors des différents étranglements résument à eux seuls toute la complexité de Léo Kroll, oscillant entre la rage qu'il éprouve à l'égard de sa propre mère (qui a annihilé toute forme de confiance en lui par des humiliations verbales et un insupportable chantage affectif) et, probablement, des désirs charnels inassouvis...
A ce titre, le parcours du tueur sera jalonné de symboles féminins forts : les bas utilisés pour les strangulations, les poupées qu'il déshabille et garde comme trophées, les femmes en sous-vêtements, objets de voyeurisme...

Avec ce "TUEUR DE BOSTON" dans un esprit très hitchcockien où tout est subtilement suggéré, Burt Topper livre un film tout à fait honorable, dont on regrettera cependant la conclusion expéditive.

Note de Lan : 6.5 sur 10

Critique du film "LE TUEUR DE BOSTON"
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