Les Crimes de Snowtown

-> Action, Guerre, comédie, aventure, western, drame, animation, mangas, dessins animés et le reste inclassable...

Messagepar Lan » 14 Novembre 2011, 17:48

Image
Ecrit par Shaun Grant, Justin Kurzel
Avec Lucas Pittaway, Daniel Henshall, Louise Harris

Année : 2011
Pays : Australie
Durée : 120 min

.: L'HISTOIRE
Jamie, âgé de 16 ans, vit avec sa mère Elizabeth et ses deux jeunes frères, Alex et Nicholas, dans un logement de la banlieue nord d'Adelaïde. Leur maison ressemble à un vrai taudis. Les lieux sont une véritable zone de non-droit. Du fait de la violence et du désespoir causé par sa situation, Jamie voit une forme de salut en John, un individu charismatique, qui vient lui prêter secours. John dépense de plus en plus de temps avec la famille de Jamie et ramène de la sérénité et un surcroît de stabilité dans ce foyer défavorisé. John devient un protecteur et un mentor pour Jamie. C'est alors qu'il commence à l'endoctriner. Sans même s'en rendre compte, Jamie devient peu à peu à l'image de John, qui s'avère être un tueur en série....

ImageImageImageImage

.: LA CRITIQUE
Pour son premier long-métrage, Justin Kurzel a choisi de raconter le parcours du plus dangereux tueur en série d'Australie, John Bunting, en s'inspirant de deux livres écrits à son sujet, « Killing For Pleasure » de Debi Marshall et « The Snowtown Murders » d'Andrew McGarry.
"LES CRIMES DE SNOWTOWN" ressemble de prime abord à une chronique sociale, dressant le portrait d'une famille qui vit dans la plus grande précarité dans une banlieue pauvre d'Adelaïde. Le quartier, véritable dépotoir fait de taules ondulées et jonché d'ordures, est un terrain propice à la violence... Ainsi, lorsque Liz apprend que son voisin pédophile a abusé de ses fils, des réunions de quartiers s'organisent pour punir le coupable.
Dans le groupe, un personnage s'impose très vite comme le leader. Sous son air jovial, ses propos inquiétants remportent l'adhésion collective des habitants, ulcérés par la passivité des forces de l'ordre.
C'est comme ça que John entre dans la vie de la famille. A la fois attentionné et protecteur, il est la figure paternelle qui manque aux trois fils, mais aussi le compagnon idéal pour leur mère. Pourtant, quelque chose dans son regard en dit long sur le mal qui sommeille en lui...

Daniel Henshall, qui interprète ce tueur froid et méthodique, avait déjà une expérience au théâtre et à la télévision, contrairement à Lucas Pittaway ou Louise Harris qui ont été repérés dans la rue. Malgré ce contraste au casting, tous les acteurs du film s'avèrent excellents dans leurs rôles, rendant la relation entre l'adolescent en détresse et ce père de substitution, naturellement autoritaire et charismatique, si passionnante.
L'emprise exercée par John pour forger Jamie à son image et en faire un homme (mais aussi son instrument), entraîne ce dernier dans une spirale de violence, rarement montrée de manière brute à l'écran.
Les meurtres sont d'abord suggérés par un trou creusé dans le jardin, une baignoire ensanglantée, un chien qui semble attiré par quelque chose sous terre, des sacs poubelle ou encore un bandage à la main... Plus on avance dans le film, plus on découvre le mode opératoire de l'homme plein de contradictions, aussi bien animé d'une certaine empathie pour les victimes (à moins que ce ne soit qu'un prétexte pour assouvir ses pulsions meurtrières), que complètement dépourvu d'humanité lorsqu'il décide de sévir.
La scène de démembrement de kangourous morts (dont les restes sont réduits en bouillie pour être balancés sur la maison du pédophile) donne déjà un aperçu de l'esprit tordu du personnage, et n'est qu'un prélude au malaise que le spectateur pourra ressentir devant certaines scènes.

D'un réalisme souvent dérangeant, "LES CRIMES DE SNOWTOWN" prend le parti de ne mettre que certains faits en avant. Parfois un peu difficile à suivre avec sa narration dépourvue de repères temporels ou de transitions, le film de Justin Kurzel, malgré quelques longueurs, parvient à décrire toute l'horreur de ce fait divers à travers le personnage de Jamie Vlassakis, complice malgré lui d'une douzaine de meurtres.

Note de Lan : 6.5 sur 10

Critique du film "LES CRIMES DE SNOWTOWN"
http://www.ablazine.com/
<a href="http://www.actuanimaux.com"><img src="http://www.actuanimaux.com/wp-content/uploads/2010/12/300x250-AAbannerV02.gif"/></a>
Avatar de l’utilisateur
Lan
Cruelty free
 
Messages: 2076
Inscription: 04 Novembre 2003, 14:19

Messagepar BRUNO MATEI » 08 Mai 2012, 07:27

D'après un fait divers notoire survenu entre 1992 et 1999, le réalisateur Justin Kurzel nous retrace avec Les crimes de Snowtown la dérive meurtrière d'un serial-killer, John Bunting. Avec l'aide de complices, il commit une douzaine de meurtres dans une banlieue désoeuvrée de l'Australie par simple esprit de vengeance et d'homophobie.

Dans une contrée du nord d'Adelaïde en Australie, Jamie et ses frères vivent de manière précaire avec leur mère divorcée. Molesté d'attouchements sexuels par l'un de leur voisin, les trois frères se réfugient dans le mutisme, faute d'humiliation contrariée. Mais un jour débarque John Bunting, un homme à l'apparence affable et accueillant, épris d'affection pour leur mère. Jamie voit en lui le père idéal qu'il n'a jamais pu connaître.

Dans l'ambiance blafarde d'une contrée isolée du nord de l'Australie, Les Crimes de Snowtown nous relate le triste quotidien d'une famille désoeuvrée laminée par le chômage et la fréquentation miteuse d'une population marginale. A travers le désespoir toujours plus abrupt d'un adolescent introverti sexuellement abusé, le réalisateur souhaite mettre en exergue sa déchéance morale par la faute d'un conjoint faussement indulgent. Verdeur d'un hyper réalisme proche du documentaire et terne photographie plongent nos protagonistes incultes dans la grisaille de leur commune insalubre. Cette tragédie sordide côtoyant le marasme auprès du spectateur incommodé par tant de haine expéditive relate une dégénérescence mentale d'un jeune garçon timorée. Un souffre-douleur solitaire et fragile, livré à la paternité d'un sociopathe adepte de torture barbare. De manière jusqu'au-boutiste, nous allons suivre son implication au meurtre par la volonté drastique d'un justicier expéditif, déversant sa haine sur les handicapés, drogués et homos. Sa vocation essentielle: nettoyer l'agglomération des quidams pervertis par la pédophilie, l'alcool ou la drogue, tout en stigmatisant une profonde aversion pour les homosexuels.

Par sa condition sociale infortunée et l'absence de tous repères moraux et affectifs (en dehors de la bonhomie aigrie de sa mère taciturne), Jamie va peu à peu se laisser happer par la folie meurtrière d'un exterminateur et ses complices décérébrés. Un insurgé habité par son intolérance, dictant sa loi réactionnaire pour restaurer une justice laxiste. Au départ réfractaire d'être le témoin malgré lui d'actes de tortures et de meurtres infligés sur les victimes molestées, l'adolescent finira néanmoins par accepter cet endoctrinement en mettant fin aux douleurs d'un supplicié moribond (la séquence insoutenable de sadisme est d'un réalisme si viscéral qu'elle provoque successivement malaise et nausée).
Avec l'interprétation exceptionnelle de comédiens amateurs (Daniel Henshall et Lucas Pittaway sont époustouflants de déshumanisation déchue dans leur complicité antinomique), le film de Justin Kurzel nous éprouve implacablement jusqu'à l'asphyxie par son atmosphère irrespirable d'une misère humaine laissée pour compte. Ce sentiment d'abandon, d'injustice et de désoeuvrement soumis à la précarité des citoyens les plus incultes, la banalité de leur quotidien morne et désenchanté vont finalement mener certains individus au meurtre crapuleux régit par l'allégeance d'un idéologiste fasciste. La lourdeur du score ténébreux d'Emilio Kauderer décuplant une rythmique de pulsations angoissées doit également beaucoup à l'intensité monolithique de cette besogne mortuaire.

Toute société à les crimes qu'elle mérite
D'un naturalisme prégnant, viscéralement cafardeux et noyé d'amertume par l'abdication d'une misère sociale livrée à elle même, Les Crimes de Snowtown est un drame sordide dont il est difficile de s'en extraire. L'histoire vraie et poisseuse d'un cas de serial-killer utilisant de manière perfide une doctrine vindicative pour influencer et avilir l'innocence d'un rejeton désorienté. La verdeur putassière et l'impact émotionnel qui émanent du désoeuvrement immoral de nos protagonistes nous laissent une brèche corporelle sitôt le générique bouclé. Un classique à en devenir pour ce premier essai dont la maîtrise acérée de la mise en scène laisse pantois !

La Sentence de la juridiction
Le 20 Mai 1999, la police découvre des cadavres dans des barils, dans une banque désaffectée à Snowtown. Deux autres corps sont retrouvés enterrés dans un jardin.
Le 21 Mai 1999, plusieurs personnes sont arrêtées. Robert Wagner plaide coupable de trois meurtres. Il est reconnu coupable de dix. Mark Haydon est coupable d'avoir été complice de sept meurtres.
Le pire tueur en série d'Australie, John Bunting, coupable de onze meurtres et condamné à perpétuité. Le 6 Septembre 2001, Elisabeth Harvey meurt d'un cancer. Elle n'a jamais été condamnée pour sa participation au meurtre de Ray Davies. Jamies Vlassakis plaide coupable de quatre meurtres. Il est condamné à vie, dont 26 ans incompressibles. Ayant témoigné contre ses co-accusés, il purge sa peine sous un faux nom dans un lieu secret. En 2025, les autorités décideront s'il doit être relâché ou non. Il aura 45 ans.
Image
Avatar de l’utilisateur
BRUNO MATEI
Oh My Gore &#33; Fan
 
Messages: 1319
Inscription: 14 Novembre 2010, 10:25


Retourner vers Cinéma non fantastique

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité