Drive

-> Action, Guerre, comédie, aventure, western, drame, animation, mangas, dessins animés et le reste inclassable...

Messagepar Lan » 04 Octobre 2011, 14:44

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Ecrit par Hossein Amini, James Sallis
Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston

Année : 2011
Pays : USA
Durée : 100 min

L'HISTOIRE
Un cascadeur tranquille et anonyme se métamorphose dès que la nuit tombe : il devient pilote de voitures pour le compte de la mafia. La combine est bien rodée jusqu'au jour où l'un des casses tourne mal et l'entraîne dans une course-poursuite infernale.

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.: LA CRITIQUE
Deux ans après le très sensoriel "VALHALLA RISING", le réalisateur danois Nicolas Winding Refn, qui s'était illustré notamment avec "BRONSON" et sa trilogie "PUSHER", signe avec "DRIVE" un film de commande pour les Etats-Unis, qui devait au départ être confié à Neil Marshall, avec Hugh Jackman en tête d'affiche.
Bien que l'histoire, adaptée du roman éponyme de James Sallis, n'ait à première vue rien de spécialement inédit, la mise en scène en revanche se montre carrément bluffante du début à la fin ! D'emblée, une typo rose flashy annonce la volonté du réalisateur de s'écarter des sentiers battus, avant d'entrer dans le vif du sujet, avec une présentation du personnage principal en mission nocturne dans les rues de Los Angeles.

C'est Ryan Gosling qui incarne ce héros énigmatique, sorte de James Dean des temps modernes, garagiste et cascadeur le jour, pilote pour le compte de malfrats la nuit. Deux facettes de son habileté au volant qui dressent un parallèle intéressant avec la personnalité sombre de ce cowboy solitaire « sans nom », à la fois effacé, calme et attentionné, mais aussi capable d'une violence inouïe lorsque les circonstances l'exigent...
Force est de constater que l'acteur américain porte littéralement le film sur ses épaules, dans ce rôle aux dialogues minimalistes de vengeur froid et méthodique, qui préfère agir plutôt que de s'embarrasser de discours inutiles, au contraire des mafieux grandes gueules pour lesquels il travaille.
Outre le génial Bryan Cranston ("MALCOLM", "BREAKING BAD") qui interprète son boss garagiste un peu magouilleur sur les bords, Albert Brooks et Ron Perlman, sous leur apparente bonhommie, nous feront rapidement découvrir l'envers du décor et les règles impitoyables du Milieu, à un moment où notre héros s'embarque dans une relation platonique avec la douce Irène...

Loin des clichés niaiseux qu'on aurait pu craindre, les liens qui se créent entre le « driver » et la jeune femme (ainsi que son fils Benicio) offrent une palette d'émotions intenses, habilement véhiculées par les regards des acteurs, tout deux absolument époustouflants et justes.
Mais la belle idylle se verra rapidement interrompue par la sortie de prison du mari, lui aussi gangster notoire et élément déclencheur d'un règlement de compte sanglant, jalonné d'une violence montant crescendo. Un maelström de sentiments qui envahit le cascadeur (se résumant presque en une scène d'ascenseur...), dont l'apparente nonchalance masque un bouillonnement intérieur sur le point d'exploser à la face de ses adversaires au détour de quelques passages bien trash assez édifiants.

"DRIVE" est non seulement doté d'un scénario à la fois simple et solide, mais impose avant tout son style visuel classieux, notamment grâce à des jeux d'ombres ainsi qu'à des couleurs et des éclairages incroyables, comme en témoignent dès les premières minutes les magnifiques plans aériens de la ville. A l'image de son héros mystérieux qui garde le contrôle en toute circonstance, Nicolas Winding Refn maîtrise le langage des images à la perfection.
Un film coloré et pourtant d'une grande noirceur, rythmé par une bande son démente et très typée electro 80's, en totale osmose avec la tragédie qui se joue, sur fond de courses poursuites pleines de tension, qui, contrairement aux apparences, ne constituent qu'une infime partie de cette petite perle, à ne surtout pas manquer !

Note de Lan : 10 sur 10

Critique du film "DRIVE"
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Messagepar GoreObsessed » 07 Octobre 2011, 11:46

Cool, il me disait bien, et je suis donc conforté dans mon idée d'y aller :)
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Messagepar GoreObsessed » 14 Octobre 2011, 19:40

:woot: :woot: :woot: :woot:

Oui je reviens du ciné et alors :P

Putain la claque, je m'attendais exactement à ça, et je suis pas déçu !!!
J'ai vraiment adoré !

Seul point négatif, les gens qui rigolent après s'être fait caca dessus dans la scène du motel :crying:
Oui bah ça faisait longtemps que j'avais pas râlé sur les trous de balle qui vont au ciné voir un film noir en riant... en même temps ça doit remonter au dernier film que je suis allé voir au ciné...
Bref je sais je radote, mais pendant tout le début du film (avant la dite scène), c'était le silence total, devant le grand écran avec le son et tout... le pied... et puis tout à basculé, et à partir de là vas-y qu'on rigole dès qu'un mec insulte un autre...
Ce qui me rassure c'est une fille qui disait à son copain "mais pourquoi ils rigolent ? C'est pas drôle..." Je ne suis donc pas tout seul :rolleyes:

Bon en même temps si je raconte tout ça c'est parce que j'ai rien d'autre à dire sur le film si ce n'est :
si vous aimez les thrillers un peu sombre et qui tirent pas dans tous les sens, sans course poursuite toutes les 2 minutes, alors ne regardez pas la bande annonce, et COUREZ LE VOIR !!!!

10/10 (même si la perfection n'existe pas, mais là ça les vaut !)
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Messagepar GoreObsessed » 14 Octobre 2011, 19:45

Je viens de voir la bande annonce :

NE REGARDEZ PAS LA BANDE ANNONCE !!!!!!!!!

C'est ridicule, ils montrent tout !
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Messagepar BRUNO MATEI » 20 Décembre 2011, 16:45

D'après un roman de James Sallis, le nouveau film du réalisateur prodige Nicolas Winding Refn est un polar stylisé, hypnotique et laconique, qui transcende le stade de commande pour s'épanouir dans une errance sentimentale en apesanteur.
A titre subsidiaire, Neil Marshall était désigné pour le réaliser alors que Hugh Jackman devait endosser le rôle du chauffeur de nuit.

Un chauffeur de braqueurs, cascadeur pour le cinéma, tombe subitement amoureux de sa voisine de palier, Irène. Son mari, repris de justice à peine sorti de prison est contraint de perpétrer un nouveau braquage pour le compte de mafieux sans vergogne. L'opération tourne mal et le Driver qui s'était porté assistance décide par amour de secourir Irène et son jeune fils en traquant un à un les responsables du meurtre de son défunt.

Encensé par la critique et auréolé du Prix de la mise en scène sur la croisette cannoise, Drive a su surprendre et conquérir une large majorité du public (suffit de jeter un oeil sur le répertoire d'Allo ciné pour constater les éloges) alors que sa simplicité narrative aurait pu faire chavirer l'entreprise vers une banale série B superficielle et impersonnelle.
Le préambule saisissant de virtuosité concise évoque irrémédiablement une réminiscence envers le magnifique Driver de Walter Hill dans une séquence similaire de course-poursuite menée à travers la ville de Los Angeles mais aussi dans le profil mutique octroyé au protagoniste principal transi d'une physionomie fantomatique.
Cascadeur pour le cinéma le jour et chauffeur de braqueurs la nuit, le Driver s'imprègne de son propre univers tentaculaire à travers l'ambiance urbaine d'une ville constellée (façon Michael Mann ou Friedkin à l'esthétique léchée de teintes orangers et azurs). Son professionnalisme pour la conduite de véhicules clinquants et sa droiture flegme de solitaire, illégalement complice d'actions frauduleuses, captive le spectateur par son inédite apparence corporelle vêtue d'un blouson argenté imprimé d'un scorpion symbolique. C'est en portant assistance à un ancien repris de justice et par amour pour une jeune voisine flexible que sa destinée routinière va s'ériger vers un tournant mortuaire. Le chauffeur sans nom indépendant d'une postérité parentale ou conjugale se trouve subitement attendri par une romance fusionnelle. Mais ce versant amoureux insoluble, imposé par deux amoureux fébriles, compromis par l'esprit vindicatif et l'illégitime défense va inévitablement transformer notre anti-héros en ange exterminateur (le masque iconique d'un visage blême impassible évacué de l'univers tortueux de David Lynch va renforcer sa déchéance inhumaine déployée avec une haine irraisonnée).

Si Drive fascine et hypnotise de façon désincarnée et contemplative, il le doit au privilège de sa bande son électrisante héritée de l'ambiance nostalgique des années 80 ainsi qu'à sa mise en scène perfectionniste multipliant les plans alambiqués ou insolites (son prix méritoire à Cannes est une récompense de décence).
Mais il culmine son pouvoir attractif grâce à l'incarnation d'un acteur discret endossé par Ryan Gosling (ancien danseur, compositeur, musicien mais également chanteur et guitariste du groupe Dead Man's Bones). Un personnage placide totalement magnétique dans la peau d'un marginal esseulé, éperdument amoureux d'une frêle inconnue (incarnée par la fragilité gracile de Carey Mulligan) pour s'engager dans une spirale meurtrière irréversible.
Le pouvoir d'attraction éprouvé durant son périple nocturne traversé d'éclairs de violence funèbres oriente finalement son attrait dans une idylle sentimentale suave jalonnée d'une imagerie poétique crépusculaire. Le scénario linéaire et sans surprise transcende donc sa précarité par une mise en scène flamboyante sublimant la notion de silence lattent, le calme elliptique de comportements meurtris pour ainsi mieux valoriser leur tourment mélancolique. Il accorde une intense dimension humaine dans les conséquences dramatiques offertes aux personnages austères enracinés dans les vicissitudes fielleuses. A travers cette romance aléatoire d'un chauffeur clandestin et d'une épouse chétive, Drive épouse leur contrariété désespérée entre lyrisme onirique et violence consumée.

Illuminé d'une pop rock enfiévrée, émaillé de plages de silence et de non-dits imposés avec grâce lascive, Drive est une odyssée romanesque jusqu'au tréfonds de l'obscurité. Une histoire d'amour en apesanteur déguisée en polar baroque pour établir le portrait fantasmagorique d'un Driver contaminé par l'essence d'une candide dulcinée. Magnifiquement trouble et formellement enivrant, cet ovni stylisé hante les esprits pour laisser en mémoire une oeuvre tragique, ultra violente, transcendée par l'aura obsédante d'une tendresse aérienne.
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Messagepar asath » 20 Décembre 2011, 23:02

A noter que la BO, largement inspirée des séries us 80s, est signée kavinsky, alias un des membres de DAFT PUNK.
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Messagepar Lan » 23 Décembre 2011, 07:16

Y a un seul morceau de Kavinsky, la B.O. est essentiellement composée par Cliff Martinez, ex-Red Hot.
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Messagepar Killjoy » 13 Juillet 2012, 09:08

DRIVE
De Nicolas Winding Refn
Etats Unis
2011
Prix de la mise en scène à Cannes en 2011
Avec Ron Perlman
100 minutes
Polar
Synopsis :
Cascadeur sur des films de série B le jour et conducteur chauffeur pour la mafia locale la nuit, un jeune homme d’une trentaine d’années mène une existence taciturne, vit seul dans un appartement feutré et semble dénué de toute ouverture vers le monde extérieur (il ne parle que très peu, limite ses sentiments au plus sobre et parait sans cesse distant envers les gens qu’il rencontre)…
Mais une voisine de palier blonde au charme ravageur va petit à petit bouleverser sa vie !
Le mari de celle-ci sort de prison inopinément et rencontre des problèmes avec les créanciers qui étaient protecteurs du malfrat lors de son séjour en prison…
Inconsciemment ou consciemment et par empathie pour la jeune femme, le héros du film accepte tacitement d’aider le malfrat et lui propose ses services pour clore une bonne fois pour toutes les pressions infligées par la pègre locale, en le véhiculant hors de la ville afin qu’il puisse régler ses comptes et abattre ses ennemis de toujours, pouvant ainsi recommencer un nouveau départ dans sa vie…
La fusillade tourne au carnage et le mari est abattu !
C’est maintenant contre le conducteur complice que se tournent les gangsters, cherchant par tous moyens à le mettre hors d’état de nuire…
Il pensait être hors d’atteinte mais il n’en est rien !
La traque débute avec au centre la survie de la fille et cet amour inavoué se transformant inexorablement en sacrifice d’un homme qui n’a plus rien à perdre !
Mon avis :
« Drive » représente en fait un segment du polar classique contemporain, renouvelant en quasi permanence les conventions codifiées établies précédemment par ses homologues, et ce, toutes nationalités confondues !
L’on assiste à l’histoire d’un homme et d’une femme, perdus dans les méandres sisyphiens de la violence, spirale infernale les menant inéluctablement soit vers la mort soit vers la souffrance d’un amour déchu par avance et latent d’un danger omniprésent…
Tragique et sombre voire lugubre, « Drive » multiplie les séquences nocturnes et les endroits sordides, où s’entremêlent les salauds de la pire espèce et les passages violents font figure d’électrochoc dans le métrage, blindé d’une noirceur digne des polars hollywoodiens des années 40 (comme ceux avec Humphrey Bogart)…
D’une sincérité qui fait plaisir à voir, Nicolas Winding Refn maitrise totalement et de bout en bout son sujet et parvient via une limpidité scénaristique hors pair à transcender une histoire, à priori sobre et commune, en un authentique film d’auteur, merveille de cinéphilie et chef d’œuvre du genre…
Captant les décors, les personnages, le réalisateur Nicolas Winding Refn réussit à renvoyer les peurs et les interdits en audace et en dynamisme…
On sait que l’issue du film sera noire, on s’y pressent…
Mais la manière adoptée pour mettre cette crainte (justifiée) en images s’avère presque onirique ou du moins magique…
Les scènes de poursuites en voiture sont bien goupillées et quelques plans « gore » assez foudroyants ponctuent un métrage qui se distingue invariablement par sa singularité et son sens de la répartie…
La musique (très années 80, surtout au générique de début ) peut rappeler certains polars comme « Police fédérale Los Angeles » de Friedkin mais « Drive » reste « Drive », Nicolas Winding Refn fait du Nicolas Winding Refn, s’en sortant avec les honneurs pour un métrage sans sorties de routes mais parfaitement pertinent car doté de tous les atouts pour devenir un classique du genre…
Immanquable !
Note : 9.75/10
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