par Killjoy » 18 Décembre 2011, 10:08
MA 6T VA CRACK-ER
De Jean François Richet
1996
France
Avec Virginie Ledoyen, Jean François Richet
Chronique sociale
Synopsis :
Le quotidien de jeunes voyous de la banlieue de Seine et Marne, narguant la police sans arrêt et trempant dans des histoires de deals, de drogue et de règlements de compte internes entre bandes
Les éducateurs et les responsables sociaux et déducation essaient tant bien que mal de les raisonner, de leur inculquer les principes de bonne entente mutuelle et de les réintégrer dans le droit chemin mais rien ne semble y faire et porter ses fruits
Tout nest et ne reste quune succession inexorable de violence et de bagarres, soit à mains nues soit avec une arme à feu (le « calibre »)
Certains policiers peu regardants arrivent à capturer les bougres et leur font subir les pires outrages, comme une ultime « vengeance » face à ce délabrement sociétaire qui impacte lourdement latmosphère et lambiance de ces cités devenues zones de « non droit »
Sensuivront des émeutes dune radicalité déconcertante qui ne laisseront aucune once despoir et qui seront réprimandées de manière équivoque mais sans la moindre résolution concrète
Et si la révolte et la révolution étaient les seules alternatives ?
Mon avis :
Après son métrage quasi documentaire « Etat des lieux » et avant son escapade outre Atlantique avec son piteux remake d »Assaut on precinct 13 » de Carpenter et sa renommée césarisée des « Mesrine », Richet signe ici son film le plus frontal, insufflant un réalisme et une énergie peu communes qui risqueront de provoquer un certain malaise, mais ce malaise est bel et bien existentiel et reflet du quotidien des jeunes banlieusards en plein désoeuvrement, quasi perpétuellement
Richet provoque alors une confrontation interne flics/voyous avec un léger parti pris, mettant presque tout sur le dos des forces de lordre par léquation simpliste « répression/violence/chômage/problèmes communautaires ».
Ceci étant, sa mise en scène est très dynamique et parfaitement maîtrisée, usant et abusant de bagarres et de scènes démeutes tout à fait opportunes face à une certaine émotion de rage décuplée et qui servira de levier à une expression cathartique bien justifiée
La bande son agrémentée de morceaux hip hop de lépoque est bien amenée pour faire comprendre et ressentir au spectateur dans quel état desprit se trouvent les protagonistes de lhistoire, mettant en avant les galères de leur quotidien, via une approche très réaliste et jamais surjouée
Après tous ces paramètres et malgré quelques défauts, on passera un bon moment devant le film, qui reste néanmoins très dur par moments mais qui envoie et renvoie le public face à ses responsabilités dues au délitement et à la déliquescence sociétaires appuyés par une popperisation des cités, livrées à elles mêmes et en plein désarroi
Richet napporte en fait aucune solution mais fait un constat
Son introduction magnifique avec la belle Virginie Ledoyen appelle clairement à la révolte des masses et par ailleurs le monologue voix off qui sert dépilogue le dit clairement « se basant sur un texte de la Constitution des Droits de lHomme » rendant la révolution comme droit pour le peuple en cas de non respect des règles
Malheureusement encore dactualité, « Ma 6 T va crack-er » est au final un excellent métrage, presque nécessaire pour ouvrir les illères des personnes qui avaient une approche obscure de la vie des banlieues.
Violent, puissant, dynamique et sincère, un « filmoutil », reflet habile de situations rarement abordées avec autant de réalisme
Réussite totale pour Richet !