WEEK-END SAUVAGE
Titre original: Death Week-end
Réalisateur: William Fruet.
Année: 1976.
Origine: Canada.
Durée: 1h27.
Distribution: Brenda Vaccaro, Don Stroud, Chuck Shamata, Richard Ayres, Kyle Edwards, Don Granberry, Ed McNamara. Elen Yarish, Roselle Stone.
Sortie en salles en France le 5 Janvier 1977. U.S: 4 Mars 1977.
FILMOGRAPHIE: William Fruet est un réalisateur, producteur et scénariste canadien, né en 1933 à Lethbridge (Canada).
1972: Wedding in White. 1976: Week-end Sauvage. 1979: One of our Own (télé-film). Search and Destroy. 1980: Funeral Home. 1982: Trapped. 1983: Spasms. 1984: Bedroom Eyes. 1986: Brothers by choice. Killer Party. 1987: Blue Monkey. 2000: Dear America; A line in the Sand (télé-film).
Sorti en pleine mouvance des Vigilante movies et rape and revenge tels que Les Chiens de Paille, La Chasse Sanglante ou Un justicier dans la ville, Week-end Sauvage (ou Fin de semaine infernale comme l'avait suggéré sa célèbre BA hexagonale !) fut à l'époque des années 80 un véritable hit Vhs de nos chers vidéo-clubs. Edité sous la bannière d'Hollywood Vidéo, ce titre phare fut une valeur sûre pour rameuter le spectateur avide d'ultra violence et de frisson ludique. Hormis une tension moins incisive qu'à l'époque de sa sortie, ce film d'exploitation garde son charme suranné grâce en priorité au duo inopportun formé par la charmante Brenda Vaccaro et le robuste Don Stroud.
Un chirurgien dentiste, séducteur machiste et propriétaire d'une villa au bord d'un lac, invite le temps d'un week-end sa nouvelle conquête Diana, une jeune mannequin affermie. Sur leur chemin, alors qu'Harry lui laisse conduire sa chevrolet corvette, ils entament une course-poursuite avec une bande de marginaux véreux. Vexés d'avoir été la risée d'une jeune conductrice beaucoup plus experte dans l'art de piloter un bolide, nos quatre lurons décident de retrouver leur trace pour se venger sans restriction.
Conçu comme un pur film d'exploitation afin de récupérer les succès populaires d'oeuvres transgressives comme La Dernière Maison sur la Gauche ou plus précisément Les Chiens de Paille, Week-end sauvage démarre furtivement sur les chapeaux de roue avec une séquence de course-poursuite en véhicule plutôt bien coordonnée. Sur une route champêtre, quatre lascards décervelés décident de narguer un couple à bord de leur corvette mais la jeune conductrice particulièrement finaude réussit à les semer et provoque l'humiliation du leader. Après cette rixe échevelée, les deux amants arrivent au lieu dit et profitent de cette résidence fastueuse pour s'épanouir sereinement. Mais avec le profil antipathique d'un nanti orgueilleux trop imbus de sa personne et d'une mannequin érudite plutôt affirmée, leur rapport antinomique va vite déchanter pour couper court à leur potentiel idylle romanesque. Alors que Diana est sur le point de quitter la demeure, nos quatre malfrats contrariés ont brusquement investi la villa pour foutre le zouc et faire payer à ces bourgeois leur insolence vaniteuse.
Le scénario simpliste et prévisible n'est qu'un prétexte à un déchaînement de violence gratuite engagée par de jeunes marginaux faussement contestataires. Faute de leur déficience intellectuelle, nos ploucs alcoolisés tributaires d'une soif de liberté putanesque sont résolus à dévaster la demeure d'un poltron corrompu par sa condition fortunée. La où la narration va faire preuve d'une certaine originalité, c'est dans le rapport de force établi entre le bourreau et la victime. Le tempérament affirmé d'une femme juvénile dotée d'un caractère ferme car tenant tête face à la désinvolture d'un délinquant frustré. Paradoxalement, au moment ou celui-ci envisage de la violer, leur rapport équivoque va subitement interpeller le spectateur puisque son agresseur semble épris d'une sentiment amoureux. L'épilogue va d'ailleurs revenir sur le caractère incongru de leur relation trouble quand l'héroïne vindicative va se remémorer l'attitude de son bourreau déstabilisé lors de l'agression sexuelle.
Dans Week-end sauvage, le portrait établi par Diana permet d'illustrer l'émancipation d'une femme révoltée, finalement beaucoup plus vaillante et pugnace que l'homme sournois, présomptueux et voyeuriste, réduit ici à un machiste incapable de refréner ses pulsions sexuelles. Que se soit du côté du chirurgien dentiste avili par sa fortune et ses caprices lubriques ou de la rébellion des assaillants dépités par leur précarité désoeuvrée.
La dernière partie nous illustre le combat pour la survie de cette femme humiliée et violentée, enfin déterminée à retrouver sa liberté en se vengeant de ses agresseurs.
Hormis une tension ayant quelque peu perdu de son aura au fil des décennies, Week-end sauvage est un bon p'tit classique des seventies particulièrement bien troussé et efficacement rythmé. Sa violence rugueuse parfois pénible (la mort d'Harry ou l'égorgement sanglant d'un des antagonistes), la partition musicale pondérée d'Ivan Reitman, les décors naturels particulièrement photogéniques et la trogne burinée de comédiens de seconde zone en font une série B indocile tout à fait recommandable. D'ailleurs, à l'époque de sa sortie le film aura tellement choqué nos conservateurs biens pensants qu'il fut interdit au moins de 18 ans, puis catalogué en Angleterre dans la rubrique des fameux "vidéos nasties".

