WARRIOR
Réalisateur: Gavin O'Connor.
Année: 2011.
Origine: U.S.A.
Durée: 2h20.
Distribution: Tom Hardy, Joel Edgerton, Nick Nolte, Jennifer Morrison, Noah Emmerich, Bryan Callen, Kevin Dunn, Denzel Whitaker, Frank Grillo, Kurt Angle, Jake McLaughlin.
Sortie en salles en France le 14 Septembre 2011. U.S: 9 Septembre 2011
FILMOGRAPHIE: Gavin O'Connor est un réalisateur, producteur, scénariste et acteur américain, né en 1964 à Long Island (New-York).
1994: American Standoff
1995: Comfortably Numb
1999: Libre comme le vent
2001: Murphy's Dozen (TV)
2004: Miracle. Clubhouse (série TV)
2006: The Prince (TV)
2008: Le Prix de la Loyauté
2011: Warrior
Dans la lignée de Rocky et des "success story" taillées sur mesure sous les projecteurs d'Hollywood, Warrior réussit à proposer un autre film d'action particulièrement intense et riche dans sa description fébrile de deux frères en rivalité rancunière et confrontés depuis leur adolescence à un père ex- alcoolique.
Warrior n'est pas un film de boxe à proprement parler car il nous fait partager ici l'activité du "Free Fight". Une discipline de combat complet (ou combat libre) affiliant pugilat et lutte au corps à corps avec coups de pieds, de genou, de coude et de poings assénés contre l'adversaire.
Tommy, jeune marine revient dans son pays pour rejoindre son père et lui proposer de l'entraîner à nouveau pour le championnat du Free Fight. Le frère aîné, Brendan, père de famille et marié à Tess, risque de perdre la propriété de sa maison. En désespoir de cause, il décide lui aussi de reprendre les gants pour pouvoir ainsi payer sa dette bancaire. Un combat pour la survie et la fraternité s'engage entre les deux frères conflictuels.
Gavin O'Connor, réalisateur jusqu'ici discret et peu reconnu risque de changer la donne au vu du résultat spectaculaire entrepris par son nouveau projet avec une riche dimension humaine pour retranscrire l'univers aride du combat libre.
Ce nouveau film sportif dédié cette fois-ci à l'activité du Free Fight prend une ampleur insoupçonnée au fil du récit classiquement illustré mais transcendé par les esprits contrariés de frères en phase de déclin mais habités par la rage de survie. Si Warrior se révèle davantage intense et bouleversant c'est dans le portrait chétif asséné à une famille désunie en quête ultime de rédemption. Ces deux frères au caractère bien distinct mais communément hantés par une requête de reconnaissance, nous émeut avec une dignité dépouillée sans sombrer dans les effets grossiers du pathos. Offensés par un passé inéquitable inscrit sur la rancoeur et la jalousie, faute d'un paternel partial et alcoolique, ses hommes pugnaces vont finalement devoir s'affronter sur un ring pour régler leur compte personnel et peut-être se pardonner les erreurs d'un souvenir galvaudé.
Hormis les clichés éculés référencés pour dépeindre une famille martelée par le malheur, l'interprétation magistrale des comédiens transcende les facilités caractérielles dans un poignant humanisme davantage éloquent de désespoir lattent. Tandis que la violence aride des nombreux combats chorégraphiés avec un réalisme cinglant s'extériorisent par les esprit torturés des deux frères envahis par la fougue de combattre pour la repentance.
Le point d'orgue majeur, d'une intensité émotionnelle drastique nous impose en épilogue le calvaire imposé à nos deux guerriers contraints de s'affronter pour l'espoir d'une ultime victoire. Mais aussi et surtout se battre avec le coeur buriné pour la délivrance du pardon cathartique. Un final dantesque pour un long combat inscrit dans les cloniques acharnées afin de mieux annihiler les rancunes, accentué par un score musical vulnérable.
Dans le rôle de Tommy, Tom Hardy réussit une fois encore à nous livrer une puissante interprétation dans sa hargne opiniâtre à exécuter des combats de corps à corps d'une incroyable rigueur concise. Un boxeur primitif habité par la révolte d'une antécédente bavure militaire et d'une lourde rancoeur contre son frère aîné tributaire d'une vie conjugale équilibrée. C'est Joel Edgerton qui incarne avec espoir désabusée celui du doyen avide de ressouder les liens familiaux pour éclipser les rancoeurs complaisantes et renouer avec la parité fraternelle. Nick Nolte en sexagénaire rongé par les années d'alcoolisme endosse avec une humanité déchirante un paternel désapprouvé par sa famille, faute d'une autonomie égocentrique. La séquence confinée dans une chambre d'hôtel auquel il décide de reprendre l'ivresse de la bouteille parmi le témoignage de Tommy exacerbe une composition sidérante d'authenticité. Une déchéance suicidaire imposée face caméra, faute d'une moralité sévèrement vilipendée par un fils préalablement intransigeant.
Mené à un rythme alerte et un souffle épique incisif découlant des corps brutalisés par le sport de de combat, Warrior est de prime abord le portrait tourmenté d'une famille désunie par l'esprit de rancoeur et de l'égoïsme primaire. Magnifiquement interprété par des comédiens transis de virilité primitive, ce récit simple mais transgressé par les personnages dépités en quête d'amour parental a su parfaitement affilier action spectaculaire et drame humaniste. Une épopée aussi sensible que furieusement sauvage en interne de l'arène du sport inscrit dans la loyauté salvatrice, retrouvant par la même le lyrisme des classiques du genre influencés par la saga Rocky.

