Venin

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Messagepar Maniak » 19 Août 2007, 21:16

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Venin

Venom
Genre: Thriller
Pays: Grande Bretagne
Année: 1981
Réalisateur : Piers Haggard
Avec : Klaus Kinski, Olivier Reed, Sarah Miles, Nicol Williamson...

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Philip est un jeune garçon fasciné par les animaux sauvages. Sa passion est sans cesse nourrie par les récits de son grand-père, guide pour safari aujourd’hui à la retraite. Ses parents, aussi riches que permissifs le laissent transformer sa chambre en véritable ménagerie et le garçon ne se prive pas pour accumuler animaux et cages. Alors que sa mère part en voyage pour Rome, le jeune garçon s’enthousiasme de son prochain achat : un serpent domestique d’afrique. Mais pendant qu’il se rend à l’animalerie, le criminel Jacmel pénètre dans la maison avec la complicité des domestiques dans le but de kidnapper l’enfant et d’en soutirer une rançon. A son retour, Philip a non seulement la désagréable surprise d’être capturé par Jacmel, mais il constate aussi que la vendeuse a interverti son serpent avec un autre, un mamba noir, extrêmement dangereux et destiné à l’origine à un centre d’étude sur la toxicologie.
Le mamba s’échappe et mord la domestique. Et tandis que la police encercle la maison, otages et kidnappeurs se retrouvent coincés avec le serpent…

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On l’aura compris à la lecture du pitch, Venin repose sur la double menace des kidnappeurs et du serpent. Un parti pris original et prometteur, inspiré du livre Des serpents sur vos têtes d’Alan Scholefield (publié en 1980 dans la collection « série noire »). Mais c’est également un sujet délicat pour le réalisateur qui s’en chargera. En effet il convient de ne pas tomber dans les excès et de bien gérer à la fois la présence des criminels et celle du serpent. L’entreprise s’avère d’autant plus difficile que Klaus Kinski et Olivier Reed sont prévus au casting. Le cinéphile n’ignore pas la réputation désastreuse, et loin d’être usurpée, qu’on les deux monstres sacrés : caractériels et fantasques, ils ne tarderont d’ailleurs pas à s’affronter et à entrer en concurrence durant le tournage du film.
Si les acteurs et le lieu de tournage sont européens, c’est bel et bien un producteur américain, Martin Bergman, qui est à l’origine du film. Ce dernier confie la casquette de réalisateur à Tobe Hooper, que les succès de Massacre à la tronçonneuse et du Crocodile de la mort désignent comme une valeur sûre du film de genre. Mais il quitte le tournage après quelques jours à peine (On l’a échappé belle !). Piers Haggard (responsable entre autres de la nuit des maléfices et du quatrième volet des aventures de Quatermass pour la télévision britannique) le remplace en hâte. Le pauvre réalisateur anglais ne dispose que de quelques jours pour se préparer, en plus d’avoir à gérer les fréquentes querelles entre les deux acteurs principaux et les scènes utilisant un vrai mamba noir qui nécessitent une équipe spéciale.
Heureusement pour lui le budget du film est plus que conséquent et permet un confort certain. Signalons à ce titre que le film nécessita la reconstitution en studio d’une rue londonienne entière.
Ainsi donc malgré ces difficultés, Haggard se retrouve à la tête du film, et s’en tire ma foi plus qu’honorablement ! En effet le film s’avère très maîtrisé, et les choix concernant la mise en scène et le scénario tout à fait pertinents. Ainsi le spectateur a bel et bien droit au monument de suspense qu’augurait le synopsis !

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Le film commence pourtant de manière plutôt calme, prenant le temps de nous présenter les personnages et les décors. Puis l’intrigue se met peu à peu en place et la tension ne tarde pas à monter rapidement. Haggard met astucieusement les différents éléments en place et installe une ambiance de plus en plus tendue. La multiplication des menaces pesant sur les héros peut sembler un procédé simpliste, mais il se révèle parfaitement efficace. Le personnage joué par Kinski s’impose rapidement comme le chef de la bande, au grand dam du domestique joué par Reed. Ce dernier est un alcoolique brutal aux réactions imprévisibles. Il s’oppose à un Kinski méthodique et glacial et l’affrontement des deux hommes fait tout le sel de l’intrigue. Les regards lourds qu’ils s’échangent pendant le film sont d’autant plus significatifs quand on connaît les circonstances de tournage et l’animosité réelle qui oppose les deux acteurs.
Et finalement c’est ce duo qui vole la vedette au serpent.
Ce dernier est quand même bel et bien présent, et la menace instable qu’il représente est habilement évoquée par le plan où on voit le serpent accéder aux conduits d’aérations : il peut ainsi surgir dans n’importe quelle pièce à n’importe quel moment sans qu’on ne s’y attende. Ses apparitions sont bien gérées, et sa dangerosité est montrée dès le début par l’attaque de la domestique, qui s’écroulera rapidement, les membres paralysés le visage convulsé et la bouche ensanglantée. L’effet est assez saisissant. Cependant on pourra quand même regretter que le serpent ne soit là que pour ajouter du suspense à un huis clos finalement assez classique. Venin est bien plus un thriller qu’un film « d’agression animale ». Sans doute les auteurs du film ont voulu conserver un cachet réaliste qu’ils risquaient de perdre (à l’instar du Crocodile de la mort de Tobe Hooper justement) en utilisant trop le serpent. Le film semble donc hésiter un instant entre les deux genres, afin de finalement se rabattre sur le thriller plus classique. Cela me semble toutefois le choix le plus juste, il vaut mieux que le serpent assure la touche d’originalité d’un bon thriller plutôt que de risquer de sombrer dans le ridicule et l’invraisemblance.

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Il reste donc que les quelques apparitions du serpent sont très réussies et incroyablement tendues ! Ajouté à l’intrigue pleine de suspense, à l’excellent jeu des acteurs et à la musique de Michael Kamen, cela fait de Venin un excellent thriller qui ne mérite pas les maigres scores au box office qu’il à fait lors de sa sortie et qui gagne à être plus connu !

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Messagepar SUSPIRIA » 20 Août 2007, 13:16

MANIAK sur ce coup-là t'es un génie de detérrer une série B conspuée par la plupart des critiques à l'époque ! ton analyse brillante est d'une grande justesse et je suis à 100 % d'accord avec toi.
J'ai vu VENIN au cinéma et je me souviens que la serveuse m'a soufflé à l'oreille : vous allez voir un très beau film, c'est un film dur mais c'est un très beau suspense !
Maniak tu as tout dit et ceux qui n'ont jamais vu cette perle n'auront toujours pas de chance de le voir car il n'existe toujours pas en dvd et se révèle rarement trouvable en vhs !

8/10
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Messagepar Killjoy » 20 Août 2007, 16:53

SUSPIRIA @ 20.08.2007 à 14:16 a écrit: J'ai vu VENIN au cinéma et je me souviens que la serveuse m'a soufflé à l'oreille : vous allez voir un très beau film, c'est un film dur mais c'est un très beau suspense !



t'as une chance du tonnerre d'avoir maté autant de films de ce style au cinéma, dans une salle obscure ! B) B)
Maniak ==> mortelle ta chronique, ça m'a sérieusement donné envie de le voir (mais qu'est ce que les éditeurs attendent pour le sortir en DVD, nom d'une pipe... ou Mad pourquoi pas ? je le verrais bien en DVD avec le Mad celui là !) ! :)
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Messagepar Maniak » 20 Août 2007, 18:45

SUSPIRIA @ 20.08.2007 à 14:16 a écrit: MANIAK sur ce coup-là t'es un génie de detérrer une série B conspuée par la plupart des critiques à l'époque ! ton analyse brillante est d'une grande justesse et je suis à 100 % d'accord avec toi.


pour une fois qu'on tombe d'accord! :)

les autres, vous savez ce qu'il vous reste à faire! B)
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Messagepar The Trooper » 22 Août 2007, 15:55

non.... quoi ? :D
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Messagepar Maniak » 22 Août 2007, 16:39

The Trooper @ 22.08.2007 à 16:55 a écrit: non.... quoi ? :D


:D

commencer par dire:

IL ME LE FAUT !!!!!!!!!

:P :D :D
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Messagepar BRUNO MATEI » 03 Janvier 2011, 16:48

La petite histoire:
VENIN est l'adaptation du roman "Des serpents sur vos têtes" d'Alan Scholefield, publié en France dans la collection "Série Noire". Ce sont les américains qui vont s'approprier les droits alors que le célèbre réalisateur Tobe Hooper commence la réalisation de l'entreprise. Mais il quitte précipitamment le tournage au bout de quelques jours préférant s'attaquer à son nouveau projet, Massacre dans le Train fantôme.
Le producteur Martin Bregman demande alors au réalisateur britannique Piers Haggard de s'approprier le poste et continuer le tournage du film avec seulement une dizaine de jours de préparation.

A Londres, trois gangsters ont décidé de prendre en otage un petit garçon et son grand-père contre une demande de rançon. Mais ce qui devait commençait comme un banal kidnapping va vite se transformer en huis-clos cauchemardesque quand un Mamba noir, le serpent le plus vénimeux au monde, se retrouve par erreur dans la maison parmi ses occupants assiégés par la police.

LA MAISON DES OTAGES.
Echec commercial à sa sortie, Venin souhaite jouer sur deux genres distincts pour les juxtaposer: le film à suspense pour une classique prise d'otage qui tourne rapidement au drame impromptu puisqu'à la suite d'un meurtre les malfaiteurs vont devoir s'embrigader à l'intérieur de la demeure et le film d'épouvante avec l'apparition induite par erreur d'un mamba noir. Un serpent redoutablement fascinant et insidieux dans son impitoyable devise meurtrière qui ne laisse aucune aubaine à sa victime, condamnée à une mort certaine et douloureuse si un sérum n'est pas administré dans les minutes qui suivent la morsure infligée, le poison s'écoulant dans les veines pour étouffer et paralyser sa proie dans d'abominables souffrances !
La est toute la note d'originalité de ce petit film plutôt bien troussé mais sans véritable surprise cependant, faute d'un manque de vigueur et d'ambition audacieuse dans les classiques négociations de routine entre les kidnappeurs et la police.
Le début haletant impressionne frontalement avec une scène d'attaque intense et saisissante ! La meilleure séquence affolante du film qui voit une domestique se faire mordre par le fameux mamba. Crise d'angoisse, panique, marasme, agonie ! Quelques minutes percutantes où l'on perçoit de manière viscérale la victime suintant la froide transpiration, totalement affolée et désemparée, son teint blême virant au bleu blafard, suffoquant dans ses brefs appels d'air pour prendre fugacement conscience qu'elle est sur le point de mourir. Réaliste, abrupte et effroyable dans sa réalisation adroite et sans fioriture.

La suite, assez efficacement menée mais vaine, se résume à un suspense assez attachant mais éprouvé, orthodoxe dans la longue confrontation qui s'ensuit entre les forces de l'ordre encerclant la demeure et ses malfaiteurs qui s'y sont blottis contre leur gré. Des meurtriers cherchant désespérément une issue pour se délier de leur labeur en proposant aux policiers leur coutumière rançon et une voiture pour détaler dans les plus brefs délais le pays !
Les apparitions du (véritable) serpent à l'écran sont plutôt bien rendues, via une réalisation subjective où l'on se met souvent à la place de l'animal rampant dans les conduits d'aération. Une scène à sursaut que je ne vous dévoilerai pas fait également mouche dans son effet de surprise inattendu.
Cette série B non dénuée de charme et d'un certain rythme empêchant l'apathie n'en n'est pas pour autant palpitante et effrayante. Les interventions du serpent se révélant plutôt rares et la traditionnelle prise d'otage compromise ne passionne pas le spectateur qui s'attendait à un peu plus de mordant de la part des deux camps : les gangsters mollement expérimentés et le Mamba, réputé pour être le plus dangereux du monde.
Pourtant, une autre scène frissonnante assez intense va intervenir vers la dernière partie du métrage avec le moment angoissant qui voit Oliver Reed pris en embuscade dans la cave, blessé à la poitrine par une balle de policier et tenter maladroitement de monter les escaliers pour regagner les lieux. Alors que notre Mamba va insinueusement se glisser sous son pantalon, agrippant l'une de ses jambes pour le mordre sans restriction.
ATTENTION SPOILER !!! La fin spectaculaire et violente qui voit Klaus Kinski se débattre incessamment contre les attaques répétées du serpent n'est pas non plus dénué de spectaculaire dans son combat sans merci octroyé sur l'étroitesse d'un des balcons de la maison devant une population médusée et avant que les forces de l'ordre n'interviennent de manière radicale ! FIN DU SPOILER.

On éprouve en tous cas un réel plaisir de voir réunis à l'écran deux illustres acteurs qui n'auront pas échappé à une certaine rivalité durant le tournage houleux du film.
Oliver Reed dans le rôle primaire du chauffeur besogneux est malheureusement quelque peu désservi, en retrait par sa personnalité à contre emploi de lourdeaux inculte et maladroit.
Tandis que Klaus Kinski en kidnappeur chevronné est parfait de présence magnétique dans celui du gentleman perfide, déterminé à négocier les opérations de survie de manière expérimentée et sensée.

MAMBA.
Nonobstant des dialogues parfois relatifs, Venin est une sympathique série B, attachante et plaisamment désuète mais qui malheureusement n'offre pas toutes les promesses attendues pour son mélange des genres associant suspense et épouvante, desservi par l'originalité d'un récit mal exploité, manquant furieusement d'audace (en dehors de l'intervention de sa première scène choc vraiment impressionnante).
Quelques scènes d'attaques réussies envers l'agressivité de notre reptile photogénique et la qualité de l'interprétation (Nicol Williamson dans le rôle du lieutenant de police s'y emploie avec spontanéité) empêchent cependant le film futilement vieillot mais toutefois agréable de sombrer dans l'ennui ou l'académisme le plus répréhensible.
Tandis que les nostalgiques des années 80 éprouveront une certaine tendresse pour ce type de production naïvement calibrée.
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Messagepar Killjoy » 05 Janvier 2011, 12:26

je veux absolument le voir ce film ! :woot: :jason: :leather:
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