TON VICE EST UNE CHAMBRE CLOSE DONT MOI SEUL AI LA CLEF.
Titre d'Origine: Il tuo vizio è una stanza chiusa e solo io ne ho la chiave
Réalisateur: Sergio Martino.
Année: 1972.
Origine: Italie.
Durée: 1h35.
Distribution: Edwige Fenech, Anita Strindberg, Luigi Pistilli, Ivan Rassimov, Franco Nebbia, Riccardo Salvino, Angela La Vorgnia.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sergio Martino est un réalisateur, producteur et scénariste italien né le 19 Juillet 1938, à Rome.
1970: L'Amérique à nu, Arizona se déchaine.
1971: L'Etrange vice de Mme Wardh. La Queue du Scorpion.
1972: L'Alliance Invisible. Ton Vice est une chambre close dont moi seul ait la clef.
1973: Mlle cuisses longues. Polices Parallèles. Torso.
1975: Le Parfum du Diable.
1977: Mannaja, l'Homme à la hache.
1978: La Montagne du Dieu Cannibale.
1979: Le Continent des Hommes Poissons. Le Grand Alligator.
1980: Les Zizis baladeurs.
1982: Crime au cimetière Etrusque.
1983: 2019, Après la chute de New-York.
1986: Atomic Cyborg.
Après l'insolite l'Alliance Invisible, Sergio Martino renouvelle le giallo perfide auquel un trio de personnages peu recommandables vont être en prise avec les exactions d'un mystérieux tueur. Porté par un scénario constamment impondérable et bénéficiant d'un casting prestigieux (Edwige Fenech, Anita Strindberg, Luigi Pistilli), Ton Vice est une Chambre close... est un jeu de massacre incongru mis en exergue dans la perversité, à prescrire sans modération à tous les fanatiques du genre !
Dans un village italien, Oliviero est un alcoolique dépravé accumulant les conquêtes féminines et les humiliations quotidiennes optés pour sa jeune épouse Irina, au bord de la crise de nerf. Bientôt, un mystérieux assassin sévit dans la région avec deux meurtres compromettant le douteux mari infidèle.
En 1972, Sergio Martino renoue une quatrième fois avec l'iconographie giallesque après nous avoir séduit cette même année avec l'Alliance Invisible, puis un an au préalable agrémenté son habile talent avec l'Etrange vice de Mme Wardh et la Queue du Scorpion.
Dès le préambule, putanesque et baroque dans l'ambiance dépravée d'une demeure champêtre accueillant l'invitation de quidams libertins, ce giallo corrompu va facilement asséner une empathie attendrie pour cette épouse psychologiquement humiliée, physiquement violentée par un mari volage dénué de compassion.
Après le meurtre d'une jeune libraire avec qui Oliviero avait rendez vous, les soupçons vont indubitablement s'orienter sur son profil, faute d'une personnalité sans vergogne et déloyale. Défavorablement, un second crime, beaucoup plus compromettant va être perpétré dans sa propre demeure, portant atteinte cette fois-ci à l'esclave noire de maison. Le scénario classiquement ordonné va commencer à se détourner des ficelles balisées en faisant des deux protagonistes principaux deux complices impromptus d'un meurtre sauvagement perpétré à la faucille.
Sergio Martino va accorder ses ambitions premières à illustrer avec soin psychologique le quotidien débauché et tendancieux d'un homme putassier et de sa pauvre épouse torturée, obligé de subir ses inlassables réflexions dépréciantes. L'arrivée d'une affriolante nièce lubrique va destructurer la relation masochiste du couple alors qu'un troisième meurtre va être à nouveau perpétré envers une prostituée lambda. Mais un retournement de situation aléatoire va complètement désarçonner l'intrigue tortueuse en dévoilant aussi furtivement le véritable visage de l'assassin !
La seconde partie du film va encore négocier avec son esprit fortuit dans le vaste huis-clos d'une demeure victorienne auquel un trio pervers et indocile s'est porté complice d'un cadavre croupissant derrière les murs de la cave. Sans compter l'omniprésence d'un énigmatique chat noir sauvagement blessé à l'oeil par l'un d'entre eux qui pourra finalement accomplir la plus finaude des revanches vindicatives. D'ailleurs, Sergio Martino va se permettre au passage de s'accorder une référence à une fameuse nouvelle d'Edgar Allan Poe dans son épilogue fatalement ironique et morbide.
L'actrice transalpine Edwige Fenech (la femme la plus sexy de la planète !) déploie une fois de plus toute la mesure de son talent dans son jeu naturellement polisson d'une jeune effrontée insouciante laissant déployer de façon épidermique son anatomie corporelle d'une beauté limpide immaculée. La sublime Anita Strindberg (le Venin de la peur, l'Antéchrist, Qui l'a vu mourir ?) envoûte l'écran de son regard bleu empli de désespoir et de folie névrosée sous-jacente, accumulés par les contraintes licencieuses d'un mari immoral. C'est l'excellent Luigi Pistilli (Et pour quelques dollars de plus, le Bon, la Brute et le Truand, la Baie Sanglante) qui endosse avec sa trogne impassible ce personnage ordurier enduit d'alcool, se vautrant sans scrupule dans les plaisirs sexuels avant de tenter de commettre une stratégie meurtrière.
LE CHAT NOIR
Baignant dans la clarté d'une photographie pastel et de classieux décors architecturaux, Ton Vice est une Chambre Close... est un superbe giallo inspiré par ses motivations narratives de renouveler une intrigue captivante allouée à ces personnages tendancieux. Un savoureux portrait peu recommandable de protagonistes immoraux, tour à tour complices mais antinomiques et beaucoup plus insidieux qu'il n'y parait. L'ambiance putanesque qui y règne autour de la sensualité candide et audacieuse de ces deux femmes vénéneuses, les scènes gores efficacement troussées, son suspense intense parachevant son point d'orgue vers un coup de théâtre percutant concourent de répertorier ce giallo singulier dans les meilleures réussites du genre.

