par Killjoy » 18 Décembre 2011, 10:14
THIS IS ENGLAND
De Shane Meadows
Grande Bretagne
2005
Drame/chronique sociale
Résumé :
Une petite bourgade ouvrière dAngleterre au début des années 80 en plein régime Tatcheriste.
Sean est un adolescent désoeuvré vivant seul avec sa mère (son père a été tué pendant la guerre des Malouines).
Il fait lobjet de railleries par ses camarades de classe, qui se moquent de son accoutrement et de son pantalon trop large.
Bagarres, larcins chez lépicier pakistanais et errances ponctuent son quotidien
Jusquau jour où il va faire la connaissance dune bande de skinheads de son quartier qui vont le prendre en affection et lenrôler dans leur cercle
Mais larrivée dun leader de la bande, tout juste sorti de prison, va tout faire basculer !
Sean, innocent et manipulé, va comprendre lhorreur des extrémismes et en sera pour son grade avec le « monde des adultes », ramassis de voyous sans foi ni loi, imbibés par lalcool et le cannabis et ne raisonnant que par la violence et les invectives
La présence dun Jamaïcain dans la bande sera la source de conflits internes qui vont dégénérer, jusquà une issue horrible dont Sean ne se remettra sans doute jamais
Mon avis :
« This is England » est un film « coup de poing » qui fait preuve dune justesse totale dappréciation, par le rapport de force entre un gamin et des voyous quil identifie comme des « repères » sachant que lui nen a plus un seul
Partant de cette constatation, Meadows dresse un portrait rude, acide et sans compromis du mouvement « skinhead », mais en ne prenant parti pour personne, laissant du recul et de réalisme sur des situations qui pourraient paraître désespérées et en réalité sans la moindre issue
Les personnages peuvent paraitre attachants mais en fait savèrent répugnants car empreints danxiogènité et victimes dune misère peu commune inhérente à leur contexte (sous Tatcher, cétait un enfer !)
Le plus souvent, tout nest que prétexte à dresser la noirceur terrible du chômage et du désoeuvrement des classes sociales dites « défavorisées »
Mais là où Meadows frappe fort, cest quil livre ici un témoignage de ce que lui-même a vécu, ainsi cela renforce la crédibilité du film, comme « vécu de lintérieur » !
Les déchainements de violence, soudains, démesurés et intempestifs font figure de catharsis dans cette société au ralenti, ayant laissé sur le côté de la route, toute une partie de la population, absolument livrée à elle-même et contrainte de lutter pour sen sortir et « survivre »
Les décors, les commerces et larchitecture de ces villes servent de tremplin pour montrer aux spectateurs des lieux peu communs où végètent ces skinheads, totalement désorientés et en dehors de la réalité, se créant un « univers parallèle » où la loi du plus fort prime sur celle du plus faible, asservi et soumis de la façon la plus vile qui soit
Léclair ultime de violence électrisante traumatisera à jamais le jeune Sean, qui y verra une rédemption et une ouverture vers la réalité et le monde dit « normal »
Un très grand film, pur électrochoc qui permet dasseoir Shane Meadows sur le piédestal des meilleurs cinéastes doutre Manche, et où il trouve ici ses repères et sa marque de fabrique, qui samplifieront avec le fabuleux « Dead mans shoes » tourné peu après