The Green Inferno d'Eli Roth, 2014

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The Green Inferno d'Eli Roth, 2014

Messagepar BRUNO MATEI » 18 Octobre 2015, 07:05

Réalisateur: Eli Roth
Année: 2014
Origine: U.S.A/Chilie
Durée: 1h43
Distribution: Lorenza Izzo, Ariel Levy, Aaron Burns, Daryl Sabara, Kirby Bliss Blanton, Nicolas Martinez, Magda Apanowicz.

Sortie VOD France: 16 Octobre 2015. Salles U.S: 25 Septembre 2015

FILMOGRAPHIE: Eli Roth est un réalisateur américain, né le 18 Avril 1972 à Boston.
2002: Cabin Fever. 2006: Hostel. 2007: Thanksgiving (faux trailer). 2007: Hostel 2. 2009: Nation's Pride - Stolz der Nation (trailer). 2013: The Green Inferno.

Privé de salles chez nous, The Green Inferno débarque directement en vod deux ans après l'achèvement de son tournage. Annoncé à renfort de trailers aussi prometteurs qu'alléchants mais d'un bouche à oreille contradictoire, le nouveau film d'exploitation d'Eli Roth sollicite l'hommage aux films de cannibales transalpins qui inondèrent nos écrans de la fin des Seventies jusqu'au milieu des années 80. Pourvu d'un discours social écolo lorsqu'une poignée de jeunes activistes envisagent de dévoiler via internet la déforestation d'une compagnie pétrolière et l'éventuelle épuration d'une tribu indigène du Pérou, The Green Inferno continue d'effleurer un des thèmes chers de Cannibal Holocaust. A savoir, la sauvagerie du citadin moderne prêt à exterminer un peuple primitif pour un motif lucratif. Alors que nos activistes parviennent à accomplir leur mission de diffuser leur bravoure via réseau de leur smartphone, ils sont rapidement alpagués par la police pour être rapatriés en avion. Seulement, durant leur retour, l'appareil se crashe en plein coeur de l'Amazonie. C'est le début d'un enfer (vert) que nous survivants vont endurer face à l'hostilité d'autochtones aux coutumes anthropophages !

Cette trame particulièrement bien troussée et captivante quant aux stratégies héroïques des protagonistes n'est évidemment qu'un prétexte pour embrayer sur les revirements horrifiques nauséeux de la seconde partie. Eli Roth poussant le vice de la dérision vers un détournement cruel lorsque nos militants pacifistes vont endosser malgré eux le rôle d'antagonistes du point de vue des indigènes qu'ils défendaient. Alternant le mauvais goût, la farce macabre, l'humour scato et la tripaille putassière avec une vigueur et invention décomplexées, Eli Roth n'y va pas de main morte pour étaler à intervalles irrégulier des séquences-chocs aussi intenses que viscéralement vomitives. Et si l'ossature prévisible de sa narration a été mainte fois exploitée chez nos transalpins précurseurs, le cinéaste parvient à dépoussiérer le genre grâce à l'impulsion spontanée des comédiens (transfuge cynique à l'appui pour pimenter la tension d'embrigadement et les conflits entre survivants !) et l'efficacité de sa mise en scène misant sur l'appréhension (autant que l'expectative !) des futurs sévices corporels. De surcroît, notre metteur en scène assidu soigne le cadre d'une forêt d'apparence édénique avant de nous dépayser explicitement avec l'envers d'une scénographie cauchemardesque. On peut également souligner la manière documentée dont Eli Roth fait preuve pour nous présenter avec humour sardonique la quotidienneté communautaire des indigènes endossé par des comédiens chiliens plus vrais que nature et affublés d'un charisme tribal des plus impressionnants (peinture guerrière intégrale d'un rouge rutilant !). Sans compter la stylisation empathique de certaines séquences, telle l'exposition de leurs trophées humains présentés à une foule expansive ! Quand au final homérique, il témoigne toujours d'un ressort haletant pour l'enjeu de survie compromis à l'évasion de la dernière chance, quand bien même une menace autrement perfide est sur le point d'entrer en scène !

Véritable déclaration d'amour à l'âge d'or des films de cannibales, The Green Inferno est une résurrection pour les fans de tripailles faisandées qu'Eli Roth parvient à rajeunir avec un savoir-faire référentiel. Si l'intérêt mineur du pur divertissement peut prêter à sourire chez les non initiés, le spectacle barbare, aussi jouissif qu'éprouvant (la gêne viscérale peut être évoquée chez les plus sensibles !), comblera les attentes de la plupart des fans. Quant au fond socialo-écolo du produit d'exploitation, Eli Roth ne manque pas de sincérité à évoquer une diatribe contre la déforestation et la cupidité de nos dirigeants tout en effleurant le tabou de l'excision pratiquée illégalement dans certains états (principalement l'Afrique, l'Egypte, l'Indonésie et la Malaisie). Bref, un cadeau inespéré qu'il nous retranscrit ici avec une appétence et une générosité galvanisantes !
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BRUNO MATEI
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