7è long-métrage d'un jeune réalisateur, scénariste, acteur et producteur capable du meilleur (Snatch) comme le plus souvent du pire (revolver, à la dérive, rocknrolla), Guy Ritchie s'empare du célèbre mythe d'après les personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle pour tenter de rajeunir le plus fûté duo de détectives de l'Angleterre victorienne. Il se réapproprie le matériau d'origine en le modernisant avec sa touche personnelle grâce en priorité au tandem complice formé par watson/holmes, détectives de renom bondissants, éclatants et consciencieux dans leur aptitudes à déjouer les plans machiavéliques d'une sombre organisation criminelle.
Il ajoute à cette nouvelle association contemporaine quelques bonnes scènes d'action superbement réalisées et entremêlées à diverses endroits du récit, comme cette explosion soudaine des tonneaux à effet de boules de neige ou la chute d'un immense chalutier parvenant au statut de véritables moments d'anthologie.
Le scénario qui tourne autour d'un diabolique tueur, maitre d'art adepte des sciences occultes débutant à la manière d'un "Secret de la pyramide" plus austère dans sa scène d'intro, semble faire survenir la pointe du fantastique, l'irruption du surnaturel dans les agissements troublants, les méthodes employées et les diverses mises à mort indocilement établies par cet odieux et mystérieux maitre chanteur, génie du mal et du pouvoir absolu contre l'autorité mais le final grandiose et vertigineux emboité sur le chantier du tower bridge nous révelera toutes les parts de vérité camouflées pour être finalement révélées au grand jour par Scherlock Holmes.
Le film bien plaisant mais classiquement conté dans sa droite narration doit plus sa réussite à travers le duo formé par l'impeccable Jude Law et surtout le génialissime Robert Downey Jr dans un rôle qu'il s'approprie de manière drastique avec son jeu inné terriblement expressif à travers son regard déluré semi parano dans ses yeux vitreux imbibés par l'alcool et la drogue, mais épris d'une finesse d'intelligence et d'une habileté de persuasion hors du commun. L'acteur complètement habité dans la peau de son personnage nous offre une fois de plus un véritable festival de répliques cinglantes, de situations farfelues et de méthodes musclées dans ses prises de risque, son adresse à neutraliser l'ennemi en sachant exactement ou placer les coups fatals dirigés vers son ennemi. Le combat de boxe est à cet égard un régal d'inventivité dans les coups assénés, répétés entre chaque adversaire et son final parfaitement orchestré sera minutieusement élucidé grâce à l'effet technique du "ralenti".
Cette même séquence sera adressée en 2 actes ! La première est d'abord démontrée de manière freinée pour mieux discerner l'incroyable précision des coups successivement répétés et donnés contre le rival tandis que la seconde même scène démontrera la réalité des faits, le résultat des courses retranscrit juste auparavant à vitesse temporisée, retardée.
Malgré sa narration pas très passionnante aux airs de déjà vu, l'autre intérêt de "Sherlock Holmes" s'orientera du point de vue esthétique pour le soin apporté aux décors faramineux et somptueux, véritable régal pour les yeux ! la reconstitution d'un Scotland Yard sombre, étouffant, gothique et ténébreux subjuge et fascine dans son souci du détail à travers la réprésentation picturale de ses immenses batisses, sa cathédrale, le chantier naval, le tower bridge destructuré et toutes ces classieuses demeures bourgeoises qui émanent durant tout le film !
"Sherlock Holmes" est un excellent divertissement exaltant et dépaysant, plutôt efficacement mené et conduit, particulièrement soigné à travers l'utilisation judicieuse de ces décors participant parfois grandement à l'action des séquences à haut risque. Un bon spectacle malicieux non dénué de charme auquel l'interprétation jubilatoire de Robert Downey Jr vaudra à elle seule sa méritoire vision.
Et le rôle du tueur occulte attribué au méconnu, élégamment funèbre et charismatique Mark Strong (sosie d'andy garcia !) n'est pas non plus en reste !


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