I saw the Devil

-> Action, Guerre, comédie, aventure, western, drame, animation, mangas, dessins animés et le reste inclassable...

Messagepar BRUNO MATEI » 08 Décembre 2010, 09:52

I SAW THE DEVIL (j'ai rencontré le diable)
Titre original: Akmareul boattda
Réalisateur: Kim Jee-Woon
Origine: Corée du Sud
Année: 2010
Durée: 2H24.
Distribution: Byung-hun Lee, Choi Min-sik, Min-sik Choi and Gook-hwan Jeon, Oh San-ha, Cheon Ho Jin.

BIOGRAPHIE: Kim Jee-woon est un réalisateur et scénariste sud-coréen né à Séoul le 6 juillet 1964.
D'abord intéressé par le théâtre, il commence sa carrière comme comédien et metteur en scène dans plusieurs pièces (Hot Sea et Movie Movie). En 1997, il remporte successivement le concours du meilleur scénario pour Wonderful Seasons et le prix du meilleur scénario du magazine de cinéma coréen Ciné 21 pour The Quiet Family. En 1998, il s'essaie au métier de réalisateur en portant à l'écran The Quiet Family. Il est depuis considéré comme l'un des symboles du nouveau cinéma sud-coréen.

* 1998 : The Quiet Family
* 2000 : The Foul King
* 2003 : Deux Sœurs
* 2005 : A Bittersweet Life
* 2008 : Le Bon, la Brute et le Cinglé
* 2010 : I Saw the Devil

VENGEANCE AVEUGLE.
"Que celui qui lutte avec des monstres veille à ce que cela ne le transforme pas en monstre"

Difficile d'avoir un avis clair et tranché après un tel étalage de violence nauséeuse qui n'évite pas l'outrance au risque parfois de converger à la lassitude et à l'écoeurement.

I saw the devil débute de plein gré comme un thriller à suspense très brutal à la manière de l'époustouflant The Chaser, sans fioriture et avec un sens précis de la crudité austère.
La mise en scène alerte et maitrisée nous offre dès l'introduction une jolie tension suspendue dans les méfaits commis par un serial-killer voué à la perversité et la douleur physique envers ces proies. De jeunes et jolies filles qu'il kidnappe pour les ramener dans son foyer et ainsi les torturer à sa guise sans être dérangé.
Puis la trame policière bifurque furtivement vers une longue chasse à l'homme improbable et incongrue quand un agent secret décide de venger la mort de sa fiancée après avoir retrouvé son corps coupé en morceaux, aux abords d'un terrain vague marécageux.

Dès lors, l'homme rongé par la haine et la rancoeur sera obstiner à retrouver l'assassin présumé avec comme preuve à l'appui des photos de portrait de pervers sexuels et meurtriers hautement suspectés par ses services d'ordre.
Sa traque inlassable va rapidement l'amener dans la gueule du loup, quand au moment opportun, il décidera de laisser la vie sauve à son bourreau. Un revirement de conscience soudaine pour mieux piéger son assassin et lui faire subir inlassablement les pires souffrances physiques en guise de repentance ou d'un potentiel regain de remord.
Aidé d'un "mouchard" téléguidé qu'il aurait fait ingérer dans la bouche du criminel, le flic robuste aura l'opportunité d'entendre ses serments, connaitre ses moindres faits et gestes jusqu'au moment où les rôles vont subitement s'inverser...

Cette réflexion sur le pouvoir du Mal et sur le sens de la vengeance déroute au plus haut point et provoque la nausée tant cette confrontation grand guignolesque répétitive mais assez efficace tourne à la boucherie pure et simple.
Avec un gout amer de sang dans la bouche qu'on a du mal à se débarrasser sitôt le générique de fin écoulé au risque de ne pas sortir indemne.
En démontrant sans subtilité mais avec une certaine émotion parfois attendrie (dernière image poignante et humble dans sa prise de conscience) que la violence engendre la violence et que la quête de vengeance ne mène qu'à une perte identitaire jusqu'à y pervertir son âme, le métrage de Kim Jee-Woon ne pourra faire l'unanimité (d'où son échec commercial et critique en Corée du Sud signalisé d'une d'interdiction au moins de 18 ans)
Et son degré de folie hautement contagieux dans sa narration livrée à la torture gratuite éprouve durement un spectateur décontenancé, perdu au beau milieu de ces deux protagonistes déconnectés de la raison dans un affrontement pathétique et saugrenu. Un duo martyr assoiffé de violence, uniquement déterminé au bout du compte à savoir qui sera le plus moralement affecté pour en sortir perdant.

L'interprétation de notre duo de cinglés revanchards apporte une réelle densité et surtout un sens du délire commun dans les rapports de force impitoyables commis en leur (dé)faveur, jusqu'à ce qu'il n'en restera plus qu'un au moment fatalement tragique.
Byung-hun Lee dans le rôle irascible du flic obstiné se révèle rigide et glaçant dans sa démarche expéditive imparable.
Une révolte animale condamnée à fustiger son bourreau jusqu'au bout de ses supplices, quitte à y perdre son âme et les vies de ceux qu'il chérit encore de manière affectée.
Le serial-killer sadique est incarné par Choi Min-sik (Old Boy), proprement sidérant de froideur, terrifiant de bestialité dans son état d'esprit dépravé avili par le mal absolu. Un tueur grassouillet suintant la sueur et le sang séché de ses victimes souillées. Un monstre déshumanisé voué à la bassesse et l'immondice dans son immoralité pervertie.

SENTENCE DU MAL.
Parce que le Mal ne connait ni la peur et la douleur, I Saw the Devil souhaite démontrer que le combat pour une vengeance bestiale vilipende et annihile celui qui s'y résout. Que ce besoin humain d'extérioriser sa haine vindicative par la violence gratuite est une labeur perdue d'avance à tenter d'avilir et anéantir l'esprit putassier de la monstruosité.
Avec un fort accent prononcé pour le gout de la violence graphique, extrêmement brutale et nauséabonde, ce thriller fracassant habité par la folie de la violence nuisible déroute autant qu'il fascine, effraie et inquiète durablement le spectateur perplexe sur l'utilité d'une telle boucherie pour dénoncer que la vengeance n'apporte aucune solution à l'apaisement de sa rancune affective.
Superbement interprété et mis en scène avec vigueur et efficacité, I saw the devil ne pourra faire l'unanimité et divisera autant les conquis pour son rythme endiablé, sa folie paroxystique livrée dans une texture baroque que les indécis pour son côté répétitif, le manque de profondeur du thème évoqué et la teneur malsaine d'un sujet aussi scabreux se vautrant finalement dans l'outrance et la surenchère.
Il sera en tous cas difficile d'oublier un métrage malade aussi rageur, ravagé et malsain dans le regard dérangé de deux êtres stigmatisés, épuisés par la soif de violence, condamnés par le Mal.
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Messagepar lirandel » 08 Décembre 2010, 16:18

la critique donne bien envie d'autant que les acteurs ont de la bouteille.

De plus l'on y retrouve l'excellent acteur Choi Min-sik ....mais si souvenez vous....

Le trailer donne vachement envie en tout cas....

http://www.youtube.com/watch?v=AFp6BVHiVPo
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Messagepar Mindy Clarke » 09 Décembre 2010, 09:41

Je rejoins Bruno:

J'avais beaucoup apprécié Deux Soeurs, mais je n'ai malheureusement pas vu ses deux autres grands faits d'armes: A Bittersweet Life et Le Bon, la Brute et le Cinglé (dont j'ai vu quelques scènes par-ci par-là). Je ne pense rien spoiler en vous dévoilant qu'il s'agit d'un Revenge-Movie, c'est fou ça, les Revenges-Movie, en Corée, c'est un peu comme les comédies romantiques où les films catastrophes, c'est un genre à part entière dont Kim Jee-Won semble avoir voulu ici nous livrer le testament. Il pousse tellement loin les ficelles scénaristique que ça va être très dur de faire plus tordu par la suite.

J'ai pris une jolie claque encore plus grosse que celle infligée par The Chaser l'an dernier.
Certaines personnes mettent en avant le côté non-crédible des situations (Sur sa route, le héros ne croise que des psychopates). Personnellement, c'est ce jusqu'auboutisme qui m'a séduite. Ca ne tombe pas dans le burlesque, ça se tient bien, et si ça se trouve en corée y'a vraiment des psychopates à chaque coins de rues! (surtout vers la frontière nord parait-il :mrgreen: )
Ce qui m'a marqué c'est que la mise en scène est tellement virtuose qu'on en mesure pas tout de suite la grandeur tellement on est immergé dans ce monde de tarés. J'ai l'impression d'avoir perdu le peu de santé mentale qui me restait à la vision de ce film. Je suis passée par toutes les émotions possible: la haine, la tristesse, la folie, le sentiment de gêne, la victoire, la défaite et même le rire [spoiler](bon juste pour la scène où la dégénerée nympho se fait tringler par Choi et qu'en plus elle aime ça).[/spoiler]
En ce qui concerne les deux rôles titres, Kim Jee-Won ne pouvait absolument pas mieux choisir que Choi Min sik et Lee byung hun. Ils sont surprenants dans leurs performances, leurs interprétations toujours sur la corde raide retranscrivent à merveille la folie de leur personnages respecftif.


Le final du film m'a boulversé. La morale de tout ça est vraiment derangeante, et là, je vais spoiler un peu (donc ne lisez ce qui va suirvre qu'après avoir vu le film):

SPOILER

Lors des dernières scènes le sentiment de défaite, de deception est fort, Lee byung hun a bien tenu sa promesse il a fait souffrir ce cinglé 10 000 fois plus que sa fiancée a sans doute subie, mais en ayant perdu deux fois plus. Le gagnant de cette ultimate vengeance est Choi, pour qui tout ça n'est qu'un jeu de toute façon. Le Diable du titre ce n'est clairement pas le serial-killer qui au final n'est qu'un simple sick-fuck comme on en voit un peu partout. Le diable se sont les consequences des actes de ce mec sur cette homme qui perd son humanité en voyant la tête de son amour rouler dans la boue.
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Messagepar lirandel » 09 Décembre 2010, 16:36

L'excitation est son comble là , n'en jetez plus ..... :D :D
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Messagepar Killjoy » 24 Décembre 2011, 09:50

I SAW THE DEVIL
Aka J’ai rencontré le diable
Corée
2010
Réalisateur: Kim Jee-woon
Producteur: Kim Hyun Woo
Avec Choi Min-sik, Lee Byung-hun, Chun Ho-jin, Kim Yoon-seo, Choi Moo-seong
Scénario: Hoon-jung Park
Studio: D Films
Durée: 141 min.
Synopsis :
Se-yeon est torturée puis tuée par Kyung-Chu, un meurtrier psychopathe qui s'est introduit dans son véhicule en panne de moteur alors qu'elle appelait à l'aide au téléphone son fiancé Soo-hyeon. Accablé de douleur, cet agent des services secrets sud-coréens entreprend de traquer le tueur en éliminant un à un les suspects identifiés par la police. Trouver Kyung-Chu se révèle en fait plutôt facile. Or, comme il a fait la promesse de soumettre le meurtrier aux mêmes tourments que ceux subis par sa fiancée, Soo-hyeon le laisse filer après lui avoir fait ingérer à son insu une capsule GPS. Suivant sa proie à la trace, l'agent secret surgit à chaque fois que Kyung-Chu s'apprête à faire une nouvelle victime. À cran, ce dernier essaie de son côté de remettre en place les pièces du casse-tête afin d'identifier son poursuivant.
Ce que j’en pense :
Décidément le cinéma coréen n’arrête pas une minute de nous sortir des bombes ces temps ci !
Et ce « I saw the devil » (rien que le titre, tout un programme !) ne dérogera pas à la règle, entérinant tous les codes du ciné coréen d’horreur moderne…
Ici ça charcle, ça tranche vif dans le lard ! mais toujours avec cette intelligence de traitement inhérente à cette mise en images cinématographique !
La « DOULEUR » fait toujours partie du paysage et les « souffrances » infligées aux protagonistes sont poussées à maxima, comme le plus souvent…
Le summum de violence se décline via des passages extrêmement brutaux de tortures malsaines, de viols sur des filles innocentes et de mutilations diverses !
Et personne n’est épargné ! flics, vieillards, jeunes collégiennes…
On notera de multiples références à d’autres métrages, véritables clins d’œil involontaires ou volontaires… exemple que j’ai référencé : la camionnette du tueur (« Haute tension » de Aja), la lame traversant de la talon du pied (« Pet Semetary » premier du nom), le montage alterné avec la mort du vieux dans sa maison rappelle le passage de Clarice et du psychopathe dans « le Silence des agneaux » (confusion de la police sur le lieu du crime, piège qui se referme), la pathologie du serial killer particulièrement alambiquée (« Se7en » de Fincher) et un côté speed/course à la montre que n’aurait pas décliné Jack Bauer de « 24 »…
La mise en scène est virtuose, ne reculant devant aucun subterfuge pour asséner au spectateur hagard son lot de violence fulgurante et de stress poussé à bloc…
Empreint de perversité et de débauche sexuelle, le tueur est un sacré malade qui donne un sentiment d’abjection et de répugnance…
Et l’issue rappelle un peu celui de « Mad Max 1 » dans un autre registre, mais l’idée y est : laisser pourrir son pire ennemi avec une irréversibilité funeste qui le mènera tout droit en enfer ! (normal pour un « diable » de son espèce)…
Oppressant, très rigoureux dans son traitement scénaristique, empreint d’un dynamisme qui fait que l’on ne s’ennuie jamais malgré une durée de presque deux heures et demie, « I saw the devil » nous assène une gifle monumentale en pleine figure !
Un des films de tueurs en série les plus réussis de ces 5 dernières années toutes nationalités confondues à découvrir impérativement, se hissant au même rang que son « frère jumeau » prédécesseur « The Chaser » en encore plus violent !
Et le jeu des acteurs est fabuleux !
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