SANS RETOUR
Titre d'Origine: Southern Comfort
Réalisateur: Walter Hill
Année: 1981
Origine: U.S.A
Durée: 1h44
Distribution: Keith Carradine, Powers Boothe, Fred Ward, Franklyn Sweales, T. K. Carter, Peter Coyote, Brion James.
Sortie salles France: 9 Mars 1983. U.S: 25 Septembre 1981
Dans la lignée de Délivrance, Walter Hill réalise en 1981 un survival racé et sauvage pour établir une étude de caractère sur l'ineptie humaine en cas d'émulation, avant de prêter une allusion à la guerre du Vietnam.
Neuf militaires partis en manoeuvre dans les marais de Louisiane sont pourchassés par des rednecks revanchards après que l'un d'eux ait provoqué une bravade. Dans ce milieu marécageux hostile, une impitoyable chasse à l'homme est engagée contre les soldats, d'autant plus que leurs armes sont chargées de balles à blanc.
Voyage au bout de l'enfer des marais de Louisiane pour une poignée de soldats américains partis en exercice de fonction mais sévèrement pris à parti avec les citadins d'une contrée hostile.
L'emprunt de trois canoës et l'attitude puérile d'un militaire résigné à canarder l'étranger avec des balles à blanc auront suffit à engendrer une inlassable traque en interne d'un bourbier jalonné de pièges et embûches aléatoires.
Avec l'exploitation judicieuse d'un décor bucolique aux eaux stagnantes, Walter Hill improvise un cauchemar dérisoire pour une escorte de militaires incapables de gérer une situation de crise, juste après que leur leader ait été froidement abattu par l'antagoniste. Il nous dresse un tableau négligeable d'une coalition belliqueuse cumulant les bourdes à une cadence récursive. Eludé de hiérarchie drastique, nos piteux soldats sont donc livrés à leur estime d'égo et leur prétention d'orgueil pour prouver à l'ennemi qu'ils resteront fièrement des frondeurs irréductibles. Par leur nature humaine perfide et arrogante et leur ignorance géographique à apprivoiser un terrain marécageux, nos troufions vont s'embourber dans un dédale de mort insidieuse.
Avec une facilité déconcertante, Walter Hill nous démontre à quel point une poignée d'être humains confrontés à une épreuve de survie peuvent fugacement perdre le contrôle de la situation par inexpérience, opportunisme et appréhension du danger sous-jacent. Jusqu'au point de s'entretuer dans leur propre équipe par conflit caractériel d'une rivalité antinomique. En prime, la lâcheté émanant de l'appréhension des personnages opposés à une menace invisible ne vont qu'accentuer leur déroute en privilégiant l'égoïsme de l'individualité.
Durant plus d'1h15, le film suggère judicieusement la menace meurtrière tapie dans l'ombre d'une forêt vaseuse auquel nos anti-héros sont contraints de traverser sans pouvoir s'extraire de leur propre charnier. Un à un, les membres de la garde nationale vont périr sous les pièges et les balles de l'antagoniste vindicatif, délibéré à éradiquer ces étrangers imbus de leur symbole militaire.
Le point d'orgue commémoratif, sauvage et abrupt, véritable modèle de mise en scène dans l'implication d'un suspense savamment oppressant, ira jusqu'au bout de son propos nihiliste. A savoir la déshumanisation déclinante des agresseurs, contraints d'éliminer les deux derniers témoins. En pleine festivité d'une kermesse folklorique, nos rescapés vont devoir abuser d'une violence plus expéditive à l'arme blanche pour tenter de sortir vivant de cette traque forcenée.
Haletant, inquiétant, brutal et captivant, Sans Retour reste l'un des fleurons du survival établissant un regard sombre sur l'arrogance de la nature humaine, corrompue par son esprit d'orgueil et de supériorité. Dans l'incroyable décor humecté d'un marais de Louisiane, cette chasse à l'homme cauchemardesque se focalise sur l'obsession incongrue de l'être humain régressif, confronté à une ambition punitive primitive.


