Sans Retour

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Messagepar BRUNO MATEI » 12 Mai 2012, 06:54

SANS RETOUR
Titre d'Origine: Southern Comfort
Réalisateur: Walter Hill
Année: 1981
Origine: U.S.A
Durée: 1h44
Distribution: Keith Carradine, Powers Boothe, Fred Ward, Franklyn Sweales, T. K. Carter, Peter Coyote, Brion James.

Sortie salles France: 9 Mars 1983. U.S: 25 Septembre 1981

Dans la lignée de Délivrance, Walter Hill réalise en 1981 un survival racé et sauvage pour établir une étude de caractère sur l'ineptie humaine en cas d'émulation, avant de prêter une allusion à la guerre du Vietnam.

Neuf militaires partis en manoeuvre dans les marais de Louisiane sont pourchassés par des rednecks revanchards après que l'un d'eux ait provoqué une bravade. Dans ce milieu marécageux hostile, une impitoyable chasse à l'homme est engagée contre les soldats, d'autant plus que leurs armes sont chargées de balles à blanc.

Voyage au bout de l'enfer des marais de Louisiane pour une poignée de soldats américains partis en exercice de fonction mais sévèrement pris à parti avec les citadins d'une contrée hostile.
L'emprunt de trois canoës et l'attitude puérile d'un militaire résigné à canarder l'étranger avec des balles à blanc auront suffit à engendrer une inlassable traque en interne d'un bourbier jalonné de pièges et embûches aléatoires.
Avec l'exploitation judicieuse d'un décor bucolique aux eaux stagnantes, Walter Hill improvise un cauchemar dérisoire pour une escorte de militaires incapables de gérer une situation de crise, juste après que leur leader ait été froidement abattu par l'antagoniste. Il nous dresse un tableau négligeable d'une coalition belliqueuse cumulant les bourdes à une cadence récursive. Eludé de hiérarchie drastique, nos piteux soldats sont donc livrés à leur estime d'égo et leur prétention d'orgueil pour prouver à l'ennemi qu'ils resteront fièrement des frondeurs irréductibles. Par leur nature humaine perfide et arrogante et leur ignorance géographique à apprivoiser un terrain marécageux, nos troufions vont s'embourber dans un dédale de mort insidieuse.
Avec une facilité déconcertante, Walter Hill nous démontre à quel point une poignée d'être humains confrontés à une épreuve de survie peuvent fugacement perdre le contrôle de la situation par inexpérience, opportunisme et appréhension du danger sous-jacent. Jusqu'au point de s'entretuer dans leur propre équipe par conflit caractériel d'une rivalité antinomique. En prime, la lâcheté émanant de l'appréhension des personnages opposés à une menace invisible ne vont qu'accentuer leur déroute en privilégiant l'égoïsme de l'individualité.

Durant plus d'1h15, le film suggère judicieusement la menace meurtrière tapie dans l'ombre d'une forêt vaseuse auquel nos anti-héros sont contraints de traverser sans pouvoir s'extraire de leur propre charnier. Un à un, les membres de la garde nationale vont périr sous les pièges et les balles de l'antagoniste vindicatif, délibéré à éradiquer ces étrangers imbus de leur symbole militaire.
Le point d'orgue commémoratif, sauvage et abrupt, véritable modèle de mise en scène dans l'implication d'un suspense savamment oppressant, ira jusqu'au bout de son propos nihiliste. A savoir la déshumanisation déclinante des agresseurs, contraints d'éliminer les deux derniers témoins. En pleine festivité d'une kermesse folklorique, nos rescapés vont devoir abuser d'une violence plus expéditive à l'arme blanche pour tenter de sortir vivant de cette traque forcenée.

Haletant, inquiétant, brutal et captivant, Sans Retour reste l'un des fleurons du survival établissant un regard sombre sur l'arrogance de la nature humaine, corrompue par son esprit d'orgueil et de supériorité. Dans l'incroyable décor humecté d'un marais de Louisiane, cette chasse à l'homme cauchemardesque se focalise sur l'obsession incongrue de l'être humain régressif, confronté à une ambition punitive primitive.
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BRUNO MATEI
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Messagepar Killjoy » 13 Juillet 2012, 09:00

SANS RETOUR
Aka SOUTHERN COMFORT
De Walter Hill
Etats Unis
1981
Drame/Aventures
Avec Keith Carradine, Powers Boothe
100 minutes
Synopsis :
Une contrée de Louisiane, 1973.
Un groupe de la garde nationale de l’armée américaine part effectuer une mission de reconnaissance dans les bayous environnants.
Ils sont à peine moins d’une dizaine…
Ils décident sur leur parcours d »’emprunter » des canoës mais lors de leur embarquée ils se font alpaguer par les propriétaires…
Un des militaires, surpris et décontenancé, tire une salve de mitraillette !
Malgré que ce soit des balles à blanc, les miliciens vont se retrouver harcelés, puis exécutés méthodiquement par les « cajuns », fous de rage et bien décidés à en découdre !
Ce qui devait être une banale mission de routine va virer au cauchemar !
Mon avis :
Illustre réalisateur le plus souvent de films musclés d’action, Walter Hill prouve une nouvelle fois son professionnalisme à toute épreuve avec ce « Sans retour » hyper efficace et sans concessions !
Les acteurs tirent tous leur épingle du jeu et se révèlent attachants, chacun d’entre eux ayant une personnalité singulière et chaque interprète étant bien à sa place, cadré, pour un film pratiquement uniquement masculin et anti conformiste (ceux que l’on croyait invincibles s’avèrent en fait fragiles et tout le monde est une cible potentielle)…
Cette habileté qui fait que le spectateur, à aucun moment, ne peut deviner qui va y passer, renforce considérablement l’efficience d’un métrage, très angoissant et donnant une sensation de piège voire d’étouffement, magnifiée par de superbes décors naturels…
Certaines séquences font figure d’électrochocs (la scène de l’attaque des chiens, magistralement mise en scène, la découverte des pièges à loups, la mort dans les sables mouvants –très impressionnante- et le final dans le village, modèle de surtension effrayante !)…
On assiste vraiment à du bon boulot, du grand cinéma desservi par un scénario qui tient la route et une intrigue paramétré dans du béton armé !
Lourd, oppressant et en même temps dynamique et mesuré « Sans retour » est un modèle du genre, à la croisée du film d’aventures, du drame et du film d’angoisse psychologique…
Une œuvre qui se savoure et qui tient en haleine du début à la fin avec un côté « imprévisible » où tout peut arriver très vite mais sans que le spectateur arrive à discerner qui sera la prochaine victime !
C’est ce qui fait la force du métrage, exemplaire en tous points et réalisé avec les tripes, prenant en otage les acteurs et aussi celui qui regarde le film, pris d’une empathie et souhaitant les voir s’en sortir au plus vite, mais la perversité scénaristique de Walter Hill ne les confortera pas, elle les déstabilisera plutôt !
« Sans retour » est toujours là où on ne l’attend pas !
Truffé d’astuces, de pièges tous plus machiavéliques les uns que les autres, on en sort quelque peu sonnés et la sensation de malaise quelques heures après le visionnage nous fait ancrer des souvenirs indélébiles, grâce à la qualité de la réalisation de Hill et à son talent indéniable pour raconter une histoire…
Original, prenant et déstabilisant « Sans retour » est une grande réussite, un sommet du genre !
Note : 9/10
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Killjoy
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