Casting: Toshirô Mifune, Machiko Kyô, Masayuki Mori, Takashi Shimura, Minoru Chiaki.
Sous une pluie torrentielle et diluvienne, au portique d'un temple abandonné baptisé Rashômon (la porte des Démons), trois personnages - un bûcheron, un bonze et un passant - racontent chacun à leur manière un drame réel intervenu il y a quelques jours dans une forêt: un couple se fait agresser par un bandit. Les récits divergent au point que l'on ne saura jamais ce qu'il s'est réellement produit.
Le film qui a révélé la richesse du cinéma nippon ainsi que l'immense Akira Kurosawa au public occidental est une espèce de conte policier remarquable à tous les niveaux, remettant en question la foi et l'intégrité des hommes par la même occasion.
De la mise en scène époustouflante (variation constante du style de découpage, non seulement dans le rythme mais aussi dans le mouvement, travellings élancés, jeux d'ombres flamboyants, plans et cadrages millimétrés jusqu'au bout), à l'interprétation, irréprochable même si théâtrale, en passant par le récit, admirable de fluidité et d'inventivité tout en demeurant concis, Rashômon fascine de par sa perfection globale absolue, mais également de par la dimension psychologique juste et imposante dont il fait acquisition tout au long du déroulement de l'intrigue; à ce titre, la scène finale du film marque longtemps l'esprit dans son humanisme et sa simplicité. Un grand chef-d'uvre.
10/10





