LE PONT DE CASSANDRA.
Titre d'origine: The Cassandra Crossing.
Réaliisateur: Georges Pan Cosmatos.
Année: 1977.
Durée: 2H09.
Origine: Italie/Allemagne/Angleterre.
Distribution: Sophia Loren, Richard Harris, Martin Sheen, O.J. Simpson, Lionel Stander, Ann Turkel, Ingrid Thulin, Lee Strasberg, Ava Gardner, Burt Lancaster, Lou Castel...
BIOGRAPHIE: George Pan Cosmatos était un réalisateur et scénariste de film grec né le 4/01/41 à Florence (Toscane, Italie) et mort le /04/05 à Victoria (Colombie-Britannique, Canada) d'un cancer du poumon. Il s'accorde durant sa filmographie 8 longs-métrages dont certains sont restés dans les mémoires (Terreur à domicile, Cobra ou Rambo 2).
C'est en 1977 qu'il débute sa carrière avec Le Pont de Cassandra (également crédité au poste de scénariste), considéré comme son meilleur film.
Son dernier long-métrage, Haute Trahison sera réalisé en 1997.
L'ARGUMENT: Un groupe de passagers voyageant en train à travers l'Europe est mis en quarantaine. Ils auraient été exposés à une maladie mortelle.
Quelques années après les fleurons du genre l'Aventure du Poséidon (1972) et La Tour Infernale (1977), Georges Pan Cosmatos s'essaie au registre catastrophe pour sa première réalisation et s'attelle sans peine au panthéon des plus belles réussites parmi ces deux modèles cités auparavant.
Deux terroristes ont investi les lieux du siège de l'Organisation Mondiale de la Santé à Genève quand ils sont surpris par le service d'ordre. S'ensuit une rixe mortelle au cours duquel l'un des deux criminels sera blessé, tombant par inadvertance sur un flacon contenant le virus de la peste pulmonaire.
Son équipier réussit à prendre la fuite en sautant par la fenêtre. Durant son évasion, il se réfugie dans un train bondé de voyageurs sans savoir qu'il va contaminer chacun des passagers.
A travers un bon scénario crédible et réaliste, habilement planifié pour ne pas laisser un instant de répit au spectateur, Le Pont de Cassandra est un angoissant suspense particulièrement intense dans son alarmante menace d'une maladie extrêmement pernicieuse, rehaussé par une mise en scène conséquente à la hauteur de son sujet et confirmée par l'interprétation accomplie d'une pléiade de stars célébrés.
Le film se joue d'abord de manière viscérale dans sa première partie pour nous effrayer avec moults détails repoussants sur le corps des victimes contaminées par cette maladie mortelle transmissible.
Un virus hautement contagieux se propageant dans l'air polluée d'un train, mis en cause par la salive et l'haleine d'un terroriste davantage en état de fébrilité.
Chaque victime enrayée se verra physiquement transformée par l'apparition de pustules peu ragoutantes mises en exergue sur le visage, le torse ou les bras, tout en suintant de sueur abondante avant les symptômes spécifiques de rhume et de mal de gorge.
La début angoissant nous fait suivre le pesant cheminement de cet homme malade réfugié dans un train, cherchant en vain une fuite désespérée contre les forces de l'ordre.
Après que la police et les médias soient averties de l'évasion du terroriste et de la potentielle menace toxique qui s'ensuit dans le train, la seconde partie va nous immerger dans un huis-clos davantage claustrophobe à cause de l'irruption d'un groupe d'hommes armés, vêtus de combinaisons blanches et de masque à gaz pour barricader toutes issues de secours de chaque wagon du convoi maudit !
Pour éviter que les passagers ne sortent du train et contaminent la population extérieure, le colonel Stephen Mackenzie ordonne donc cette quarantaine inopinée et décide de détourner le train vers la Pologne. Un voyage impromptu déterminé dans un centre de décontamination, en direction d'un pont désaffecté depuis les années 40: le pont de Cassandra !
Le scénario dense et haletant va parsemer l'intrigue de rebondissements bienvenus comme ce trafiquant de drogue en état de manque, fermement décidé à stopper le train pour s'atteler à prendre la fuite, prêt à tuer un à un les membres organisés des hommes en combinaisons blanches qui ont l'ordre de ne jamais stopper le train en route vers la Pologne !
La bonne nouvelle c'est que la maladie semble s'atténuer et permet ainsi potentiellement de sauver les malades en voie de guérison.
Une course contre la montre va alors s'engager entre les passagers contre les hommes de main du colonel Mackenzie pour tenter de stopper le train avant qu'il n'entreprenne sa route infernale sur les rails frivoles du pont de Cassandra.
ATTENTION POUR CEUX QUI N'ONT JAMAIS VU LE FILM !!! JE DEVOILE LA FIN DE L'INTRIGUE.
La dernière partie s'accentue vers un final affolant, également rythmée par l'action intempestive des passagers armés, révoltés contre les autorités sans foi des hommes de Mackenzie. Georges Pan Cosmatos s'emploit un malin plaisir masochiste à jouer avec nos nerfs, à savoir si oui ou non le train entrera en conflit dans la construction d'un pont désaffecté permettant le train en marche de passer au-dessus d'un lac et continuer sa voie.
La cruauté est d'autant plus de mise que la maladie contenue dans les compartiments du train est enrayée et qu'une bonne partie des wagons bondés de passagers s'écrasera malencontreusement sur le pont pour s'écrouler irrémédiablement dans le lac.
Cette séquence catastrophe est d'autant plus réaliste qu'elle ne lésine pas sur la violence du choc frontal tant redouté !
Les FX cheaps à base de maquette en carton gardent malgré tout leur efficacité et le montage ingénieux et démonstratif impressionne durablement le spectateur stupéfait de cette estocade abrupte et insolente.
Quelques décennies plus tard, Le pont de Cassandra n'a rien perdu de son efficacité est reste l'un des meilleurs films catastrophes jamais réalisés, contournant plutôt habilement les conventions balisées du genre académique et niais pour nous offrir un modèle de suspense passionnant, haletant, jusqu'au boutiste dans sa dernière route pour l'enfer.
Tandis que notre galerie de célébrités réunies avec conviction, Richard Harris, Burt Lancaster, Martin Sheen et Ava Gardner en tête, ajoute une complicité perceptible et une présence d'amabilité indéniablement attachante.
NOTE: Le pont utilisé dans le film est le Viaduc de Garabit en France, construit par Gustave Eiffel de 1881 à 1884.

