par BRUNO MATEI » 05 Août 2011, 15:18
Spécialiste de la comédie tous publics, Hugh Wilson n'avait sans doute pas présagé qu'il allait engendrer avec son premier long une franchise lucrative répertoriant 6 autres suites dérivées. Une saga commerciale très inégale qui va s'étaler durant toute une décennie (1984/1994). A sa sortie, le succès mérité de Police Academy est immense et engrange plus de 80 millions de dollars de recettes pour un budget de 4,5 millions. Malheureusement, comme tout succédané fondé avant tout sur son aspect mercantile, les épisodes suivants vont largement régresser en terme d'inventivité dans le sens du burlesque jusqu'à lasser un public fatigué de subir des gags aussi gras et appauvris. Mais il serait dommageable d'occulter que le premier volet proprement hilarant, mené à un rythme effréné est un véritable classique de la comédie américaine n'ayant en l'occurrence pas pris une ride !
Dans une académie policière auquel les règles de déontologie pour s'y inscrire viennent d'être largement édulcorées, des volontaires sont enrôlés afin de suivre un stage de quelques semaines et ainsi pouvoir exercer dans un avenir prochain cette profession en tant que représentant de l'ordre et l'autorité. Mais la nouvelle équipe recrutée va particulièrement être une lourde labeur pour le lieutenant castrateur Harris, pourtant déterminé à les recadrer avec la plus ferme autorité !
D'un argument saugrenu inspirée de faits réels (!?), la réussite de Police Academy doit sa franche réussite à cette idée improbable poussée ici à son paroxysme (aucun examen d'entrée n'est acquis pour s'inscrire dans l'académie), permettant de déployer abondamment une galerie de personnages tous plus débridés, incongrus et aliénés les uns des autres.
Le film se distingue en deux parties toutes aussi loufoques et hilarantes l'une que l'autre. C'est dans un premier temps la phase d'entraînement exercée par nos jeunes recrus qui nous ait illustré dans un florilège de scènes délirantes avoisinant en moyenne un gag à la minute. Et enfin l'entrée en action sur le terrain urbain de ces nouveaux flics chevronnés qui auront été longuement entraînés dans une discipline de fer par un lieutenant drastique aussi autoritaire que ballot.
Le caractère hautement sympathique de ces novices de la police scandé par la bonne humeur communicative des comédiens et l'ambiance survitaminée de défouloir qui en émane réussissent louablement à rendre cette comédie gentiment effrontée, proprement jubilatoire et irrésistible !
Que ce soit Mahoney (Steve Guttenberg), play-boy obtus, arrogant et désinvolte, adepte de la drague, l'insouciance et la flânerie. Larvell Jones (Michael Winslow), capable d'imiter à la perfection à l'aide de sa bouche les sons et bruitages les plus familiers et extravagants. Eugene Tackleberry (David Graf), véritable clone de l'inspecteur Harry en mode psychopathe, obsédé par les armes à feu et maladivement addict à appréhender les gangsters les plus malfamés. Moses Hightower (Bubba Smith), homme de couleur d'une taille de près de deux mètres, décuplant sa force physique de manière prodigieuse ou encore la timorée Laverne Hooks (Marion Ramsey), petit bout de femme afro, discrète, anémique et craintive avec sa voix toute chétive ! En prime, je ne manquerai pas non plus d'évoquer Debbie Callahan (Leslie Easterbrook) dans le rôle austère d'une capitaine de charme dominatrice, tendance SM. Ou encore la charmante Karen Thompson (Kim Cattral, inoubliable compagne de Kurt Russel dans Les Aventures de Jack Burton...), prochaine petite amie docile du dragueur invétéré Mahoney !
Toute cette galerie échevelée de personnages haut en couleurs rivalisent d'idiotie farfelue et de stupidité excentrique à commettre les situations à risque les plus improbables qui soient. D'ailleurs, dans le domaine des gaffes les plus répréhensibles, leurs exactions se clôturent sur un épilogue pétaradant où nos équipiers maladroits et froussards vont devoir faire preuve de courage face à l'ébullition d'une émeute urbaine en plein centre-ville ! Action, poursuites et gags s'enchaînent jusqu'à la fameuse célébration d'une cérémonie de récompenses ovationnées pour nos héros malgré eux. Une remise de médaille d'honneur potentiellement méritante, du moins pour certains de nos officiers rusés les plus malicieux.
SURTOUT NE LES APPELEZ PAS SI VOUS TES DANS LA M... !!!
Mené à 100 à l'heure, interprété avec une irrésistible ferveur par des comédiens s'en donnant à coeur joie dans le déploiement de gags qui s'enchaînent sans répit, Police Academy peut sans conteste se targuer d'être l'une des meilleures comédies des années 80. Même s'il a sans doute été influencé par l'immense succès des frères Zucker, commis préalablement en 1980, puisque l'on retrouve dans Y'a t'il un pilote dans l'avion ce même esprit débridé tendance cartoonesque et cette surabondance de gags fusant sur tous les coins de l'écran !
A revoir sans se lasser avec toujours autant de plaisir, surtout en période estivale d'un morose climat pluvieux ! L'exutoire salvateur qui en résulte est 100 fois plus efficace que tout produit médicamenteux sensé lénifier un état anxiogène ou dépressif !
