OBSESSION
Réalisateur: Brian De Palma
Année: 1976
Origine: U.S.A
Durée: 1h38.
Distribution: Cliff Robertson, Geneviève Bujold, John Lithgow, Sylvia Kuumba Williams, Wanda Blackman, J. Patrick McNamara, Stanley J. Reyes, Nick Kreiger.
Sortie salles en France: 18 Janvier 1977. U.S: 1er Août 1976
FILMOGRAPHIE: Brian De Palma, de son vrai nom Brian Russel DePalma, est un cinéaste américain d'origine italienne, né le 11 septembre 1940 à Newark, New-Jersey, Etats-Unis.
1968: Murder à la mod. Greetings. The Wedding Party. 1970: Dionysus in'69. Hi, Mom ! 1972: Attention au lapin. 1973: Soeurs de sang. 1974: Phantom of the paradise. 1976: Obsession. Carrie. 1978: Furie. 1980: Home Movies. Pulsions. 1981: Blow Out. 1983: Scarface. 1984: Body Double. 1986: Mafia Salad. 1987: Les Incorruptibles. 1989: Outrages. 1990: Le Bûcher des vanités. 1992: l'Esprit de Cain. 1993: l'Impasse. 1996: Mission Impossible. 1998: Snake Eyes. 2000: Mission to Mars. 2002: Femme Fatale. 2006: Le Dahlia Noir. 2007: Redacted.
Un riche entrepreneur va être mêlé à une incroyable machination pour tenter de déjouer le kidnapping de sa femme et de sa fille, enlevées par des cupides ravisseurs.
Hommage à Sueurs Froides d'Alfred Hitchcock, Obsession est une errance romantique avec la mort. A travers l'argument d'un banal kidnapping ayant mal tourné, Brian De Palma nous transcende une incroyable histoire de machination doublé d'une magnifique romance élégiaque.
16 ans après un drame, rongé par le remord et la culpabilité de n'avoir pu sauver sa femme et sa fille kidnappées par des ravisseurs, un riche entrepreneur séjourne 16 ans en Italie pour se remémorer leur première rencontre édénique. C'est dans la bâtisse d'une église qu'il fait la rencontre de Sandra Portinari, le parfait sosie de son ancienne défunte ! Obsédé par la trouble beauté de la jeune femme, Michael Courtland la courtise inévitablement et réussit par l'inviter à déjeuner. Au fil de leurs rendez-vous, une liaison amoureuse se lie entre les deux amants. Mais Sandra semble elle aussi peu à peu éprise de fascination pour la disparition d'Elizabeth Courtland.
Thriller vertigineux par son ambiance romantique ensorcelante et suspense progressif au fil de son cheminement davantage ombrageux, Obsession insuffle une irrésistible hantise avec la mort.
Poème mélancolique sur l'amour galvaudé et la perte de l'être aimé, cette oeuvre prude nous dépeint de prime abord l'impossible deuil d'un homme taciturne, incapable de se pardonner un choix décisif qui aura eu comme conséquence la mort soudaine de sa famille. Scandé par la puissante mélodie orchestrale de Bernard Herrman, aussi suave que suspicieuse, Obsession nous entraîne dans la contrée touristique de Florence en compagnie de deux amants délibérés à retrouver un amour éperdu. Mis en scène de manière épurée et baignant dans un lyrisme diaphane par ses couleurs voluptueuses, ce suspense audacieux est en outre habité par l'interprétation de ces deux amants d'infortune.
Dans celui du promoteur nanti, Cliff Robertson livre une interprétation bouleversante par sa présence taciturne quasi impassible mais pourtant noyé de chagrin et culpabilité d'avoir perdu sa tendre épouse. Dans un double rôle équivoque, Geneviève Bujold transmet avec une clémence tranquille et un charme docile le personnage en demi-teinte d'une femme tourmentée par un passé traumatique. Enfin, l'excellent John Lithgow se joue d'un malin plaisir à incarner un homme d'affaire perfide dénué de vergogne, car uniquement appâté par le gain. Sa gouaille orgueilleuse et ses ambitions cupides émanent d'un opportunisme couard à daigner déprécier sa victime. La seconde partie du film, beaucoup plus inquiétante et fébrile dans les tourments amoureux des deux nouveaux amants réunis nous confectionne un implacable suspense Hitchcockien dont l'issue se culmine vers une bouleversante alliance rédemptrice. ATTENTION SPOILER !!! Un point d'orgue magistral, haletant et désespéré, dans sa séquence anthologique de conjonction parentale. Des retrouvailles inespérées d'un père et de sa fille, séparés depuis tant d'années car communément compromis à l'odieux traquenard d'une filiation vénale FIN DU SPOILER.
Liens d'amour et de mort
D'un romantisme lyrique absolu et transi de mélancolie pudibonde, Obsession est un voyage envoûtant où les songes du passé refont surface pour divulguer un simulacre éhonté. Une ballade crépusculaire au confins de l'irréel pour la reconquête illusionnée d'un veuf avec une défunte réincarnée. A travers la destinée lamentée de cet amant assujetti à la passion amoureuse, Brian De Palma nous façonne finalement une magnifique histoire d'amour paternelle après nous avoir cruellement piégé dans une intrigue tortueuse. Illuminé par le score entêtant de Bernard Herrmann est habité par la prestance de deux illustres comédiens, cette obsession obscure est une délicate mélopée avec l'amour le plus épuré. Un chef-d'oeuvre de romantisme obsédant.

