We need to talk about Kevin

-> Action, Guerre, comédie, aventure, western, drame, animation, mangas, dessins animés et le reste inclassable...

Messagepar BRUNO MATEI » 04 Février 2012, 23:21

WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN
Réalisatrice: Lynne Ramsay.
Année: 2011.
Origine: UK/U.S.A.
Durée: 1h52.
Distribution: John C. Reilly, Tilda Swinton, Ezra Miller, Siobhan Fallon, Joseph Melendez, Ashley Gerasimovich, Suzette Gunn, Leslie Lyles, Lauren Fox, Ursula Parker.

Sortie Salles France: 28 Septembre 2011. U.S: 2 Décembre 2011

Récompenses: Prix du Meilleur film au festival du film de Londres en 2011.
Prix de la Meilleure Actrice Européenne pour Tilda Swinton

FILMOGRAPHIE: Lynne Ramsay est une réalisatrice et scénariste britannique, né le 5 Décembre 1969 à Glasgow (Royaume-Uni).
1999: Ratcatcher
2002: Morvern Callar
2011: We need too Talk About Kevin

D'après l'adaptation du roman de l'écrivain Lionel Shriver paru en 2003, la réalisatrice Lynne Ramsay nous illustre ici l'introspection d'une cellule familiale quand un enfant dénué de moralité est mis au monde dans une éducation orthodoxe. C'est ce rapport de force équivoque entre un adolescent inflexible et sa mère démunie qui nous ait démontrée de manière abrupte, sans toutefois stigmatiser la cause parentale.

Eva décide de mettre au monde un jeune garçon qu'elle prénomme Kevin. Dès la naissance, leur rapport conflictuel est sévèrement enduré. La mère supporte mal les pleurs et hurlements du bambin irascible et leur relation va davantage s'acheminer dans une impasse. Attentive, déférente et chérissante, Eva a beau faire preuve de patience et persévérance, Kevin a délibérément décider d'accomplir sa future besogne mortuaire.

Dans une mise en scène inventive et auteurisante, multipliant les incessants allers-retours entre passé et présent, We need to talk about Kevin provoque d'emblée notre curiosité face à une succession d'évènements insolites imbriqués de façon anarchique. La réalisation très travaillée accumule les effets de style alambiqués, associe une partition musicale braque et épure une photographie picturale au design géométrique à l'intérieur du foyer sécurisant.
Cette oeuvre glaçante et acérée, baignant dans un climat ombrageux sous-jacent réussit facilement à nous pénétrer en interne d'une descente aux enfers décrétée par un ado interlope. De la naissance à sa majorité, nous allons suivre l'évolution parentale d'un garçon délibéré à haïr sa propre mère pour une raison intrinsèque qui n'appartient qu'à son psyché galvaudé. Mère aimante et attentionnée, même si contrariée, voire irritée de prime abord par les caprices d'un nouveau né ardu, Eva va tout entreprendre pour tenter d'améliorer ses relations rigides avec son bambin versatile. Néanmoins, Kevin accorde une amabilité (sournoise) avec son paternel flegmatique (John C. Reilly, épatant de bonhomie ingénue). Un père passif incapable de déceler les motivations perfides d'un adolescent en phase d'indiscipline, faute de son instinct paternel engagé dans l'amour. C'est à la suite de la naissance de leur deuxième enfant, une petite fille souriante et épanouie de l'amour octroyé par ses parents que Kevin va entreprendre sa croisade funèbre consolidée dans la rancoeur.

Si le film se révèle si captivant et machiavélique, c'est en priorité grâce à la ferme ténacité du personnage de la mère, entièrement dévouée à daigner combler un fils de son inlassable indulgence. Un ado exécrable incapable de lui éprouver la moindre empathie, multipliant provocations et rancunes tenaces dans l'unique but de l'asservir. Avec subtilité et sans aucune outrance, la narration pernicieuse nous dirige lentement vers un point d'orgue que l'on présage fatalement tragique puisque son préambule nous avait préalablement évoqué un semblant de fait divers sordide.

Avec son physique exsangue et famélique, Tilda Swinton magnétise de sa frêle présence le rôle d'une mère dépréciée, constamment fustigée par un fils arrogant et méprisable. Avec une aversion en crescendo, nous ne sommes pas prêt d'oublier l'interprétation monolithique du jeune Ezra Miller (comédien novice mais aussi chanteur et batteur du groupe Sons of an Illustrious Father), terrifiant d'austérité dans son regard stérile et d'une froideur implacable par son caractère insidieux. ATTENTION SPOILER !!! Sa lente dérive vindicative dans la folie meurtrière nous saisit d'effroi quand à la révélation de ses véritables exactions culminant vers un épilogue inévitablement tragique. FIN DU SPOILER. Ce rapport trouble mère/fils donne lieu à un affrontement psychologique d'une acuité subtilement oppressante qu'il confine à effleurer le malaise latent.

L'Enfant du diable
Superbement mis en scène sans fioriture et baignant dans un climat baroque de plus en plus étouffant, We need to talk about Kevin est un thriller psychologique tortueux transcendé par les rapports difficiles d'une mère perplexe et de son jeune fils damné. Il illustre le portrait saisissant d'un sociopathe juvénile dénué de véritable mobile alors qu'une mère meurtrie, conspuée par une population réactionnaire aura toujours la patience et l'amour nécessaire pour tenter de comprendre la haine d'un fils infortuné. En ce sens, sommes nous responsables de la postérité d'un enfant quand il est destiné à nuire à autrui ?
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.
Image
Avatar de l’utilisateur
BRUNO MATEI
Oh My Gore ! Fan
 
Messages: 1319
Inscription: 14 Novembre 2010, 10:25

Retourner vers Cinéma non fantastique

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité