Messe Noire d'Eric Weston, 1981

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Messe Noire d'Eric Weston, 1981

Messagepar BRUNO MATEI » 07 Septembre 2013, 06:42

Titre d'Origine: Evilspeak
Réalisateur: Eric Weston
Année: 1982
Origine: U.S.A
Durée: 1h43
Distribution: Clint Howard, R.G Armstrong, Joseph Cortese, Claude Earl Jones, Haywood Nelson.

Sortie salle France: 26 Février 1982. U.S: 26 Février 1982

FILMOGRAPHIE: Eric Weston est un réalisateur, scénariste et producteur américain.
1981: Messe noire. 1983: Marvin and Tige. 1989: The Iron Triangle. 1992: To protect and serve. 2001: Pressure Point. 2002: Ambition Fatale. 2002: Hitters. 2011: Hyenas.

Pour une première oeuvre horrifique, le débutant Eric Weston aura marqué une génération de vidéophiles qui s'étaient empressés de louer dans leur vidéo-club un B movie au titre évocateur, Messe Noire.

Dans une académie militaire, un souffre-douleur décide d'invoquer les forces du mal via ordinateur pour se venger de ces camarades railleurs.

A partir de cet argument simpliste (la vengeance sanglante d'un martyr au service du Mal) déjà évoqué dans le chef-d'oeuvre Carrie , Eric Weston en tire un modèle d'efficacité dans son suspense exponentiel et l'ambiance délétère qui s'y dégage au sein d'une cave abritée par le malin. Reposant sur les épaules du jeune Clint Howard (délivrant ici son meilleur rôle !), Messe Noire s'érige en fascinante descente aux enfers sous l'entremise originale de l'ordinateur. Mais revenons d'abord sur l'interprétation sidérante de vérité de cet acteur de seconde zone, car si ce divertissement sardonique réussit autant à captiver, c'est en partie grâce à l'empathie que l'on accorde pour Coopersmith, étudiant maladroit incessamment molesté par ses camarades de classe. Avec sa bonhomie toute naïve et son regard candide, Clint Howard réussit instinctivement à nous impliquer dans son désarroi quotidien et nous amène lentement à fréquenter le malin sous l'intervention d'Estaban. Un sorcier sataniste préalablement condamné par l'église pour hérésie mais qui avait juré de se venger des siècles plus tard. Toute l'intrigue se focalise donc sur les tentatives de Coopersmith à daigner invoquer une véritable messe noire par une démarche toute moderne, l'utilisation électronique de l'ordinateur !
Et quand vient la vengeance tant escomptée, on ne peut que comprendre (ou fantasmer !) sa rancoeur à oser bafouer le fondement du Bien en commettant des méfaits criminels sous influence démoniaque ! A cet égard, on peut dire que son point d'orgue apocalyptique déploie des séquences cinglantes où le gore craspec se dispute à l'horreur pure dans des FX de choix ! Décapitations en série, éventration, démembrements, corps embrasés nous sont étalés sans concession dans un déluge de feu et de sang ! Qui plus est, et avec une audace sarcastique, le carnage se confine dans le cadre religieux d'une chapelle auquel des porcs carnassiers s'y sont soudainement invités !
Au delà de son indéniable sens de l'efficacité et sa force émotionnelle, Messe Noire insuffle une ambiance lugubre du plus bel effet, renforcé par la chaleur d'une photo sépia. Que ce soit en interne du sous-sol de la cave auquel Coopersmith pratique son rite ou dans le cadre religieux d'un oratoire. Avec rigueur et intégrité pour le genre, le réalisateur distille donc un climat pernicieux diffus en vantant les mérites d'une démonologie contemporaine.

Soutenu par le superbe score religieux de Roger Kellaway faisant écho à La Malédiction de Donner, Messe Noire n'a pas usurpé son statut de classique moderne du film sataniste en faisant preuve dans son dernier acte d'une violence barbare dantesque ! En apprenti sorcier sévèrement malmené, Clint Howard apporte une indéniable intensité humaine dans sa revanche spectrale désespérément nihiliste !
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BRUNO MATEI
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