MASKS

-> Le gros Gore qui tache et les films dégueux à vomir

MASKS

Messagepar BRUNO MATEI » 20 Décembre 2012, 07:51

Réalisateur: Andreas Marschall
Année: 2012
Origine: Allemagne
Durée: 1h52
Distribution: Susen Ermich, Magdalena Ritter, Julita Witt, Stefanie Grabner, Sonali Wiedenhöfer, Michael Siller.

Sortie salles Allemagne: 13 Avril 2012

Récompenses: Prix du Public au Festival International du film de Paris, 2011
Prix Ciné + Frisson au Festival International du film de Paris, 2011

FILMOGRAPHIE: Andreas Marschall est un réalisateur, scénariste, acteur et directeur de photo allemand.
2004: Tears of Kali
2012: Masks

Après l'expérimental Amer, originaire de Belgique, c'est au tour de l'Allemagne d'emprunter le même schéma hermétique avec Masks, giallo très influencé par l'univers de Suspiria auquel il émaille l'intrigue de multiples références (tonalité baroque d'une école pernicieuse, directrice patibulaire, esthétisme criard, demoiselles droguées et soumises, rituel de meurtres acérés, partition mélodique).

Une jeune comédienne novice arrive dans une école de théâtre pour tenter de décrocher un rôle majeur. Mais un mystérieux tueur sème la mort auprès de la gente féminine. Stella va apprendre que dans ce même établissement, des interprètes se sont autrefois suicidés sous l'allégeance d'un enseignant masochiste.

Photo saturée de nuances azurs et carmins, sauvagerie de meurtres stylisés, atmosphère aussi trouble que feutrée, personnages interlopes régis par une force diabolique, mise en scène épurée. Il n'y a pas de doute, nous sommes bien en présence d'un hommage horrifico-fantastique à l'illustre Suspiria, auquel le giallo s'y serait notamment introduit par la porte d'une serrure bloquée. Si l'intrigue absconse, volontairement décousue, peut rapidement irriter le spectateur, impliqué malgré lui dans un cauchemar diaphane, l'atmosphère anxiogène palpable et le pouvoir sensuel émanant de la présence timorée de Stella réussissent néanmoins à nous envoûter. Sorte de Black Swan immergé dans du vitriol où une comédienne se retrouve assujettie par une direction délétère, Masks nous dévoile sournoisement un jeu de duperie et de provocation ou l'émotion et le sang s'approprient d'un rôle substantiel !

En manipulateur indocile, Andreas Marschall use et abuse d'un canevas tortueux pour semer doute et confusion auprès d'une héroïne droguée, compromise à déployer ses talents de comédienne pour mieux se parfaire à "la méthode". Une démarche morbide qui avait été enseigné par un gourou mystique au cours duquel chacun de ses élèves étaient contraints de décupler leurs émotions sous l'emprise d'une drogue hallucinogène. Une manière extravagante de pouvoir transcender leur jeu d'acteur emphatique ! Quarante ans plus tard, voilà qu'une mystérieuse porte cadenassée renferme un terrible secret auquel Stella va tenter d'affranchir pour découvrir l'ultime vérité ! Et quelle vérité ! Le point d'orgue macabre culminant sa déchéance morale vers une idéologie malsaine où le vampirisme adopte une politique séculaire. Pendant tout ce temps, quelques témoins gênants auront la déveine de périr égorgés ou transpercés d'une arme blanche, gros plans explicites à l'appui ! Mystère tangible, inquiétude oppressante, érotisme charnel, visions cauchemardesques se combinent au rythme d'un score entêtant. En dépit de sa structure tarabiscotée, Masks insuffle à rythme régulier une attention croissante avant de nous ébranler par l'implacable vérité !

Métaphore sur l'ambition artistique liée à l'improvisation, réflexion sur l'affres de l'échec, jeu de miroir où le mal tente de dévisager le masque de l'apparence en dévorant nos émotions, Mask multiplie les références argentesques tout en élaborant une intrigue originale finalement étonnante. Esthétiquement raffiné, violemment gore et pourvu d'un romantisme saphique (la relation homo entre stella et son amie), cet exercice de style suscite interpellation et séduction, même si sa narration désordonnée aurait mérité à être plus accessible. A revoir rapidement pour en saisir toute sa richesse thématique mais à réserver à un public prémédité, au risque d'en égarer en chemin.
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BRUNO MATEI
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