La Machination - Perversion Story

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Messagepar Killjoy » 17 Février 2008, 17:15

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aka "Perversion story"
aka "una sull'altra"
J'ai la chance de posséder ce film très rare du grand Lucio...
Je l'ai vu il y a fort longtemps mais j'en garde un excellent souvenir...
Une histoire rondement menée ayant pour thème la manipulation d'une femme dans son couple, le tout sur fond d'intrigue policière...
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Un soin tout particulier accordé aux décors, une intrigue très intéressante servie par des personnages qui ont une grande conviction et qui apportent de la crédibilité au film
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Contrairement à certains films "non-fantastiques" du Maestro, "la machination" ne caractérise pas par un flot de violence, bien au contraire !
La psychologie des protagonistes est placée plus en avant que les scènes d'homicides...
Niveau casting, on a le plaisir de retrouver la belle Marisa Mell (déjà aperçue dans "Danger Diabolik !'" de Mario Bava et l'excellent Jean Sorel
A noter q'il existe un CD de la musique de ce film réédité récemment et que j'ai la chance de posséder (il coute très cher, environ 40 euros et est disponible au MK2, si vous êtes sur Paris)
==> Visuel : Image
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L'on découvre une nouvelle fois une des multiples facettes de ce réalisateur cultissime et finalement très ouvert au genre populaire accessible à tout amateur de films à suspense...

Pas de surenchère "gore" ou brutal, mais un film d'une finesse remarquable !
A découvrir ! B)
8/10
On peut se le procurer en VHS Proserpine : ici pour 15 euros tout de même !
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Messagepar Killjoy » 15 Mars 2008, 21:35

J'ai retitré mon topic pour qu'il ait un peu plus de succès ! :P
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Messagepar SUSPIRIA » 16 Mars 2008, 09:03

J'attends de découvrir cet inédit en dvd zone 2, je l 'achèterai sur le champ, étant un inconditionnel du vrai Fulci.
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Messagepar BRUNO MATEI » 18 Mars 2011, 06:59

Sorti la même année que son superbe Béatrice Cenci (son oeuvre la plus personnelle), Lucio Fulci s'éloigne du contexte historique alloué à l'émancipation de la femme (influencé par les écrits de Stendhal dans ses "Chroniques italiennes") pour entreprendre un thriller érotique avec Perversion Story. Un film majeur d'une maîtrise technique inédite dans la carrière du maître, beaucoup trop passé inaperçu et resté inédit dans nos contrées françaises en dvd !

Le docteur Georges Dumurier est un médecin de renom déloyal dans son infidélité maritale qu'il courtise durablement avec une jeune photographe de mode prénommée Jane. Un jour, sa femme gravement malade et asthmatique meurt dans des conditions mystérieuses. Rapidement, les soupçons se portent sur le mari volage auquel une assurance vie d'un million de dollars doit lui être légué.
Un soir, il se retrouve dans un cabaret en compagnie de Jane et fait la connaissance fortuite d'une étrange strip-teaseuse ressemblant comme deux gouttes d'eau à sa défunte épouse.


Comme Mario bava, le maître maudit de l'horreur vintage à l'italienne, Lucio Fulci n'aura jamais pu bénéficier de son vivant les honneurs d'une renommée estimable digne d'éloges.
Quand on revoit ou découvre pour la première fois des films comme Le Venin de la peur, Béatrice Cenci, Le Temps du Massacre, le Miel du Diable, La Longue nuit de l'Exorcisme ou ce Perversion Story, on se rend bien compte que le petit maître du macabre n'était pas uniquement inné pour révolutionner le mythe du zombie putride afin de concourir sur les traces de Romero en pleine effervescence.

Perversion Story empreinte la voie du thriller à suspense mâtiné d'érotisme polisson pour narrer une diabolique machination auquel un médecin infidèle va irrésistiblement plongé dans un piège perfide qu'il n'avait pas prévu.
Parce qu'il aura été séduit par une jeune strip-teaseuse ressemblant à s'y méprendre à son épouse décédée, Georges Dumurier et son amante Jane vont tenter de démêler le vrai du faux, le couple étant persuadé que Susan n'est pas morte asphyxiée par la cause de son asthme mais qu'elle aurait été volontairement tué. Par qui et pour quelle raison ?
Dès lors, leur suspicion se porte sur cette jeune danseuse du nom de Monica Weston, aguicheuse chevronnée dans l'art et la manière de séduire les beaux mâles embourgeoisés. Ce qui nous vaudra d'ailleurs de superbes séquences de coucherie stylisée d'une beauté soyeuse inhabituelle de la part de l'esthète de la tripaille.
Il faut dire qu'en terme de mise en scène, le réalisateur déploie ici une virtuosité inspirée et consciencieuse. Que ce soit dans la beauté épurée des décors polychromes, des cadrages alambiqués (avec entre autre l'emploi du split screen) ou d'une direction d'acteurs hors pair ! Et à ce niveau de prestance on croit rêver car Fulci n'a jamais été un vénérable briscard à diriger adroitement ses interprètes hésitants ou ternis !.
Avec une mécanique de suspense parfaitement rodé, l'intrigue pernicieuse de Perversion Story ne nous laisse aucun temps de répit dans son cheminement davantage en pente rude, titillant avec adresse les nerfs du spectateur, à savoir qui est le véritable coupable dans cette histoire d'héritage compromise à l'infidélité d'amants peu commodes, austères et nonchalants.

C'est la ravissante Marisa Mell qui témoigne d'une sensualité torride dans sa posture sexy et ses déhanchements charnels et provocants pour interpréter un double rôle de femme énigmatique. Un jeu en demi-teinte de vamp dévergondée en sosie blonde fatale et celui d'une femme brune aigrie et maladive, dénigrant davantage un mari absent et trompeur.
C'est l'acteur français Jean Sorel qui excelle dans une interprétation antipathique de mari infidèle à l'humeur maussade et au regard bleu renfrogné. Alors qu'un piège méthodique va lentement se refermer sur ses frêles épaules sans pouvoir bénéficier de l'aide potentielle de son frère adjoint (génialement campé par Alberto De Mendoza) exerçant jalousement dans le même cabinet médical.

Soutenue de manière récurrente par une musique jazzy de Riz Ortolani stylisant l'ambiance tortueuse, Perversion Story fait sans aucun doute parti des plus belles réussites de Lucio Fulci en terme de mise en scène pragmatique et ambitieuse. Alors que son intrigue passionnante menée avec fougue et tempérance ne déçoit jamais le plaisir du spectateur embarqué dans une énigme à tiroirs Hitchcockienne de premier choix. Et cela même si la dernière minute de métrage (sans doute imposée par les producteurs) pourrait frivolemenet déçevoir dans son optimisme renouvelé.
Mais l'ultime point d'orgue fatidique surprend agréablement dans son coup de théâtre asséné de manière indécelable, compromis vers une course contre la montre vertigineuse.
Réalisé à l'aube d'une riche carrière de styles dissemblables, Perversion Story démontrait déjà que Lucio Fulci n'avait rien à prouver à ses réfractaires réticents et se révèle aujourd'hui définitivement l'un des grands maîtres audacieux du cinéma de genre transalpin.
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