par SUSPIRIA » 27 Septembre 2010, 07:44
DESPERADO 3 ou quand Rodriguez se repose une fois de plus sur ses lauriers.
Il aura fallu attendre 3 ans pour voir enfin l'aboutissement de ce long-métrage tant idéalisé à cause d'une bande annonce mise en exergue en début de projo dans Planet Terror qui avait su faire fantasmer des milliers de fans accros aux séries B bourrines pleines de bruit, de sang et de fureur !
Autant prévenir de suite tous les surexcités de testostérone et de gros flingues qui éclatent les chairs de pouvoir assister à un potentiel nouvel archétype du cinéma d'action ultra bandant, Machete n'arrive jamais à renouer avec le plaisir jouissif que l'on avait éprouvé au vu de son alléchante bande annonce si prometteuse et vrombissante.
Comme quoi réunir une pléiade de stars célébrées dans le monde entier, offrir le rôle d'une vie à un acteur charismatique de seconde zone et planifier une trame convenable qui se permet même d'évoquer au passage un sous-texte socio politique pour le problème actuel des immigrés clandestins venus s'installer dans les divers pays pour fuir leur dictature, Machete n'arrive pas à décoller et peine à trouver ses marques dans un concentré d'action mollement mis en scène qui manque impérativement de souffle et d'ampleur.
La scène d'introduction jouissive et trépidante annonce pourtant un film d'action fougueux, décomplexé dans ses débordements sanglants funs et sa totale décontraction à imaginer des situations improbables exacerbées dans le but de nous offrir un généreux plaisir coupable.
La première demi-heure bien menée, efficace et explosive se suit sans déplaisir nonobstant un manque évident de maitrise à soigner ses séquences d'action chocs classiquement réalisées.
Tandis que la suite va nous confirmer que nos deux compères responsables de cette entreprise ont oublié un élément essentiel pour réussir un film ludique : l'émotion !
On sent que derrière la caméra, nos réalisateurs ne se sont pas délivrés corps et âmes pour pouvoir permettre à Machete d'accéder à un trip ultra jouissif à base de sexe et d'ultra violence cartoonesque. Et en ce qui concerne les séquences érotiques, à part deux, trois jolis nichons dénichés par ci par là, Machete fait preuve d'une grande timidité, voir d'un gros complexe à oser se laisser tenter au plaisir de la chair que tout bon film d'exploitation se permet souvent de commettre !
Heureusement, en ce qui concerne les impacts de balles et le sang versé, quelques scènes débridées font mouche comme ce curé improbable transformé en roi de la gâchette pour se défendre contre l'oppresseur et accomplir un massacre dans la maison de Dieu.
Ou quand machete décide de sauter par la fenêtre d'un hôpital en s'agrippant à l'intestin d'un tueur à gage éventré !
Des séquences assez amusantes et fantasmées malgré cette sale habitude davantage coutumière d'accéder à l'emploi systématique de CGI numériques !
Certains acteurs venus participer aimablement au projet interprètent avec efficacité leur rôle respectif comme Robert De Niro dans celui du perfide sénateur raciste qui semble s'amuser à prendre au sérieux un rôle dédaigneux. Mais c'est surtout la charmante Jessica Alba, agent de police et maitresse de service pour le compte de Machete et Michele Rodriguez dans celle de la coéquipière, redresseuse de tort des immigrés qui usent malicieusement de leur charme et de leur tempérament pour donner un regain d'intérêt, une vivacité à leur rôle invoqué.
On sera par contre déçu de l'apparition de Tom Savini, complètement terne et effacé dans le rôle tristounet d'un tueur infaillible et de Steven Siegal dans celui de l'associé du complot commandité envers Machete, carrément ridiculisé dans un combat final sans saveur ni originalité retombant aussi facilement qu'un soufflé trop vite enfourné.
Quand à Danny Trejo dans le rôle titre de Machete, il semble trop tempéré, peu expressif, souvent apathique malgré l'incroyable charisme qu'il porte à l'écran. On l'aura connu en bien meilleur forme, beaucoup plus crédible dans Desperado à titre d'exemple.
UNE MACHETE DECHUE DE SES SERVICES.
C'est surtout cette dernière demi-heure essoufflée, qui peine à ramer pour finalement faire chavirer l'embarcation et nous confirmer que Machete est une (sympathique) déception, plutôt vaine et dénué d'âme, auquel la Bande Annonce aurait largement suffit à permettre d'imaginer dans l'esprit du spectateur quel forme de spectacle il aurait pu accéder si Rodriguez et son compère s'étaient donnés la peine de mettre en scène ce projet si fantasmé avec leur tripe et leur coeur.
Du coup, la généreuse séquence d'action explosive et pétaradante qui conclu le film fera l'effet d'un gros pétard mouillé. Et ce n'est pas le ridicule combat final livré en clôture entre Seagal et Trijo qui nous permettra de retrouver un timide sourire complice, le teint virant plutôt à un air grimaçant.