Casting: Toshirô Mifune, Takashi Shimura, Yoshio Inaba, Minoru Chiaki, Isao Kimura.
Scénario: Shinobu Hashimoto & Akira Kurosawa
Musique: Fumio Hayasaka
Au Moyen-Âge, la tranquillité d'un petit village japonais est troublée par les attaques répétées d'une bande de pillards. Sept samouraïs fauchés et sans maître acceptent de défendre les paysans impuissants.
Probablement l'uvre la plus réputée de Kurosawa, Les Sept Samouraïs ne vaut toutefois pas un Rashomon; la faute à quelques longueurs relativement importantes entachant un récit pourtant formidable, mais qui s'étend tout de même sur plus de trois heures, explication tout à fait plausible de ces temps morts et chutes de rythme hélas difficilement négligeables et surgissant çà et là alors qu'on ne les attendait pas forcément. On peut, certes, y discerner une volonté de dépeindre, entre deux scènes d'action ou de divertissement, le quotidien miséreux des paysans japonais de l'époque, victimes des pillages de bandits, tout en s'attardant avec insistance sur l'élaboration des plans d'attaques des samouraïs afin de protéger les villageois des malfrats, mais une poignée de temps morts, de dialogues pas toujours passionnants, de fausses alertes et d'étirements contemplatifs de situations s'y adjoignent également, au risque de rendre l'ensemble parfois rébarbatif.
L'ampleur éblouissante de la mise en scène, le formidable jeu de Mifune, la beauté des paysages et les séquences de batailles couronnant le dernier quart du film éclipsent cependant ces défauts mineurs. À propos du dernier point fort cité, il est bon de se rappeler que Kurosawa fait preuve d'un sens du découpage novateur et pas peu digne d'éloges pour leur mise en image, filmant par ailleurs de très près afin que le spectateur s'implique le plus possible dans l'action; le cinéaste a su imposer dans ces instants en question un souffle épique à son métrage dont la force, le dynamisme et la maestria ne sont depuis déjà bien longtemps plus à prouver.
Sans tenir compte de ses quelques maladresses abordées plus haut, Les Sept Samouraïs conjugue pourtant l'ensemble des particularités de Kurosawa, ici toutes réunies dans des degrés plus ou moins différents: le souci de la perfection technique, la noblesse, l'héroïsme, le respect des traditions originelles, les petites notes d'humour burlesque ou tendre, la théâtralité, les envolées lyriques - ici néanmoins assez modérées - et la richesse de la narration. C'est principalement pourquoi il figure dans la boîte des uvres indispensables du sensei.
8/10




