aka Fallen angels
Réalisateur : Wong Kar-Wai
Directeur de la photo : Christopher Doyle
Acteurs : Leon Lai Ming, Takeshi Kaneshiro, Michele Reis, Charlie Yeung, Karen Mok,...
Pays : Hong Kong
Année : 1995
Sortie française : 1997
Dispo en français dans l'incontournable coffret "La révolution Wong Kar-Waï" regroupant Nos années sauvages, Chungking express, Les anges déchus et Happy together.
Un de ses meilleurs films, sinon son meilleur.
Sorte de prolongement dark à Chungking express (dont il devait à l'origine constituer un des segments) Les anges déchus en reprend la forme de destins entrelacés et de vies qui se frolent. Mais s'il se trouve moins spontané et généreux que Chungking express (et sans Faye Wong
), il est surtout est surtout mieux construit et structuré, plus maitrisé sur tous les plans, du scénario à la réalisation, en passant par le montage.
Encore plus expérimental dans sa mise en scène, regorgeant de trouvailles esthétiques en tout genre et sublimé par la photographie de Christopher Doyle, Les anges déchus est un film fou, bouillonnant, hétéroclite. Un vrai bonheur pour les branleurs dans mon genre, amoureux de belles images et de claques visuelles. Je rêve qu'un jour Wong Kar-Waï se mette à faire des clips, ce type enchaine les idées de mise en scène à la vitesse d'une mitraileuse Gatlin à plein régime.
Au dela de l'aspect purement visuel du film, Les anges déchus fourmille de petits bonheurs scénaristiques (le type qui devient muet pour avoir mangé des ananas avariés, j'adore) et regorge d'un humour à froid caractéristique extrêmement percutant qui faisait déjà le bonheur de Chungking express et qui fait écho à l'atmosphère désespérée de l'ensemble.
Aussi, entre les deux films Wong tisse tout un réseau de références : la fausse blonde rappelle la silhouette de la gangster de CE joué par Brigite Lin, le personnage de Takeshi Kaneshiro devient en quelque sorte le pendant masculin de la merveilleuse Fei. Cela jusqu'à rejouer certaines scène, comme celle où le muet danse en agitant les bidons de sauces, retrouve son premier amour devenue hotesse de l'air et entreprend de passer le balai sous ses pieds, combinant là trois des plus belles scènes de Chungking express.
Un film indescriptible à voir, à revoir, à re-revoir.
A vivre et à choyer précieusement.


