LA LAME INFERNALE
Titre Original: La Polizia Chiede Aiuto
Titre Anglais: What have you done to your daughters ? quavez-vous fait à nos enfants ?
Réalisateur: de Massimo Dallamano.
Année: 1974.
Durée: 1H35.
Origine: Italie.
Distribution: Giovanna Ralli, Claudio Cassinelli, Mario Adorf, Franco Fabrizi, Farley Granger, Marina Berti, Paolo Turco, Corrado Gaipa, Micaela Pignatelli, Ferdinando Murolo...
FILMOGRAPHIE: Massimo Dallamano est un réalisateur et directeur de la photo Italien, ex-assistant de Sergio Leone, né le 17 avril 1917, mort le 4 novembre 1976 des suites d'un accident de voiture.
1969: La Vénus en Fourrure, 1972: Mais qu'avez vous fait à Solange ? 1973: Piège pour un tueur, 1974, Innocence et désir, La Lame Infernale, 1975: Emilie, l'enfant des Ténèbres, 1976: Section de choc
COUP DOUBLE.
Deux ans après son mythique Mais qu'avez vous fait à Solange ?, Massimo Dallamano récidive avec le Giallo et l'innocence violentée sous couvert de corruption politique liée à une sombre affaire de moeurs sexuelles. Un sordide groupuscule de fonctionnaires notoires ainsi qu'un ministre renommé compromis dans un réseau de prostitution d'adolescentes auquel la police aura la lourde tâche de poursuivre en justice.
Une jeune étudiante est retrouvée pendue, entièrement dévêtue dans une chambre. La police s'aperçoit rapidement qu'il s'agit en faite d'un meurtre maquillé en suicide alors qu'un tueur armé d'un hachoir et vêtu d'une combinaison de moto sévit dans la ville, semant la terreur auprès de ceux qui auront côtoyé la jeune fille.
JEUNES ET INNOCENTES.
Attention Giallo rare, oublié et méconnu pour l'une des grandes réussites probantes du genre auquel Argento et son célèbre Ténèbres semblerait évoquer certaines similitudes dans la forme. Dans la tonalité du rythme vif et incessant, dans la violence brutale des meurtres frénétiques (même si plutôt brefs, comme cette main tranchée aspergeant un mur ensanglanté) et surtout dans le tempo énergique d'un score musical omniprésent adoptant une formidable harmonie, limite clippesque dans l'amoncellement de chaque situation.
Dôté d'un solide scénario fustigeant une société avilie par une hiérarchie pervertie, La Lame Infernale est une merveille d'efficacité menée à un rythme infernal (comme son joli titre français le suggère !) auquel un flic, l'inspecteur Silvestri associé à une séduisante juge d'instruction, Vittoria Stori vont tenter de démasquer et faire éclater au grand jour une sordide affaire de meurtre sur mineur compromettant une haute organisation de notables et politiciens galvaudés.
Dans une mise en scène incroyablement nerveuse et haletante ne nous laissant aucun moment de répit, enrichie par la superbe bande son de Stelvio Cipriana, La Lame Infernale s'emboite dans un récit ordonné et ponctuel à travers une enquête policière captivante riche en rebondissements et actions chevronnées. Course poursuite en voiture prenant en chasse une moto, meurtres brutaux au hachoir à la violence rugueuse et suspense diaboliquement entretenu dans une investigation intense jusqu'au final ATTENTION SPOILER !!! misanthrope en demi-mesure qui risque d'en dérouter plus d'un dans une résolution d'énigme laissée en suspens. FIN DU SPOILER. Un choix logique volontairement acquis qui permet de mieux dénoncer et vilipender le pouvoir politique autoritaire de nos hauts dirigeants incorruptibles, libres de se soumettre au vice le plus répréhensible, sans que la police forgée par l'ordre et la loi ne puisse obstruer.
Nombre de scènes angoissantes octroyées dans un savant dosage de tension exacerbée par une ambiance lugubre (la poursuite dans le parking, la tentative de meurtre dans l'hôpital, la visite de la mère dans la morgue funèbre) sont menées avec savoir-faire, épurées d'une caméra mobile arpentant consciencieusement les lieux insécurisants. Alors que d'autres moments suggérées comme cette bande magnétique d'un magnétophone dégoté, écoutée par nos deux héros dégagent une atmosphère perverse incommodante dans les réparties verbales d'un notable cinquantenaire s'adressant avec sadisme racoleur vers une jeune fille de 16 ans apeurée et déconcertée.
L'excellent Claudio Cassinelli (le Lion du Désert, Le Continent des Hommes poissons), décédé le 12 Juillet 1985, impose un inspecteur de choix dans sa hargne inflexible, sa détermination robuste, son indéniable traque à vouloir éradiquer un tueur armé d'un hachoir et vêtu d'une combinaison de moto. Un accoutrement vestimentaire original et inédit dans le genre souscrit que le finaud réalisateur Ken Hughes va récupérer dans l'excellent Les Yeux de la Terreur, récompensé à Avoriaz en 1981.
La ravissante italienne Giovanna Ralli (Nous nous sommes tant aimés), aux futiles airs d'Edwige Fenech dans la morphologie sensuelle du visage et des yeux bruns charnels apporte une nuance de charme dans sa discrète prestation de juge d'instruction, non dénuée de compétence et d'une vraie force de caractère ferme et droit.
QU'AVEZ-VOUS FAIT A NOS ENFANTS ?
Formidablement jouissif et entêté d'une partition musicale inoubliable (qui résonne encore longtemps après le générique de fin ! Au passage, merci pour l'hommage dans le film Amer !), La Lame Infernale est l'un des fleurons incontestés du Giallo classieux digne d'éloges. L'un des plus nerveux et vigoureux qui soit auquel Ténèbres se fait un lointain écho.
Son sens frénétique du rythme atypique, son scénario fétide à l'odeur putassière, sa mise en scène fluide et son suspense diaboliquement agencé concourent de figurer parmi les plus belles réussites du genre à apposer en haut du panier !


La séquence du parking est une leçon de cinéma, de tension...insoutenable! ! ! !Le tout emballé par une musique envoutante! ! !La battue, avec les chiens policiers....du lourd! ! ! !! du puissant! ! ! !du rital! ! ! ! 