LE JUSTICIER DE MINUIT
Titre d'Origine: Ten to Midnight
Réalisateur: Jack Lee Thomson
Année: 1983
Origine: U.S.A
Durée: 1h41
Distribution: Charles Bronson, Lisa Eilbacher, Andrew Stevens, Gene Davis, Geoffrey Lewis, Wilford Brimley, Robert F. Lyons, Bert Williams, Iva Lane, Ola Ray, Kelly Preston.
Sortie salles France: 13 Juillet 1983. U.S: 11 Mars 1983
BIO: Jack Lee Thomson, de son vrai nom John Lee Thompson, est un réalisateur, scénariste et producteur britannique né le 1er août 1914 à Bristol (Royaume-Uni), décédé le 30 août 2002 à Sooke (Canada).
Avec 47 longs-métrages, le cinéaste aura aborder tous les genres avec plus ou moins de bonheur dont certains sont entrés au panthéon de chefs-d'oeuvre notoires. On peut citer à titre d'exemples certains de ses films les plus reconnus comme Les Canons de Navarone, Les Nerfs à vif, la Conquête de la planète des singes, la Bataille de la Planète des singes, le Bison Blanc, l'Empire du Grec, Monsieur St-Yves, Passeur d'hommes et Happy Birthday (son unique incursion dans le slasher).
Il signera en outre une célèbre série de films d'action violents, le "vigilante movie" en compagnie de son acteur fétiche Charles Bronson (Le Justicier de Minuit, l'Enfer de la Violence, la Loi de Murphy, le Justicier braque les dealers, le Messager de la mort et Kinjite, sujets tabous).
Un an après le second volet du Justicier dans la ville et en attendant son 3è opus hystérico-cartoonesque entrepris en 1985 par Michael Winner, Charles Bronson renoue avec le rôle frondeur d'une justice expéditive avec le réactionnaire Justicier de Minuit. Interdit au moins de 18 ans à l'époque de sa sortie, cette série B aura créé son p'tit effet auprès du public avide de thriller. Car cette fois-ci, l'accent est promu du côté du psycho killer horrifique sous la houlette du vétéran Jack Lee Thompon (les Canons de Navarone, les Nerfs à Vif).
Un tueur psychopathe sème la terreur dans une contrée des Etats-Unis en s'en prenant à de jeunes donzelles effarouchées. La particularité de ce misogyne pervers est qu'il commet ses meurtres à l'arme blanche entièrement nu ! L'inspecteur Léo Kessler est déterminé à le faire coffrer quel qu'en soit les moyens frauduleux mis en oeuvre.
ATTENTION, IL EST CONSEILLE D'AVOIR VU LE FILM AVANT DE LIRE CE QUI VA SUIVRE
Après les éclairs de violence expéditive ébranlés par les 3 premiers volets de Death Wish, Charles Bronson perpétue la tradition d'une justice individuelle en s'accoutrant d'un rôle de flic corrompu, délibéré à envoyer dans la chambre à gaz un psychopathe éludé de moralité.
Ca commence fort avec un préambule cinglant largement influencé par le slasher d'épouvante quand notre tueur dévêtu s'engage à épier par la vitre d'un camping-car les ébats sexuels d'un couple dans une forêt isolée, avant de les trucider de sang froid.
On se surprend de la verdeur employée pour la mise à mort des victimes, sauvagement poignardées ou éventrées à l'arme blanche et auquel la tenue du tueur, dépouillée de tous vêtements, accentue son caractère dérangeant. La suite plus conformiste mais efficiente se traduit par une enquête criminelle dirigée par l'inspecteur Leo Kessler et son collègue juvénile Paul Mc Cann pour tenter de mettre hors d'état de nuire le tueur interpellé mais affublé d'un solide alibi. Puisque durant ses deux premiers homicides, Warren Stacey s'était entre temps réfugié dans une salle de ciné devant le témoignage d'une caissière et de deux spectatrices, avant, pendant et après la projection du film. Pendant qu'un troisième assassinat est déjà perpétré et tandis que Mc Cann roucoule avec la fille de l'inspecteur, Léo Kessler tente de fabriquer des preuves pour mieux compromettre son criminel.
Par cette fraude audacieuse, Jack Lee Thompson aborde les pratiques illégales perpétrées par un illustre inspecteur pour tenter d'annihiler au plus vite son criminel. C'est à dire falsifier une preuve contre l'éthique de sa profession et pratiquer sans état d'âme l'oppression envers le présumé coupable. Dénoncé par son collègue, le flic corrompu avoue finalement son méa culpa en plein débat consulaire. Lâché à nouveau dans la nature, Warren Stacey jubile et s'amuse à provoquer verbalement son oppresseur en guise de revanche. Et les deux hommes de s'atteler à la mesquinerie du jeu du chat et de la souris, avant que le détraqué ne se résigne une dernière fois à éradiquer la propre fille de Kessler.
La traque finale de nos deux rivaux se culmine par un sanglant point d'orgue avec le massacre de trois infirmières, sauvagement poignardées dans un appartement auquel Laurie Kessler s'était réfugiée.
Un final haletant et bestial, d'une violence âpre dans son intensité sans toutefois verser vers une complaisance putanesque.
Enfin, pour parachever dans l'immoralité, le réalisateur poussera le bouchon encore plus loin dans la dérogation avec son épilogue paroxystique quand notre tueur sera brutalement exécuté d'une balle dans la tête par notre justicier impassible. Pour la simple raison d'avoir ouvertement pronostiquer à Kessler son éventuelle remise en liberté après quelques années de détention en psychiatrie parce qu'il aura eu la faveur de plaider coupable pour folie schizophrène.
Réalisé de manière orthodoxe dans son montage elliptique mais doté d'une certaine efficience pour mettre en exergue les droits juridiques de la culpabilité d'un criminel, Le Justicier de Minuit est un petit thriller horrifique, brutal et sévèrement réactionnaire. La prestance autoritaire de notre irrévocable Charles Bronson et l'interprétation inquiétante de Gene Davis en tueur misogyne assurent un thriller parfois couillu et sordide dans sa violence rugueuse et sa morale douteuse militant sans vergogne pour l'auto-défense.
A noter la courte apparition de la chanteuse Jeane Manson dans le rôle d'une prostituée ! (poitrine dénudée à l'appui !)

