L'Ile Sanglante

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Messagepar BRUNO MATEI » 20 Juillet 2011, 15:41

L'ILE SANGLANTE
Titre Original: The Island.
Réalisateur: Michael Ritchie.
Année: 1980.
Origine: U.S.A.
Durée: 1h55.
Distribution: Michael Caine, David Warner, Angela Punch Mc Gregor, Frank Middlemass, Don Henderson, Jeffrey Frank, Colin Jeavons, Dudley Sutton, Zakes Mokae.

Sortie en salles US.A.: 19 Décembre 1979. France: le 8 Octobre 1980

FILMOGRAPHIE: Michael Ritchie est un réalisateur américain, né le 28 novembre 1938 à Waukesha, dans le Wisconsin, décédé le 16 avril 2001 d'un cancer de la prostate à New-York.
1969: La Descente Infernale, 1972: Carnage, Votez Mc Kay, 1975: Smile, 1976: La Chouette Equipe, 1977: Les Faux durs, 1979: An Almost Perfect Affair, 1980: L'Ile Sanglante, Divine Madness !, 1981: Student Bodies, 1983: The Survivors, 1985: Fletch aux trousses, 1986: Femmes de Choc, Golden Child, 1988: Parle à mon psy, ma tête est malade, 1989: Autant en emporte Fletch, 1992: La Nuit du Défi, 1994: Les Robberson enquêtent, 1994: La Révélation, 1997: La Guerre des Fées, 2000: The Fantasticks.

Réalisateur touche à tout de modestes séries B agréablement torchées, Michael Ritchie empreinte en 1980 le scénario de Peter Benchley, d'après son propre roman (The Island) pour narrer une histoire débridée de pirates du 17è siècle perpétrant leur tradition dans notre époque contemporaine. Production mineure épaulée par deux comédiens talentueux (David Warner et Michael Caïne), on est d'autant plus surpris de les retrouver dans une oeuvre aussi futile qu'Ennio Morricone est également assigné pour transiger la bande musicale.

Dans les années 80, Blair Maynard, un journaliste réputé enquête sur une série de disparitions de navires échoués en mer vers le triangle des Bermudes. Avec l'aide de son fils, ils partent tous deux à bord d'un avion en direction d'une île méconnue. Dès leur arrivée, l'appareil réussit in extremis à atterrir sur la piste mais explose après que les occupants ont réussi à s'y extraire. Seuls et sans ressources, il vont furtivement être kidnappés par une bande de marginaux après avoir été piégés dans une embuscade.

Au coup d'oeil amusé de la superbe affiche de l'époque, l'Ile Sanglante (titre français assez perfide contrairement à son homologue américain) a sans doute défavorablement déçu un grand nombre de spectateurs s'ils s'attendaient à un film d'horreur terrifiant suggérant un potentiel slasher sur mer !
Dépouillé d'une quelconque ambition, Michael Ritchie ne souhaite pas ici s'aventurer dans le registre purement horrifique, et cela même si le préambule et quelques effusions sanglantes tolérées deci delà semblaient prétendre le contraire.
A partir d'une intrigue délirante aux cimes du fantastique (des ancêtres boucaniers du 17è siècle perpétuent l'héritage de leurs exactions en pillant sauvagement les voyageurs égarés en mer), l'île Sanglante annonce clairement de manière exhaustive un pur récit d'aventures échevelées mené sur un rythme régulier.

Avec l'amabilité de deux interprètes de renom qui ont gentiment accepté de participer à un projet saugrenu, cette série B sans prétention réussit (maladroitement) à convaincre le spectateur que ces flibustiers d'une époque vétuste ont bel et bien traversé les siècles afin de réaccomplir leurs odieux méfaits, écumer les quidams embarqués sur leur bateau après les avoir sauvagement assassiné.
Dans un esprit ludique de bisserie frénétique inspirée implicitement de la bande dessinée, toute la narration simpliste va longuement illustrer en détail la vie en communauté de ces pirates du 17è siècle alors qu'ils viennent d'appréhender un père trop curieux et son fils juvénile fasciné par les armes à feu. En leader autoritaire et drastique, Nau réussit insidieusement à endoctriner le jeune ado influent. Témoin impuissant du lavage de cerveau de son propre fils reconverti, Blair Maynard va délibérément tenter de s'extraire de ses chaines pour s'évader. Au même moment, un nouvel équipage maritime est sur le point d'accoster les lieux. Serait-il le dernier recours pour le journaliste et son rejeton fanatisé à envisager une ultime issue de secours !
Action intermittente, scènes chocs succinctes, ambiance surréaliste et dépaysement naturel sont adroitement mis en place pour éluder d'irriter le spectateur facilement amusé de cette fanfaronnade bon enfant (bien que parfois violente). A titre de péripéties échevelées, il ne faut surtout pas occulter son épilogue explosif auquel Michael Caïne déploie brutalement un canon mitrailleur pour massacrer abondamment toute une légion de flibustiers éberlués par cette estocade cinglante !

Nominé au prix du pire réalisateur lors des Razzie Awards 1981, l'Île sanglante ne méritait sûrement pas un tel déshonneur aussi vain que racoleur (même si exempt de récompense). Agréablement troussée et parfois violente, cette série B réussit à distraire par son sens fructueux de l'efficacité requise, en dépit de son manque de cohérence, d'un scénario sans surprise et d'une mise en scène orthodoxe. La présence sympathique des comédiens chevronnés cités plus haut et surtout l'ambiance délirante qui y est distillée grâce à la galerie incongrue de personnages cyniques échappés d'une époque vintage concourent de nous amuser avec un certain sourire ironique.
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BRUNO MATEI
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