Harry Brown

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Messagepar BRUNO MATEI » 24 Mars 2011, 11:40

HARRY BROWN
Réalisateur: Daniel Barber.
Année: 2009.
Origine: Angleterre.
Durée: 1h43.
Distribution: Michael Caine, Emily Mortimer, Liam Cunningham, Iain Glen, Jack O'Connell, Charlie Creed-Miles, Ben Drew, David Bradley, Raza Jaffrey, Joseph Gilgun...

Date de Sortie: France: 12 janvier 2011 U.S.A: 30 avril 2010

FILMOGRAPHIE: Daniel Barber est un réalisateur britannique.
2007: The Tonto Woman (court-métrage)
2009: Harry Brown

Sur les traces d'Un Justicier dans la ville, Vigilante, le Droit de tuer ou plus récemment l'excellent Death Sentence, ce premier film anglais de Daniel Barber renoue avec la violence hardcore, abrupte et poisseuse du Vigilante movie sur fond de malaise des banlieues. Sans toutefois jamais verser dans la surenchère racoleuse soumise à l'apologie de la justice individuelle comme il est généralement requis.
Cet électro-choc subversif se révèle d'une puissance dramatique rarement illustrée de manière aussi clinique dans le genre stigmatisé de l'auto-défense, trop souvent engagé dans le divertissement de défouloir refoulé ou fantasmé.

Après le décès de sa femme gravement malade, Harry est un retraité vivant reclus dans l'immeuble précaire d'un quartier glauque contrôlé par la délinquance environnante.
Profondément peiné de la disparition de sa défunte, il coule des jours langoureux en compagnie de son ancien ami Léonard en se remémorant avec nostalgie son passé idyllique entre deux parties d'échec.
Un jour, Léonard qui réside dans le même bâtiment lui avoue avec désespoir son ras le bol de devoir faire face à une bandes de jeunes désoeuvrés qui ne vivent que pour la violence, via leurs récurrents règlements de compte pour cause de trafics de drogue.
Le lendemain de leur conversation alarmiste, la police dépêchée au domicile de Harry lui apprend que son ami a été retrouvé sauvagement assassiné sous un tunnel à proximité de leur building.
De surcroît, il aura fallu un autre incident majeur portant atteinte cette fois-ci à Harry pour que l'homme déchu se transforme en justicier vindicatif.


VIOLENT SHIT.
Dans une mise en scène rugueuse impeccablement maîtrisée, portant une sensible attention à l'humanité meurtrie de ses personnages, Harry Brown nous emmène droit en enfer, au coeur d'un problème de société davantage expansif et sinistré: la montée de l'ultra-violence par l'entremise de la délinquance juvénile désoeuvrée.
Dès le âpre préambule, filmé caméra tremblotante à l'épaule, le ton est donné ! Un acte de violence lâchement gratuit est brutalement perpétré devant notre témoignage en impuissance envers une mère de famille horrifiée ! Alors que sa conclusion ironiquement percutante ciblant nos meurtriers décervelés va nous surprendre de façon impondérable dans sa pathétique destinée involontairement fustigée.
Sans compromis et refus du spectaculaire pétaradant, avec souci de véracité proche du documentaire, Harry Brown nous entraîne irrémédiablement dans la moiteur d'un climat malsain tangible, sordide et poisseux octroyé à une folie meurtrière d'un nihilisme confondant !
Le cheminement mortuaire que mène ce retraité pacifiste et docile de prime abord est une langoureuse épreuve suicidaire pour rétablir la justice individuelle dans un monde putride en état d'agonie !
Chaque personnage marginal que Harry côtoie est incarné par des comédiens sidérants d'authenticité dans leur charisme fétide de trogne burinée, fracassé par une existence en déliquescence et ravagé par le fléau de la drogue dure. Des brutes putanesques psychotiques se vautrant en toute négligence dans l'insalubrité sordide, uniquement destinées à l'auto-destruction et l'addiction refoulée de la violence immorale.
Des acteurs faméliques si criant de vérité que l'on en vient même à se demander s'il ne s'agit pas de véritables toxicomanes jouant leur propre rôle devant l'écran !
En exemple imparable, la séquence qui voit Harry Brown pénétrer dans l'enceinte d'un appartement crasseux suintant la puanteur et l'écume auquel deux camés ont maltraité une jeune prostituée après avoir filmé leurs ébats sexuels se révèle sidérant de malaise persuasif. Une atmosphère licencieuse est dévouée à s'insinuer lentement à travers notre psyché tourmenté avant l'explosion de la violence explicite et radicale !

Ce parcours funeste dirigé avec autorité par un cinéaste consciencieux démontre avec un esprit de maturité délibéré et une puissance dramatique acérée le cheminement de certains protagonistes épaulés par leur moralité mais irrésolus, impuissants face à la sauvagerie d'une jeunesse qu'ils ne comprennent plus.
Un triste constat déloyal nous est donc établi sans détour parce que la communication est définitivement dissoute dans l'intolérance des deux camps opposés pour cause d'une parité davantage discriminatoire et tendancieuse.
Alors que certains parents incriminés et responsables sont également de la partie pour déraciner une société laxiste en chute libre, sans déontologie, pratiquant une violence punitive sauvagement rétorquée.

C'est l'immense Michael caine qui s'accapare de l'écran avec une austérité amère et envoûte chaque séquence engourdie dans la déchéance humaine de ces quidams toxicos et meurtriers qu'il combat sans restriction. Une imposante présence humaine chétive car n'oubliant jamais sa dignité empathique (voir la séquence où il décide de sauver une jeune fille droguée en allant la déposer devant l'entrée d'un hôpital) pour un homme soudainement laminé par le poison de la violence gratuitement perpétrée. Un vengeur spectral et méthodique étrangement diabolisé par l'emprise de la haine, l'iniquité et la rancoeur. Ce qui aura pour conséquence irréversible d'alimenter sa vengeance expéditive.
Démuni de ceux qu'ils chérissaient, anéanti par la perte de son vieil ami sauvagement assassiné dans des conditions atroces, l'acteur habité par la souffrance élégiaque nous envoie en pleine face son malaise insurmontable de devoir nécessairement affronter en ange exterminateur des jeunes délinquants réduits à l'état bestial d'animosité.

TOUTE SOCIETE ENGENDRE LES CRIMES QU'ELLE MERITE.
Nonobstant un final futilement conventionnel dans son effet de suspense escompté, Harry Brown est un cauchemar urbain d'une aura viscérale suffocante et éreintante. Noyé dans un pessimisme alarmant, le film profondément dérangeant dépeint avec une vérité aride qui laisse sur les rotules un terrifiant sentiment d'échec sur la délinquance juvénile. Un tableau tristement actuel sur cette jeunesse désoeuvrée réfugiée dans la drogue et la banalité de la mort, totalement désorientée d'un avenir impondérable et négligeable, davantage enracinée dans leur révolte aliénée.
Alors que les forces de l'ordre ordonnées à éradiquer les émeutes intempestives se regroupent machinalement à une guerre sans merci pour un scénario stéréotypé qui ne fera que se répéter indéfiniment. Et ce n'est pas au final les résultats insidieux des chiffres prometteurs de la baisse de la délinquance qui viendront nous réconforter sur l'avenir d'une génération sacrifiée, prête à ordonner le chaos !
Proprement effrayant de lucidité éhontée, tristement contemporain et implacablement dévastateur !
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Messagepar lirandel » 26 Mars 2011, 18:44

Le réalisateur ne mérite surement pas la présence de michael Caine .
une photographie excécrable digne d'un débutant dans le cinéma.
une histoire à la con qui ne mérite pas un film et dont la première demi-heure le manque d'écriture se fait sentir à tous les étages.

Une perte de temps qui ne vaut que l'oubli. :angry: :angry:
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Messagepar alberto » 27 Mars 2011, 00:57

harry brown n'arrive pas a la cheville d'un paul kersey dans "un justicier dans la ville", dommage car mickael caine mérite mieux que ça , sinon dans le même genre british je préfere largement "dead man's shoes" que je recommande a ceux qui ne l'ont pas encore vu.
3/10
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Messagepar Maniak » 27 Mars 2011, 11:32

Harry Brown est un vrai film de genre, qui épouse à la perfection la mécanique bien huilée du film de vigilante.
Mais derrière des dehors de film de genre qui assurent une efficacité et la création d'émotions chez le spectateur, Harry Brown se veut aussi un constat assez glaçant sur la violence et la pauvreté dans nos villes. Et le métrage de Daniel Barber est autant un film social qui jette un regard qui semble très réaliste sur la criminalité urbaine qu'un polar. Ce faisant il évite le manichéisme en présentant de manière assez subtile les causes de cette criminalité, qu'il lie directement avec la pauvreté, la grisaille de l'urbanisme, et la présence de la mafia qui se substitue à l'inefficacité de l'État dans les zones les plus pauvres des villes. Il s'agit là d'un regard très lucide sur l'apparition de la violence dans les strates les plus pauvres de la société, qui ne sert pas non plus d'excuse aux comportements violents des adolescents.

Cela dit Harry Brown est surtout un polar très efficace, avec de vraies scènes d'actions, des fusillades et des moments de tension. A tel point qu'on pourrait presque le qualifier, lors de certains passages, d'un vrai western urbain.

un excellent petit film qui comble toutes les attentes qu'il avait suscité. Sa richesse thématique et ses excellents choix de mise en scène en font assurément le meilleur représentant actuel d'un genre qui se fait trop rare. Et je trouve qu'il surclasse aisément le trop classique Gran Torino en traitant les mêmes thèmes de manière bien plus subtile, et le trop nul Death Sentence en racontant le même type d'histoire.
Bref une petite pépite cinématographique que je recommande chaudement!

Et la photo du film est juste sublime, et donne une impression de Londres apocalyptique très saisissante! B)
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Messagepar alberto » 27 Mars 2011, 12:25

Et je trouve qu'il surclasse aisément le trop classique Gran Torino en traitant les mêmes thèmes de manière bien plus subtile, et le trop nul Death Sentence en racontant le même type d'histoire.




c'est marrant comme des fois j'ai l'impression de ne pas avoir vu le même film, parceque pour affirmer que cette niaiserie est plus subtile que gran torino, je rêve carrément.
harry brown en tant que bon film de genre,pourquoi pas? mais de là à le placer comme un chef d'oeuvre, désolé c'est n'importe quoi.
pour ma part, je vois dans ce film de serieux relents d'extreme droite, puants l'apologie de la haine et de l'autodefense. d'un coté les méchant dealers et de lautre les pauvres petits vieux victimes. tout cela pour finir sur ce pseudo happy end du quartier propre qui a été nettoyé au karcher et débarrassé de la racaille (subtile l'image du tunnel repeint en blanc n'est ce pas?)... je trouve ça completement debile, sans aucune profondeur et sans nuance
et le pire c'est que ça se prend au serieux contrairement a un death wish 3 par exemple.

a bon entendeur
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Messagepar Maniak » 27 Mars 2011, 13:58

cette niaiserie est plus subtile que gran torino, je rêve carrément.


C'est un avis qui n'engage que moi, mais papy clint qui fait pleurer dans les chaumières en se suicidant c'est pas le vigilante que j'attendais...


harry brown en tant que bon film de genre,pourquoi pas? mais de là à le placer comme un chef d'œuvre, désolé c'est n'importe quoi.


T'a vu où que je parlais de "chef d'œuvre" ?
Je trouve Harry Brown "juste" excellent pas comme le chef d'œuvre ultime non plus. Mais oui c'est un vrai bon film de genre, chose que n'était pas le clint, et pour moi c'est vraiment précieux et estimable.
Beaucoup de films actuels reprennent tout le visuel du cinéma bis, mais combien en sont réellement?
Et bé Harry Brown en est, et le cinéma bis c'est celui que je préfère donc je vais pas bouder mon plaisir quand j'en vois!



pour ma part, je vois dans ce film de serieux relents d'extreme droite, puants l'apologie de la haine et de  l'autodefense.



La bonne blague, on ressort la vieille accusation de fascisme comme à l'époque du justicier dans la ville... bé oui c'est un film d'autodéfense, qui flirte avec des idées dérangeantes, comme à l'époque quoi! Ca n'en fait pas un truc facho!

Ce n'est pas parce que les choses sont montrées dans un certain angle que ça rend le discours nauséabond ou facho, le raccourci me semble trop facile et je pense que le but est plus de pousser à la réflexion que de s'enfermer dans un discours sécuritaire.
C'est aussi un peu ça le pouvoir de la fiction, pouvoir jouir du caractère fictif de choses qui dans la réalité seraient condamnables. Après tout ici on adore tous (non?) les meurtres hyper graphiques de Dario Argento ça ne fait pas de nous des criminels ni des Giallos des films qui incitent au meurtre et au viol... (quand bien même ces scènes sont magnifiées...)
Je pense qu'il s'agit de la même chose pour le film de Vigilante, qui demeure une fiction même s'il est bien plus ancré dans la réalité. Je trouve même ces films moins nocifs puisque le basculement du personnage principal dans la violence est toujours une phase délicate où l'on est amené à se poser des questions sur son rapport à la violence, sur la société, la justice, le rôle de la police, etc. (du moins pour les spectateurs munis d'un cerveau, j'éloigne là les connards racistes et leur discours "ces petits cons le méritent!") Et le seul moyen de se poser ces questions dans un film c'est de permettre au spectateur de prendre une certaine hauteur vis-à-vis du récit, et donc le détacher de l'empathie naturelle qu'éprouve le spectateur pour le héros, en faisant agir ledit héros d'une manière qui ne serais plus cautionnée par le spectateur. Qui est amené à se poser des questions à partir de là...
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Messagepar alberto » 27 Mars 2011, 14:49

T'a vu où que je parlais de "chef d'œuvre" ?



pour moi ( et je pense pas être seul) gran torino est un chef d'oeuvre


La bonne blague, on ressort la vieille accusation de fascisme comme à l'époque du justicier dans la ville... bé oui c'est un film d'autodéfense, qui flirte avec des idées dérangeantes, comme à l'époque quoi! Ca n'en fait pas un truc facho!





on est d'accord, sauf que ce film n'apporte rien de plus au genre, c'est du death wish en moins bon. ce qui me derrange c'est que je suis pas sûr que l'intention du réalisateur soit juste de faire du film de genre sans pretention, j'y vois un peu trop d'idéologie derriere.
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