Extrême Prejudice

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Messagepar BRUNO MATEI » 06 Février 2011, 16:27

EXTREME PREJUDICE
Réalisateur: Walter Hill.
Année: 1987.
Origine: U.S.A.
Durée: 1H44.
Distribution: Nick Nolte, Powers Boothe, Michael Ironside, Maria Conchita Alonso, Rip Torn, Clancy Brown, William Forsythe, Matt Mulhern, Larry B. Scott, Dan Tullis Jr....

Date(s) de Sortie(s): France: 1987 U.S.A: 24 avril 1987

FILMOGRAPHIE: Walter Hill est un producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 10 janvier 1942 à Long Beach, en Californie (États-Unis).
1975 : Le Bagarreur (Hard Times),1978 : Driver,1979 : Les Guerriers de la nuit, 1980 : Le Gang des frères James,1981 : Sans retour, 1982 : 48 heures, 1984 : Les Rues de feu,1985 : Comment claquer un million de dollars par jour,1986 : Crossroads, 1987 : Extrême préjudice, 1988 : Double Détente, 1989 : Les Contes de la crypte (1 épisode), 1989 : Johnny belle gueule,1990 : 48 heures de plus,1992 : Les Pilleurs,1993 : Geronimo,1995 : Wild Bill, 1996 : Dernier Recours,1997 : Perversions of science (série TV),2000 : Supernova, 2002 : Un seul deviendra invincible, 2002 : The Prophecy, 2004 : Deadwood (série TV).

Réalisé entre Croosroads et Double Détente, Walter Hill s'offre en 1987 une forme d'hommage à la Horde Sauvage de Peckinpah et des12 Salopards d'Aldrich en y juxtaposant deux clans distincts.
Un redresseur de tort seul contre tous, déterminé à faire sombrer un caïd de la drogue, demeurant un fidèle ancien acolyte de jeunesse. Mais pour exacerber et ainsi moderniser une trame convenue dédiée avant tout à l'hommage respectueux du western vintage, une armée de mercenaires vont faire irruption dans le paysage mexicain poussiéreux voué à la marginalité. Des briscards chevronnés sont donc envoyés par la CIA pour éradiquer ce même trafiquant portant le nom de Cash Bailey.
Ajoutez entre ces conflits opposés une idylle amoureuse compromettante entre nos deux duellistes départagés dans les racines du Bien et du Mal, à savoir qui emportera la mise pour pouvoir finalement repartir dans les bras de la dulcinée.

Avec un scénario structuré n'éludant pas certains rebondissements futiles mais efficaces et de nombreux affrontements verbaux jubilatoires entre nos deux protagonistes opposés, Walter Hill nous soumet une fois de plus à un de ces films d'action virtuoses à l'ultra violence stylisée dont certaines chorégraphies spectaculaires ne déméritent pas avec les plus grands films du genre. Que ce soit un braquage de banque parfaitement calibré mais inopinément brutal dans son revirement aléatoire ou un massacre final trouvant son point de chute aux abords de la résidence mexicaine du baron de la drogue auquel les centaines d'impacts de balles vont fuser vers les ennemis pour pénétrer les chairs dégoulinantes de sang et de sueur !

Nick Nolte, à la posture d'une fière droiture et au regard renfrogné se révèle impériale dans la peau d'un shérif intransigeant, inflexible, austère et castrateur. Digne représentant de la loi et de l'ordre, son ancienne amitié avec un baron de la drogue n'entrainera aucune concession après maintes avertissements énoncés en sa faveur. Jusqu'au fameux duel redouté et escompté !
Powers Boothe livre une prestation moins intense que son homologue tributaire du sens de la justice mais n'en reste pas moins charismatique et distingué dans celui du leader présomptueux, faussement épris d'amour pour l'ancienne conquête d'une idylle juvénile. Son cabotinage axé sur la vanité et l'orgueil fait mouche et nous livre plusieurs séquences à l'ironie caustique comme ce fameux final livré en affrontement rival pour l'amour d'une rebelle anxieuse.
C'est la belle Maria Conchita Alonso (Runnig Man, Colors) qui apporte une certaine douceur, une réelle densité affectée dans son amour écorné entre les rivalités de coeur. Des sentiments partagés envers deux de ces anciens fidèles amants auquel elle semble aujourd'hui dubitative d'une éventuelle relation durable et harmonieuse.
L'indocile Michael Ironside impose avec cynisme insidieux son habituel charisme corrosif dans celui du chef de commando envoyé par la CIA. Alors que l'évolution du récit pourrait dévoiler une autre facette de sa personnalité versatile et équivoque.

DUEL AU SOLEIL.
Echec malencontreux à sa sortie, Extrême Prejudice n'en reste pas moins l'un des meilleurs films d'action des années 80 et peut-être aussi le dernier grand film de Walter Hill. Son scénario dense associant les éléments traditionnels au western classique infiltré dans une époque contemporaine insuffle une touche d'originalité avec cette intervention d'un groupe de vétérans du vietnam utilisant l'outil technologique moderne pour assouvir leur mission puis finalement former une certaine cohésion fraternelle dans sa conclusion barbare.
La réalisation alerte et son montage adroit permet avant tout de délivrer un pur western d'action à l'ambiance survoltée, aux personnages cinglants parfaitement impliqués (jusque dans les formidables seconds-rôles) déversant allègrement des dialogues truculents entre deux séquences ultra violentes et sanglantes.
Le point d'orgue paroxystique atteindra son apogée avec ce véritable hommage à la Horde Sauvage, grand moment d'intensité dans son massacre organisé avec sens épique et fureur débridée. [/I]
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BRUNO MATEI
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