L'ETRANGLEUR DE BOSTON
Titre d'Origine: The Boston Strangler
Réalisateur: Richard Fleischer
Année: 1968
Origine: U.S.A
Durée: 1h56
Distribution: Tony Curtis, Henry Fonda, George Kennedy, Mike Kellin, Hurd Hatfield, Murray Hamilton, Jeff Corey, Sally Kellerman, William Marshall, George Voskovec.
Sortie salle France: 30 Octobre 1970. U.S: 16 Octobre 1968.
FILMOGRAPHIE: Richard Fleischer est un réalisateur américain né le 8 décembre 1916 à Brooklyn, et décédé le 25 Mars 2006 de causes naturelles.
1952: l'Enigme du Chicago Express, 1954: 20 000 lieux sous les mers, 1955: les Inconnus dans la ville, 1958: les Vikings, 1962: Barabbas, 1966: le Voyage Fantastique, 1967: l'Extravagant Dr Dolittle, 1968: l'Etrangleur de Boston, 1970: Tora, tora, tora, 1971: l'Etrangleur de Rillington Place, 1972: Terreur Aveugle, les Flics ne dorment pas la nuit, 1973: Soleil Vert, 1974: Mr Majestyk, Du sang dans la Poussière, 1975: Mandingo, 1979: Ashanti, 1983: Amityville 3D, 1984: Conan le destructeur, 1985: Kalidor, la légende du talisman, 1989: Call from Space.
Voici l'histoire d'Albert De Salvo qui a avoué être l'étrangleur de Boston. Les personnages et incidents que vous allez découvrir sont basés sur des faits réels.
En 1968, Richard Fleischer transpose à l'écran le roman de Harry Harrison pour relater les méfaits meurtriers du célèbre étrangleur, Albert Desalvo. Entre le 14 Juin 1962 et le 4 Janvier 1964, ce père de famille aurait étranglé treize femmes à leur domicile. Il est ensuite arrêté par la police et condamné à l'emprisonnement à perpétuité. Néanmoins, en 2001, les analyses d'ADN effectuées sur la dernière victime du criminel remettent en cause la culpabilité de Desalvo. L'enquête reste ouverte...
Un étrangleur sévit dans la contrée de Boston. Une véritable psychose s'empare de la population face à l'impuissance de la police pour appréhender le fameux coupable. Les meurtres s'enchainent jusqu'au jour où un homme est arrêté pour tentative d'effraction chez une locataire d'immeuble.
Réalisé avec un souci documentaire, la première partie de l'Etrangleur de Boston est une captivante investigation criminelle établie par les forces de police, mais récupérée ensuite par le procureur général Bottomly. Avec l'innovation du procédé "split screen" (écran scindé en plusieurs parties pour suivre en continu les actions distinctes des personnages et de leur environnement), le réalisateur nous relate une enquête minutieuse établie auprès de la police pour tenter de contrecarrer le dangereux criminel. S'en prenant aux dames âgées ou aux jeunes femmes esseulées, l'étrangleur de Boston créé une telle psychose auprès de la population que les forces de l'ordre vont envisager une inlassable traque auprès des potentiels accusés. Une véritable jungle de déséquilibrés hétéroclites défilent devant nos yeux déconcertés par tant de déchéance miséreuse ! Pervers, voyeurs, exhibitionnistes et autres maniaques pathologiques vont être systématiquement perquisitionnés à leur domicile ou arrêtés en plein exaction pour être parfois entendus dans une garde à vue écourtée. Alors que la liste des meurtres s'allonge inexorablement, la police désarmée est même contrainte de faire appel à un expert extralucide pour tenter vainement de recueillir des infos édifiantes sur le tueur en série.
La seconde partie beaucoup plus acérée et glaçante nous dévoile finalement le véritable visage du tueur de Boston. Le portrait banal d'un aimable père de famille vivant sereinement dans l'harmonie du bonheur conjugal. Un mari aimant entouré de ses deux filles, confortablement installé dans son canapé pour regarder la TV puis s'émouvoir de la mort du président Kennedy. Après son arrestation inopinée d'une cause de tentative d'effraction chez un particulier, nous allons suivre la confrontation intense entre le procureur John S. Bottomly et Albert Desalvo, emprisonné dans un institut psychiatrique car reconnu mentalement dérangé. C'est ce face à face impressionnant entre ces deux témoins qui va permettre de décupler un pouvoir émotionnel ardent pour observer scrupuleusement le portrait pathétique d'un serial killer victime de sa condition humaine.
En tentant de découvrir la véritable identité du coupable présumé par l'entremise d'un titulaire juridique, Richard Fleischer souhaite rationnaliser au possible les tourments schizophrènes de ce dangereux criminel. Avec le jeu intense de deux illustres comédiens totalement investis dans leur rôle, l'Etrangleur de Boston devient une obsession cauchemardesque au sein d'une psychose à personnalité multiple. C'est cette détresse aliénante émanant de ce père de famille dérangé, incapable de discerner la pathologie de sa déficience mentale, puisque dédoublé par un psyché antinomique, qui rend le film lourdement accablant, fascinant et éprouvant.
Dominé par l'interprétation exceptionnelle de Tony Curtis (saisissant de vérité torturée dans son étrange regard impassible !) et mis en scène avec une audace technique innovante, l'Etrangleur de Boston est un chef-d'oeuvre du thriller contemporain inscrit au plus près du réalisme. L'avant- garde de bon nombre de portraits psychotiques que le cinéma vérité se réappropria par la suite avec verdeur (les Tueurs de la lune de miel, Henry, Schizophrenia, etc...). Une oeuvre aussi troublante que dérangeante qui questionne également la controverse sur la culpabilité d'un fou dangereux. A savoir, l'obligation morale d'une société de connaître l'identification et entreprendre le traitement des personnes violentes. La confrontation psychologique finale entamée avec Fonda et Curtis dans leur rôle respectif donne lieu à un grand moment de cinéma n'ayant rien perdu de sa rigueur émotionnelle.
Les suites aléatoires de l'affaire De Salvo (source wikipedia)
Albert De Salvo est arrêté par la police et condamné à l'emprisonnement à perpétuité.
Le 25 Novembre 1973, Albert De Salvo est retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Walpole, Massachussetts, poignardé à plusieurs reprises dans le coeur. Le directeur de la prison évoque une bagarre et un trafic de drogue auquel Albert De Salvo aurait été mêlé. On ne retrouva jamais son assassin.
Néanmoins, un doute persiste sur sa culpabilité.
Les analyses ADN faites en 2001 sur la dernière victime de l'Etrangleur écartent la piste Desalvo. En effet, la police scientifique de Boston a trouvé des traces d'ADN de deux individus sous les ongles et le sous-vêtement de la victime, aucun des deux n'est Albert Desalvo. L'affaire de l'étrangleur de Boston n'a jamais été élucidée et personne n'a été jugé pour ces meurtres.

