Deadgirl de Marcel Sarmiento et Gadi Harel, 2008

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Deadgirl de Marcel Sarmiento et Gadi Harel, 2008

Messagepar BRUNO MATEI » 26 Septembre 2013, 06:54

Réalisateurs: Marcel Sarmiento et Gadi Harel
Année: 2008
Origine: U.S.A.
Durée: 1h41
Distribution: Shiloh Fernandez, Noah Segan, Michael Bowen, Candice Accola, Andrew DiPalma, Eric Podnar, Nolan Gerard Funk, Christina Blevins

Sortie salles France: 31 Janvier 2009 (DTV). U.S: 19 Septembre 2008

FILMOGRAPHIE: Marcel Sarmiento est un réalisateur, acteur, producteur, scénariste américain. 2003: It's better to be wanted for murder than not to be wanted at all. 2007: Toi, moi... et mon chien. 2008: Deadgirl. 2012: The ABCs of Death.
Gadi Harel est un réalisateur et scénariste israélien, né le 16 Mai 1971.
2002: Operation Midnight Climax. 2008: Deadgirl (Co-réalisateur)

Teen movie au vitriol sorti directement en Dtv dans nos contrées, Deadgirl est un ovni putrescent difficilement abordable par son absence d'empathie pour les protagonistes et cette provocation jusqu'au-boutiste de distiller un malaise de manière irresponsable. Pour l'anecdote subsidiaire, le film est tiré d'un scénario de Trent Haaga, ancien membre de l'écurie déjantée Troma à qui l’on doit notamment Toxic Avenger 4 ainsi que de nombreux caméos dans diverses productions de la firme.

Dans les sous-sols d'un hôpital abandonné, deux adolescents découvrent un cadavre humain dévêtu. Surgie de nulle part, cette femme en voie de putréfaction est une zombie décharnée, enchaînée sur une table d'opération. Comment est arrivé ce cadavre moribond, par qui et depuis quand ? On ne le saura jamais ! De la même façon que ce chien cerbère surveillant les alentours comme s'il était voué à la protéger ! L'un des deux étudiants décide de la violer et sombre dans le culte de la perversion.

A la sortie de la projo de Deadgirl, il est difficile de dévoiler ses chaudes impressions tant l'expérience immorale semble dénuée de raisonnement dans les motivations putassières d'une bande de teenagers. Avec une volonté évidente de choquer le spectateur (langage cru à l'appui) et de l'entraîner dans un bad trip atypique (la situation de séquestration avec un cadavre mourant reste inédite dans les annales du Zombie movie !), Marcel Sarmiento et Gadi Harel se vautrent dans une certaine complaisance sordide à nous immerger au sein de leurs exactions sexuelles. Un gang-bang volontiers dégueulbif dans leurs échanges sexuels avec une esclave zombie ! Epaulé d'une photo blafarde et de décors rubigineux, Deadgirl convoque un malaise persistant à nous étaler les états d'âme véreux d'une bande d'ados écervelés, influencés par les penchants nécrophiles de leur leader. Seul, l'acolyte de ce dernier reste l'élément le moins corruptible, parce que le plus sensé, bien qu'indécis à affirmer son refus d'obtempérer et extérioriser ces remords de culpabilité. Vivant reclus dans son foyer familial parmi l'absence récurrente de sa mère et la présence inhospitalière de son beau-père alcoolique, Rickie rêve de conquérir une lycéenne inabordable, puisque déjà sentimentalement engagée avec une "terreur" du lycée. Embarqué dans cette sordide histoire de viol collectif et incapable d'exprimer une autorité persuasive, le jeune garçon se réfugie après les cours dans les bas-fonds du sous-sol hospitalier pour témoigner d'abus sexuels nécrophiles !
Le climat nauséeux tangible qui y règne, l'ambiance de claustration qui émane de cette pièce calfeutrée auquel les lycéens s'y sont embrigadés nous convoquent un sentiment d'impuissance et de voyeurisme malsain. Sans issue de secours, les réalisateurs perdurent l'épreuve de force immorale avec parfois une ironie sardonique déconcertante (la tentative des deux étudiants de kidnapper une fille stoïque sur un parking) jusqu'à une conclusion nihiliste réfutant la rédemption de l'amour.
On sort donc de l'expérience éprouvé avec le sentiment frustrant d'avoir participer à un délire scabreux dénué d'éthique.

l'Amour à Mort
Sous couvert de frustration sexuelle et d'émoi amoureux, Marcel Sarmiento et Gadi Harel traitent du malaise adolescent avec un nihilisme aussi radical que dérangeant. Deadgirl ressemblant alors à un Teen-movie avarié, véritable cauchemar existentiel d'une jeunesse dépravée totalement larguée par la décence des sentiments et de la tendresse. Quoiqu'on en dise, l'expérience a tout de même le mérite de réfuter les conventions standardisées de l'entertainment, de revendiquer son caractère immoral et de plonger le spectateur dans les abysses d'une horreur crue.
A découvrir avec précaution...
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BRUNO MATEI
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