DAR L'INVINCIBLE
Titre d'Origine: The Beastmaster
Réalisateur: Don Coscarelli
Année: 1982.
Origine: U.S.A.
Durée: 1h58
Distribution: Marc Singer, Tanya Roberts, Rip Torn, John Amos, Josh Milrad, Rod Loomis, Ben Hammer, Ralph Strait, Billy Jayne, Janet DeMay, Christine Kellogg, Jant Jones.
Sortie salles France: 1982. U.S: 20 Août 1982
FILMOGRAPHIE: Don Coscarelli est un scénariste et réalisateur américain né le 17 Février 1954 à Tripoli (Lybie).
1976: Jim the World's Greatest. 1976: Kenny and Compagny. 1979: Phantasm. 1982: Dar l'invincible
1988: Phantasm 2. 1989: Survival Quest. 1994: Phantasm 3. 1998: Phantasm 4. 2002: Bubba Ho-tep. Prochainement: Phantasm 5.
Entrepris la même année que Conan le Barbare, le réalisateur de Phantasm transpose à l'écran le bouquin d'André Norton (The Beast Master) et nous délivre avec Dar l'Invincible son succédané alloué d'un faible budget. Pour le rôle titre imparti, Marc Singer, jeune acteur de série TV qui avait participé à un seul long-métrage (le Merdier), est désigné pour endosser le héros musclé des temps mémoriaux. En ce qui concerne le pitch éculé, on ne peut pas dire que Don Coscarelli a souhaité se démarquer du modèle de Milius pour retranscrire la vengeance d'un guerrier délibéré à retrouver l'assassin de son père par la faute d'un prêtre fanatique voué aux sacrifices d'enfants. Néanmoins, de cette trame orthodoxe, le réalisateur va apporter quelques éléments inédits pour enrichir l'intrigue non exempt d'un humour pittoresque. En effet, notre héros doué de télépathie communique avec les animaux et, avec l'aide de deux mangoustes, un aigle et une panthère, il va pouvoir tirer parti de ses nouveaux compagnons pour mieux s'opposer à son ennemi juré, le sorcier Maax. C'est notamment par l'entremise d'un de ces fidèles animaux qu'il va pouvoir séduire une esclave aux yeux verts (Tanya Roberts dans toute sa splendeur à demi-nue !) en "jouant" le héros inébranlable.
Ensuite, certains antagonistes, sortes de créatures humaines hybrides, apportent une touche fantastique assez inédite dans leur aspect physique patibulaire. Je pense aux inquiétants hommes chauves souris liquéfiant leur victime avec leurs ailes et aux prisonniers rendus azimutés par la cause d'un produit verdâtre introduit dans l'oreille. Durant leur cheminement fertile en péripéties, ils vont notamment être épaulés par un duo de guerriers (un enseignant noir et un adolescent vindicatif qui a juré de délivrer son père des griffes de Maax) ainsi qu'un paternel charitable d'avoir pu retrouvé son fils vivant par la bravoure de Dar !
Dans des décors naturels solaires magnifiquement exploitées (les envolées lyriques de l'aigle en vue subjective !) et une photo saturée aux chaudes couleurs, cette épopée alterne combats d'épée et affrontements physiques, sacrifices humains et confrontations fortuites avec des créatures belliqueuses (sans oublier un trio de vieilles sorcières au déhanchement sensuel !). Mais Dar l'invincible, aussi ludique soit-il, ne fait jamais preuve d'esbroufe spectaculaire (faute de sobre revenu) ni de violence graphique car on sent que Don Coscarelli a souhaiter conquérir un public familial dans son alliage d'aventures fantastiques et d'humour bon enfant.
Pour incarner le rôle iconique du guerrier herculéen, Marc Singer cabotine mais s'en tire honorablement par son enthousiasme en dépit d'une faible musculature et un faciès inoffensif. Sa bonhomie, son humanisme alloué à la cause animale et sa sympathie cocasse lui suscitent un profil particulièrement attachant, comme chaque second rôle imparti. Enfin, il faut également retenir la puissance épique du superbe score aérien conçu par Lee Holdridge. A l'image flamboyante du point d'orgue explosif se déroulant en pleine nuit et d'un épilogue particulièrement touchant pour les adieux d'un Dar reclus en haut d'une falaise.
En dépit d'un budget mineur qui dessert quand même l'ampleur du projet, sa facture kitch et le jeu cabotin de certains acteurs (dans le rôle de Maax, Rip Torn abuse de tics renfrognés !), Dar l'Invincible reste un spectacle d'Heroic-fantasy rempli de charme et de sympathie en toute modestie. Quand à ceux qui l'ont découvert durant sa sortie officielle à l'âge de l'adolescence , les nostalgiques les plus vulnérables risquent de le revoir avec un pincement au coeur.

